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Chelsea : Xabi Alonso fixe l'objectif Premier League

À Stamford Bridge, Xabi Alonso resserre les rangs. À la veille d’un choc déjà brûlant contre Manchester United, l’entraîneur de Chelsea a voulu fixer une ligne claire : tout pour la Premier League, tout de suite.

« Nous sommes de retour dans l’atmosphère de la Premier League, et pour moi c’est la compétition principale, la plus importante cette année, comme presque chaque année », a-t-il martelé devant la presse, relayé par Sky Sports.

Le message est limpide. Après une semaine douloureuse – revers contre Tottenham en championnat, élimination en League Cup face à Liverpool – Chelsea n’a plus de marge pour l’état d’âme. « C’est un grand match. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous préparer, mais il est très important, après le dernier match à domicile, de continuer à gagner et de retrouver ce sentiment de victoire. »

Une équipe en apprentissage sous pression

Alonso ne se voile pas la face : son équipe est encore en construction, ballotée par les premiers coups de vent de la saison. Mais il y voit une étape nécessaire plutôt qu’un signal d’alarme.

« Dès que nous avons quitté Liverpool, nous avons commencé à penser au match contre United, a-t-il expliqué. J’ai vu une meilleure version de nous mercredi que samedi, même si le résultat n’a pas été celui que nous voulions dans les deux cas. C’est un voyage au cours duquel vous traversez des moments difficiles, et nous devons en tirer des leçons. »

Ce mot revient sans cesse chez l’Espagnol : apprentissage. Le sommet annoncé face à United arrive tôt, dans une période de doutes, mais Alonso refuse de se réfugier derrière le calendrier ou la fatigue. Il parle d’exigence, de « meilleure version » à atteindre, d’un Chelsea qui doit se tenir au plus haut niveau pour exister dans une course au titre déjà dense.

Estevao, patience imposée mais rôle garanti

Au cœur des préoccupations des supporters, un nom : Estevao. Le jeune talent intrigue par son temps de jeu famélique. Alonso a coupé court aux spéculations sur un éventuel départ en prêt dès janvier.

« Oui, clairement, il jouera. La saison est longue et il y aura des opportunités pour tout le monde, et il aura ses minutes, c’est sûr. Nous ne sommes encore qu’au début de la saison mais il sera présent. »

Pas de sanction, pas de doute sur le joueur, insiste-t-il. Juste une question de contexte. « Ce n’est pas une question d’effort de sa part, mais du contexte des matches. C’est un super garçon. Nous ne sommes qu’en octobre et il aura un rôle important. Ce n’est un secret pour personne : tous les joueurs veulent être sur le terrain, et j’en prends la responsabilité. Tout le monde doit être prêt, et chaque match a son importance. Estevao s’entraîne bien et son attitude est très positive. »

Alonso assume donc pleinement ses choix. Il demande de la patience autour d’un joueur qu’il décrit comme irréprochable au quotidien. À lui, désormais, de lui offrir la scène.

Lacroix out, Martinez dans l’attente

Les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas aux résultats. Touché lors de l’élimination en League Cup à Anfield, Maxence Lacroix va manquer plusieurs semaines.

« Max a subi une blessure, et nous nous attendons à ce qu’il ne soit pas disponible avant la prochaine trêve internationale, car il sera absent plusieurs semaines », a révélé Alonso.

Un coup dur pour une défense déjà bousculée. Une lueur existe toutefois au poste de gardien, avec un possible retour d’Emiliano Martinez avant cette même trêve.

« Oui, il y a une chance qu’il revienne, a confirmé le manager. Nous devons attendre la semaine prochaine et voir comment les choses évoluent, et s’il est prêt à jouer, il portera très probablement un masque. »

Chelsea avance donc avec un effectif réaménagé, entre forfait confirmé et hypothétique retour masqué. Dans ce contexte, la gestion des efforts et des émotions devient centrale.

Respect pour Carrick, méfiance pour United

En face, Manchester United arrive en crise ouverte : huit matches sans victoire, toutes compétitions confondues, et un Michael Carrick plus que jamais menacé. Alonso refuse pourtant de tomber dans la facilité du constat brutal.

« J’ai beaucoup de respect pour lui, et j’ai une grande sympathie pour Michael en tant qu’entraîneur, a-t-il insisté. Je le connais bien, nous nous sommes affrontés comme joueurs sur le terrain, mais au-delà de ça, ce n’est pas à moi de commenter les détails de sa situation. »

Pas question non plus de se laisser bercer par le mauvais moment de United. Alonso garde la ligne : méfiance maximale.

« Quelles que soient les circonstances, nous devons nous préparer de la même façon. Nous ne contrôlons que ce que nous pouvons contrôler : notre préparation, nos décisions, notre mentalité. United a un effectif fort, des joueurs exceptionnels et de bons entraîneurs, donc ce sera un match très difficile, et nous devrons être à notre plus haut niveau et dans notre meilleure version pour gagner. »

La crise de l’adversaire ne doit pas masquer la réalité : ce Chelsea-là n’a pas encore les certitudes d’un champion. Le moindre relâchement se paiera cash.

Cole Palmer, la ligne rouge de la discipline

L’autre dossier brûlant touche à la discipline. Le récent carton rouge de Cole Palmer contre Tottenham a obligé le manager à recadrer son attaquant. Là encore, Alonso a choisi le dialogue plutôt que la sanction publique.

« Nous avons déjà parlé du match et des choses qu’il peut développer pour lui-même, ce que nous faisons constamment, a-t-il expliqué. Et bien sûr, nous ne voulons pas que le scénario de l’expulsion se reproduise. »

Le ton, en coulisses, a surtout porté sur le jeu, pas sur le blâme. « Dans notre conversation, nous nous sommes davantage concentrés sur l’aspect footballistique et sur ce dont nous avons besoin sur le terrain, parce que Cole a une grande intelligence de jeu, il aime le football et en profite, et c’était le cœur de notre discussion. »

Alonso trace ainsi les contours de son Chelsea : un groupe jeune, perfectible, parfois naïf, mais habité par une forte marge de progression. Reste à transformer les belles intentions en points, et vite.

Demain, Stamford Bridge jugera. Entre un Chelsea en quête de rédemption et un Manchester United au bord du gouffre, ce sommet de Premier League ressemble déjà à un tournant. Pour l’un, pour l’autre… et peut-être pour le reste de la saison.