Cristiano Ronaldo : La question de sa carrière avec la Seleção
Cristiano Ronaldo, l’éternel, refuse de lever le pied. À 233 sélections avec le Portugal et après un Mondial 2026 décevant sur le plan individuel, la question revient avec insistance : doit-il encore faire partie des plans de la Seleção ? Beaucoup le murmurent, certains le clament. Mais autour de lui, une certitude grandit : sa fin de carrière ne se jouera pas à l’ombre.
Le Mondial 2030, organisé au Portugal, en Espagne et au Maroc, ne le verra pas fouler la pelouse. À ce stade, il serait au milieu de la quarantaine, et l’idée d’un septième tournoi FIFA a déjà été écartée. L’Euro 2028 reste, en théorie, une porte entrouverte si la flamme compétitive continue de brûler. Pourtant, le centre de gravité de sa carrière a déjà glissé vers le football de clubs, vers l’Arabie saoudite, où son contrat court jusqu’à l’été 2027 et demeure le plus lucratif de la planète.
C’est là que Gustavo Poyet, passé par le championnat saoudien en observateur avisé pendant un mois, pose un regard sans détour sur la longévité de Ronaldo. Interrogé sur la durée pendant laquelle le Portugais peut encore évoluer en Saudi Pro League, l’ancien milieu uruguayen n’hésite pas : « Jusqu’à ce qu’il le décide. »
Pour Poyet, le décor saoudien est clair. Le championnat est fracturé en plusieurs mondes. D’abord, les quatre clubs soutenus par l’État, capables d’attirer des « joueurs spéciaux » et de renverser l’équilibre d’un match par la seule qualité individuelle. Puis viennent trois ou quatre équipes privées, ambitieuses, qui montent en puissance, avec des standards élevés, des infrastructures modernes, des stades neufs. Enfin, tout en bas, un bloc de six ou sept formations condamnées à lutter pour le maintien, où la moindre erreur de recrutement peut coûter la descente.
Dans ce dernier groupe, explique Poyet, la marge d’erreur est inexistante. Rater deux joueurs étrangers sur les quotas autorisés, c’est signer son arrêt de mort sportif. On privilégie l’expérience, donc des joueurs plus âgés, dans un championnat où la chaleur écrase, où il faut courir, répéter les efforts, tenir sur la durée. Un pari risqué, parfois brutal.
Ronaldo, lui, échappe à cette logique ordinaire. Poyet l’a vu de près, a observé le quotidien des équipes, les séances, les exigences physiques. Son verdict est sans nuance : il n’existe pas beaucoup de joueurs comme lui sur le plan athlétique. Oui, il a ralenti. Oui, il a perdu en agilité. Il le sait. C’est aussi pour cela qu’il évolue désormais dans ce contexte, où son intelligence de déplacement, son sens du but et son aura suffisent encore à faire la différence.
Le parallèle avec Lionel Messi vient naturellement sous la plume de l’Uruguayen. L’Argentin brille en MLS, un championnat que Poyet place dans la catégorie des grandes divisions mondiales. Chaque star choisit son moment, son décor, sa ligue. Le Portugais, lui, a trouvé en Arabie saoudite un environnement où son statut reste central, où sa présence façonne le projet sportif et médiatique.
Au fond, la vraie question n’est plus de savoir si Ronaldo peut encore jouer à haut niveau. Elle devient : jusqu’où veut-il aller ? Poyet ne voit pas la retraite arriver avant un cap symbolique, presque mythique : les 1 000 buts en carrière. « Pas question qu’il s’arrête avant, ce serait insensé », glisse-t-il.
Ronaldo a déjà repoussé les limites habituelles d’une carrière de footballeur. Il s’apprête, peut-être, à redéfinir aussi la notion de fin de carrière. Tant qu’il marquera, tant qu’un stade se lèvera pour lui, l’idée même de la dernière danse restera en suspens.




