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Crise au sein de l’équipe du Pakistan : enquête disciplinaire et changements radicaux

Islamabad — La tournée d’Angleterre de l’équipe du Pakistan a pris un tournant encore plus orageux. Après deux défaites cinglantes à Lord’s et Headingley, le Pakistan Cricket Board (PCB) a rappelé sept joueurs et deux membres du staff au pays… et ouvert en coulisses une enquête disciplinaire interne visant des joueurs dont les noms ne sont pas officiellement dévoilés.

Le feu couvait déjà. Il commence à prendre.

Enquête interne et téléphones au cœur des soupçons

Par la voix de son directeur média Amir Mir, le PCB a confirmé sur X qu’une procédure disciplinaire était en cours : l’instance examine des questions de « discipline et de conduite », en s’appuyant sur ses règlements internes. Le Board insiste : chaque personne concernée aura droit à un examen « en bonne et due forme ».

Dans les médias locaux, les rumeurs ont aussitôt explosé. Plusieurs chaînes ont affirmé que le PCB avait eu accès aux données des téléphones portables d’Imam-ul-Haq et de Mohammad Rizwan avant leur retour précipité au Pakistan. Selon Geo News, les appareils des deux joueurs auraient été saisis par l’officier de sécurité de l’équipe après la lourde défaite du deuxième test à Lord’s, puis restitués seulement quelques heures avant leur départ du Royaume-Uni.

Face à cette agitation, Amir Mir tente de verrouiller la communication. Il appelle à ignorer les « rapports spéculatifs » et les « affirmations non vérifiées », notamment celles venant de « sources hostiles externes », et demande au public comme aux parties prenantes de ne se fier qu’aux communications officielles du PCB.

Le message est clair : le Board veut garder la main sur le récit.

Un grand ménage en pleine série

Sur le terrain sportif, la réaction a été brutale. Après les deux revers écrasants à Lord’s et Headingley dans cette série de trois tests, le PCB a tout balayé ou presque. Sept joueurs ont été renvoyés au pays en plein milieu de la tournée, le sélectionneur des tests Sarfaraz Ahmed a été remplacé par Mike Hesson, et Ashley Noffke a pris la place d’Umar Gul au poste d’entraîneur des lanceurs.

Un séisme, en plein mois de compétition.

Ashley Noffke, arrivé au cœur de la tempête, assure pourtant ne rien savoir de l’enquête disciplinaire. Interrogé après une séance d’entraînement à Edgbaston, où le Pakistan prépare le troisième et dernier test à Birmingham à partir de mercredi, il se tient à distance des remous institutionnels. Il explique qu’il est « en dehors » de ce processus décisionnel et rappelle une constante de ses quinze derniers mois passés à travailler avec l’équipe en balle blanche : autour de la sélection pakistanaise, il se passe toujours « quelque chose » en arrière-plan.

Pour lui, la priorité reste limpide : les joueurs doivent se concentrer sur le cricket, sur l’opportunité qui s’ouvre aux jeunes talents déjà présents dans le groupe.

Afridi, Malik et la fronde des anciens

Les choix du PCB ne passent pas partout. L’un des quatre sélectionneurs, Aaqib Javed, ainsi que le président du Board Mohsin Naqvi, ont publiquement défendu cette refonte express en milieu de série. Mais le camp d’en face est bruyant : d’anciennes gloires comme Shahid Afridi et Shoaib Malik ont vertement critiqué ces décisions, jugées précipitées et déstabilisantes.

Sur la liste des joueurs renvoyés, les noms sont lourds. Le wicketkeeper-batter Mohammad Rizwan, l’ouvreur Imam-ul-Haq et Salman Ali Agha, capitaine lors du premier test, ont fait partie du premier groupe à quitter l’équipe, avant même que Mike Hesson n’ait le temps de rejoindre le contingent au Royaume-Uni.

Le fast bowler Khurram Shahzad et le spinner gaucher Ali Usman, tous deux utilisés lors des deux premiers tests, ont eux aussi été libérés. Aamir Jamal et Mohammad Awais n’ont même pas eu cette chance : rappelés sans avoir disputé la moindre balle à Lord’s ou à Headingley.

Une valse de départs qui laisse un vestiaire remodelé à la veille du match décisif.

Un troisième test sous haute tension

À Edgbaston, l’équipe se prépare pour ce qui ressemble déjà à bien plus qu’un simple troisième test. Sur la pelouse, il faudra sauver l’honneur après deux défaites de 194 runs à Lord’s et une autre gifle à Headingley. En dehors, l’ombre de l’enquête disciplinaire plane, avec son lot de questions sans réponses et de spéculations sur le climat interne du groupe.

Ashley Noffke, lui, insiste : les joueurs n’ont pas la main sur ces remous institutionnels et doivent regarder uniquement vers le cricket qui les attend. Le message se veut protecteur, presque défensif, face à un environnement qui déborde largement du cadre sportif.

Reste une question brûlante : dans ce contexte de crise, ce troisième test à Birmingham sera-t-il le point de rupture d’un système déjà fragilisé, ou le début d’un redressement pour une sélection pakistanaise en plein tumulte ?