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Dodi Lukebakio, le buteur que Milan a failli recruter

Il y a encore peu de temps, Dodi Lukebakio aurait pu célébrer sous le maillot de l’AC Milan. Mercredi soir, il a choisi une autre scène : San Siro, même pelouse, mais en bourreau plutôt qu’en idole.

La Gazzetta dello Sport remonte le temps jusqu’à l’été 2025. À cette époque, Milan discute avec Marseille pour Adrien Rabiot. Dans les bureaux rossoneri, un autre nom circule avec insistance : Dodi Lukebakio. L’ancienne direction, emmenée par Igli Tare, lance des premiers contacts, teste le terrain, se renseigne sur les chiffres.

Le contexte est clair : le club vient de rater la venue de Conrad Harder et cherche un remplaçant à Samuel Chukwueze, en partance pour Fulham. Sur la table, plusieurs profils offensifs. Parmi eux, un ailier belge qui sort d’une saison à 11 buts avec Sevilla en Espagne. Le dossier intrigue, séduit même certains décideurs. Mais il ne sera jamais mené à son terme.

Un profil taillé pour San Siro… qui a frappé contre lui

Rapide, polyvalent, gaucher, capable de frapper fort comme de caresser le ballon. Dodi Lukebakio coche beaucoup de cases. Davide Bartesaghi l’a appris à ses dépens, deux nuits plus tôt. Peut-être un peu trop bien.

Rien ne se conclut avec Milan. Les discussions s’éteignent, le club lombard bifurque vers d’autres priorités. Lukebakio, lui, referme la parenthèse italienne avant même de l’avoir ouverte.

Début septembre, il quitte l’Espagne. Direction Benfica. Montant du transfert : environ 25 millions d’euros. Contrat de cinq ans, clause libératoire fixée à 50 millions. Un engagement fort du club lisboète, une preuve de confiance pour un joueur qui change encore de décor, mais pas de statut : celui d’attaquant capable de faire basculer un match.

Le geste signature, au pire moment pour Milan

Gaucher naturel, Lukebakio aime partir très large, collé à la ligne, avant de rentrer sur son pied fort. Il cherche alors le centre tendu ou la frappe vers le second poteau. C’est exactement ce schéma, mille fois répété, qui a fait plier Milan mercredi soir à San Siro.

Appel côté droit, accélération, crochet vers l’intérieur, frappe enroulée. Le mouvement est simple, presque téléphoné, mais impossible à enrayer quand le timing est parfait. San Siro se fige un instant. Le buteur que le club avait envisagé de recruter vient d’ouvrir le score contre lui, dans son jardin.

Un globe-trotter arrivé à maturité

À 28 ans, Dodi Lukebakio a déjà rempli un carnet de voyage que beaucoup n’atteignent jamais. Belgique, Angleterre, Allemagne, Espagne, désormais Portugal : son parcours ressemble à une carte d’Europe du football offensif. Partout, il laisse des traces.

Avec la sélection belge, il compte 33 apparitions et 6 buts. Pas de statut de star absolue, mais une présence régulière, fiable, qui en dit long sur son niveau et sa constance.

En club, il a déjà signé des saisons à plus de dix buts avec Hertha Berlin, Fortuna Düsseldorf et Sevilla. Trois championnats, trois contextes, même résultat : la barre symbolique des doubles chiffres franchie sans trembler.

Benfica espère évidemment la même production. Le profil, la confiance, le cadre offensif du club lisboète : tout semble aligné pour qu’il répète l’histoire. La question n’est plus de savoir s’il a le talent pour y parvenir. Elle est ailleurs.

Jusqu’où ira-t-il, maintenant que les grands d’Europe le regardent de nouveau, cette fois depuis l’autre côté du but ?