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Carty vs Allen : le chaos de Croke Park

À Croke Park, la colère ne redescend pas. Quarante-huit heures après un final surréaliste, le manager de Thomas Carty, Mike Ofo, accuse ouvertement David Allen d’avoir « blatamment » enfreint les règles et réclame ni plus ni moins qu’une disqualification a posteriori.

Un rêve de soirée historique qui bascule dans le chaos

Pour Carty, ce devait être la grande nuit. Combattre sur la carte d’adieu de Katie Taylor, à Croke Park, devant une marée verte dans le temple du sport irlandais. Un décor parfait pour la plus belle affiche de sa carrière.

Au lieu de ça, le poids lourd irlandais a fini la tête dans les cordes, projeté hors du ring dès le premier round, après un coup derrière la tête signé Allen. Incapable de reprendre, Carty a vu le combat être déclaré « no contest ». Pas de vainqueur, pas de ceinture, pas de moment de gloire. Juste un goût amer et un débat enflammé.

« Je suis très déçu de ce qui s’est passé samedi soir à Croke Park et de l’arrêt prématuré de ce qui devait être le couronnement de la carrière de Thomas jusqu’ici », a confié Ofo à Sky Sports. Il décrit un boxeur « gonflé à bloc » par l’événement, brisé net par une séquence qu’il juge illégale et évidente.

« Deux fautes flagrantes » et un seul verdict souhaité : la disqualification

Pour le manager, la scène ne souffre d’aucune interprétation. Selon lui, Allen a répondu à un début de domination de Carty par des coups hors-la-loi.

« Ce qui s’est passé était clair pour tous, avec Allen qui le foule ouvertement deux fois de suite, en réaction au jab de Thomas qui lui a immédiatement marqué le visage », insiste Ofo. C’est le deuxième coup qui cristallise la polémique : un « rabbit punch », ce crochet à l’arrière de la tête strictement interdit.

Ce deuxième coup, explique-t-il, a envoyé Carty « net à travers les cordes ». Pour Ofo, la règle est limpide : dans une telle situation, la sanction doit être une défaite par disqualification pour Allen. Pas un no contest. Pas une fin sans décision. Une DQ, pure et simple.

La version d’Allen : un coup mal placé, pas mal intentionné

Face à la tempête, David Allen a tenté de désamorcer les critiques sur sa chaîne YouTube. Il raconte une séquence confuse, un échange rapproché, et jure ne jamais viser l’arrière de la tête.

Il décrit un enchaînement classique : un crochet gauche au corps, un coup à la tête, une riposte de Carty avec une combinaison et un uppercut qui lui renverse la tête. Puis, selon lui, Carty le saisit, le déséquilibre. Allen dit viser la zone de l’oreille, comme à son habitude, et affirme que c’est le mouvement de tête de l’Irlandais qui transforme le coup en impact derrière la nuque.

Il assure qu’il ne s’agit pas d’un tir volontairement illégal, mais d’un mauvais concours de circonstances. Il ajoute même avoir demandé à l’arbitre, sur le moment, s’il n’allait pas compter, estimant qu’en plein centre du ring, la séquence aurait pu lui offrir une victoire par arrêt de l’arbitre.

Ofo contre-attaque : « gaslighting » et confiance totale en Carty

Le camp Carty n’achète pas une seconde cette version. Pour Mike Ofo, Allen tente simplement de réécrire l’histoire.

« Je vois qu’il est déjà en train d’essayer de construire un récit, mais c’est du gaslighting », lâche le manager, cinglant. Il assure que toute l’équipe était convaincue que Carty finirait par s’imposer par arrêt de l’arbitre dans les rounds avancés, surtout au vu de la condition physique d’Allen.

Ofo ne se prive pas d’une pique acerbe à l’encontre de l’Anglais, connu sous le surnom de « The White Rhino ». « Franchement, il devrait changer son surnom de “The White Rhino” en “The White Hippo” », lâche-t-il, moqueur, pointant du doigt une préparation qu’il juge très insuffisante.

Un passé déjà marqué par la malchance… et l’espoir d’une revanche

Pour Thomas Carty, ce « no contest » ressemble à un nouvel épisode d’une série de coups du sort. L’an dernier, il avait déjà connu sa seule défaite professionnelle sur une blessure au genou, qualifiée de « freakish », presque accidentelle.

À 30 ans, l’Irlandais vise toujours une 12e victoire chez les professionnels. Il veut qu’elle passe par un remake, face au même adversaire, dans un contexte plus clair, sans polémique et sans corde traversée.

Le plan du clan Carty est limpide : obtenir d’abord une révision de la décision auprès du BUI, la fédération irlandaise, que le manager exhorte à « reconsidérer » le verdict de l’arbitre et à « faire ce qui s’impose ». Une fois ce dossier traité, Ofo promet qu’ils offriront à Allen une revanche pour « régler ça une bonne fois pour toutes – et, espérons-le, cette fois à l’intérieur du ring ».

David Allen, lui, a choisi le silence face aux nouvelles déclarations d’Ofo. Pas de réponse, pas de contre-attaque verbale.

La prochaine fois qu’il ouvrira la bouche sur cette affaire, le fera-t-il au micro… ou au milieu des cordes, face à un Carty décidé à transformer la frustration de Croke Park en règlement de comptes brutal?