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Donovan et Bevan dominent à Croke Park

La nuit historique de boxe à Croke Park a tourné à la démonstration clinique pour deux stylistes du corps : Donovan et Bevan. Deux gauchers, deux manières différentes d’user l’adversaire, une même conclusion implacable.

Donovan démontre McKenna, cible : le buste

Dès le premier round, duel de gauchers : Donovan, plus grand, jauge, observe, laisse McKenna déclencher. Il recule d’un demi-pas, lit les trajectoires, puis commence à planter ses banderilles au corps. Jab au buste, crochet du droit en bas, puis un superbe direct du gauche au menton. McKenna avance, mais il mange. Il se jette, tombe court, et se fait contrer. Très vite, une coupure apparaît près de son œil gauche. Le ton est donné.

Le premier round file logiquement en faveur de Donovan, 10-9, qui impose déjà sa précision et son timing.

Le deuxième acte confirme la tendance. Donovan accepte encore que McKenna prenne l’initiative, mais c’est lui qui fait mal. Crochet du gauche au menton, travail méthodique au corps, variations d’angles. McKenna encaisse, recule sous les frappes au buste, subit la pression sans trouver de solution claire. Nouveau 10-9 pour Donovan, qui s’envole à 20-17 sur les cartes.

Puis arrive le round qui bascule tout.

À l’intérieur, Donovan trouve d’abord un crochet du droit court, sec, qui claque. Puis un autre, en bas. Et cette fois, McKenna s’effondre. Réaction retardée, mais chute inévitable : le coup au corps a fait son œuvre. Il se relève, mais Donovan a flairé le filon. Il retourne au buste, encore. Encore. Crochets au foie, coups au plexus, puis il remonte au menton avec un crochet de devant. Tout rentre. McKenna tente de répondre, de lancer quelques séries, mais il se fait noyer sous les frappes.

Le troisième round est à sens unique, un 10-8 limpide. 30-26 Donovan. Une leçon de démolition au corps.

Bevan – Brennan : un supplice prolongé

Sur le combat principal de la soirée, Bevan et Brennan ouvrent le bal du main card à Croke Park avec un duel qui, très vite, prend des allures de survie pour Brennan.

Dès la première reprise, Bevan plante le décor. Il double le jab, cherche la distance, puis enchaîne : crochet du gauche en haut, deux autres au corps. Les échanges à mi-distance tournent à son avantage, il trouve régulièrement le buste de Brennan avec son crochet gauche. Brennan tente de répliquer, lui aussi au corps, mais se fait aussitôt taxer à l’intérieur. Bevan glisse des uppercuts du gauche au centre de la garde, puis un jab au ventre pour clôturer un premier round solide. 10-9 Bevan.

Au deuxième, la pression monte. Bevan ouvre encore avec un crochet gauche au corps. Il commence ensuite à intégrer la droite : deux coups nets passent dans la première minute, première fois que cette arme s’invite vraiment dans le combat. Il tente le crochet droit remonté en uppercut au milieu, ajoute un crochet gauche en haut. Brennan essaie de répondre de près, mais marche sur un uppercut du droit. Un jab raide lui renvoie la tête en arrière. Bevan, lui, ne se détourne pas de son idée fixe : casser le milieu du corps. 10-9, 20-18 Bevan. Le plan est clair, et il fonctionne.

Le troisième round devient un calvaire.

Les deux hommes se mettent au travail très vite, échanges à l’intérieur, mais le long jab de Bevan lui redonne de l’air dès qu’il le souhaite. Le crochet gauche au corps, lui, trouve la cible « toute la nuit ». Cette fois, il change le script : même amorce, même trajectoire… sauf qu’il remonte en haut. Brennan ne voit pas le switch. Il s’écroule. Compte. Il se relève, mais Bevan ne le laisse pas respirer. Mitraille en rafales, coups au corps, droite par-dessus. Un autre impact propre, et Brennan retourne au sol. 10-7, 30-25 Bevan. Le combat ne tient plus qu’à un fil.

Le quatrième round s’ouvre sur ce qui ressemble déjà à une exécution programmée. Bevan repart immédiatement au corps, encore un superbe coup au buste. Il accélère, lâche ses mains, cherche la finition. Brennan tente de survivre, de serrer les coudes, mais sa manière de se couvrir trahit la douleur : le corps est brisé. Il parvient à aligner une combinaison qui réveille le public, un sursaut d’orgueil, mais la réponse est brutale. Nouveau coup terrible au corps, jab sec qui lui renverse la tête, puis une droite par-dessus qui touche en plein.

Le temps tourne, dernière minute, Bevan bondit sur une droite, puis enchaîne à l’intérieur : corps, uppercuts, tout y passe. Le round est à sens unique, 10-9, 40-34 Bevan, et on a déjà le sentiment que le combat ne devrait plus durer.

Un arrêt trop tardif

La seconde moitié du duel commence presque contre toute attente. On ne pensait pas voir Brennan encore debout après le troisième. Pourtant, il s’accroche. Il survit, fait juste assez pour rester dans le combat, sans jamais inverser la tendance. Mais ce qui est arrivé à la fin du cinquième ressemble à un point de non-retour : un nouveau coup au corps, encore, qui semble annoncer la fin.

Le médecin vient examiner Brennan. Il est autorisé à continuer. Une décision qui pèsera lourd.

Bevan repart sur son thème favori : le corps. Nouveau coup, et Brennan va au tapis pour la quatrième fois. Il se relève, mais l’histoire est écrite. Bevan colle un uppercut du gauche, puis une droite derrière. Brennan s’effondre encore. Cette fois, la serviette vole, mais trop tard : Brennan reste allongé sur le ring. Le combat aurait dû être arrêté après le quatrième knockdown. Il ne l’a pas été.

Bevan, lui, quitte Croke Park avec une victoire éclatante, construite sur un art du travail au corps rarement exécuté avec autant de constance. Donovan aussi a signé sa partition, méthodique et cruelle.

Deux combats, une même vérité : à ce niveau, quand les coups au corps s’additionnent, il n’y a plus d’échappatoire.