Réunion cruciale de la BCCI pour le cricket indien
À Mumbai, le temps des comptes a sonné pour le cricket indien. Jeudi, au siège de la BCCI, une réunion à huis clos doit rassembler Gautam Gambhir, Ajit Agarkar et le patron du Centre of Excellence, VVS Laxman, autour de la direction de l’instance. Sur la table : une série de tournées ratées, un vestiaire miné par les blessures, et un calendrier qui n’attendra personne.
Le secrétaire de la BCCI, Devajit Saikia, et le président Mithun Manhas seront également présents. Les capitaines Shreyas Iyer (T20) et Shubman Gill (ODI et Test) pourraient les rejoindre, signe que l’instance veut entendre directement ceux qui portent l’équipe sur le terrain.
Une série noire qui ne passe pas
La réunion devait initialement se tenir après les revers en Irlande et en Angleterre. Elle a été repoussée à cause de la tournée de deux Tests au Sri Lanka. Elle n’en sera que plus chargée.
L’Inde reste le champion du monde en titre en T20. Mais ce statut pèse soudain très lourd face aux résultats récents. En juin, les Indiens ont perdu 2-0 la série de deux T20I en Irlande. Un coup d’arrêt brutal.
La spirale s’est accentuée en Angleterre : défaite 4-0 sur une série de cinq T20I, avec un naufrage de 125 runs à Nottingham, la plus lourde défaite de la série.
Sous la direction de Shubman Gill, l’équipe a également cédé la série ODI en Angleterre, 2-1. Les chiffres sont clairs, la dynamique aussi : le niveau affiché loin de la maison ne correspond plus au statut de l’équipe.
Un responsable impliqué dans le processus l’a confirmé : il ne s’agira pas d’un simple débrief ciblé. Les tournées en Irlande et en Angleterre ne seront pas les seules passées au crible.
Zimbabwe, Sri Lanka… rien ni personne épargné
Les déplacements au Zimbabwe et au Sri Lanka seront eux aussi disséqués. La BCCI veut une vue d’ensemble, pas un simple correctif ponctuel.
Choix tactiques, rotation des joueurs, gestion des jeunes, hiérarchie des leaders : tout peut être remis en question.
Le contexte rend l’exercice encore plus sensible. L’Inde s’apprête à repartir à l’étranger, avec une série de deux Tests en Nouvelle-Zélande en novembre. Or la liste des blessés s’allonge, et la patience s’amenuise.
Les blessures, fil rouge d’une inquiétude grandissante
Après le troisième ODI contre l’Angleterre à Lord’s, Shubman Gill n’avait pas caché sa frustration face à la répétition des pépins physiques en tournée. Des absences qui cassent les automatismes, obligent à bricoler les compositions et fragilisent les plans à long terme.
Le cas Jasprit Bumrah illustre cette fragilité. Le leader du secteur pace a manqué la tournée au Sri Lanka après une aggravation d’une blessure au genou gauche. Une absence qui change immédiatement le visage de l’attaque indienne.
Même le prochain rendez-vous, la série T20I contre l’Afghanistan annoncée mardi, se prépare dans l’incertitude. Quatre joueurs ne savent toujours pas s’ils pourront être alignés. Bumrah, Washington Sundar, Nitish Reddy et Harshit Rana doivent passer des tests physiques au Centre of Excellence de la BCCI à Bengaluru le 9 septembre. Leur disponibilité dépendra de ces résultats.
Une réunion pour redéfinir la feuille de route
Au-delà des chiffres et des bilans, la BCCI veut ressortir de cette réunion avec une trajectoire claire. Comment protéger ses cadres sans sacrifier les résultats immédiats ? Comment redonner de la consistance aux performances à l’étranger ? Comment ajuster la charge de travail dans un calendrier saturé ?
Gautam Gambhir, Ajit Agarkar et VVS Laxman arrivent autour de la table avec des responsabilités différentes, mais un même impératif : stopper la dérive avant qu’elle ne s’installe.
Les capitaines, eux, devront assumer leurs choix et leur discours devant l’instance.
La Nouvelle-Zélande attend en novembre, l’Afghanistan pointe déjà à l’horizon, et les blessures continuent de dicter la composition des équipes.
La réunion de Mumbai ne décidera pas d’un titre, ni d’une série. Elle décidera de la manière dont l’Inde entend les jouer.




