Al-Nassr sans Cristiano Ronaldo : le choix audacieux de Postecoglou
Ange Postecoglou a tranché. Pour le déplacement piégeux d’Al-Nassr en Ouzbékistan, en AFC Champions League Elite, l’entraîneur a décidé de laisser plusieurs de ses cadres au repos. Un choix fort, presque provocateur, au cœur d’un calendrier étouffant.
Cristiano Ronaldo ne fera pas le voyage pour affronter Pakhtakor. Mohamed Simakan non plus. Kingsley Coman restera lui aussi à Riyad. Trois absents majeurs, confirmés par le quotidien saoudien Arriyadiyah, qui changent immédiatement la physionomie de cette expédition asiatique.
Un rouleau compresseur en championnat
Al-Nassr arrive pourtant lancé à pleine vitesse. Neuf victoires d’affilée pour commencer en Saudi Pro League, un premier coup de frein avec un nul face à Al-Ettifaq, puis une réaction immédiate contre Neom et Al-Khaleej. Résultat : 28 points, une deuxième place, mais à égalité avec le leader Al-Qadsiah.
Le rythme est infernal, la marge d’erreur infime. Postecoglou le sait : pour rester collé au sommet du Roshn League tout en jouant l’Asie, il faudra gérer les corps autant que les matchs.
L’Asie, entre gifle inaugurale et redressement
Sur la scène continentale, Al-Alami a déjà connu les deux extrêmes. Une lourde défaite 4-0 contre Al-Ain (Émirats arabes unis) pour ouvrir la campagne. Puis une réponse solide : succès 3-1 face aux Ouzbeks de Nasaf lors de la deuxième journée.
La troisième rencontre, prévue contre Al-Wasl (Émirats arabes unis), a été reportée par la Confédération asiatique. Une parenthèse imposée, qui n’a pas allégé pour autant la charge globale d’un effectif sollicité sur tous les fronts.
Dans ce contexte, la décision de ménager Ronaldo et plusieurs stars prend tout son sens sportif, même si elle bouscule l’imaginaire d’une compétition où l’on s’attend à voir les têtes d’affiche à chaque sortie.
Ronaldo laissé au repos, Sufyani récompensé
Postecoglou a choisi de protéger ses leaders. Épargner des kilomètres à Cristiano Ronaldo, limiter l’usure de Simakan et Coman, c’est parier sur le long terme. Le staff refuse de brûler ses cartouches dès l’automne alors que la saison s’annonce interminable.
Cette gestion ouvre la porte à d’autres. Abdulrahman Sufyani intègre ainsi le groupe pour ce voyage en Ouzbékistan. Une opportunité rare, presque un tournant pour le joueur, mis en lumière par Arriyadiyah au moment de l’annonce de la liste.
Pendant que les têtes d’affiche restent à la maison, Sufyani et les autres remplaçants savent qu’ils ne voyageront pas pour faire de la figuration. Ce genre de rendez-vous forge des statuts.
Un pari calculé sur deux tableaux
Al-Nassr ne se cache pas : le club veut tout jouer à fond. Continuer à viser la couronne continentale tout en défendant sa place tout en haut du Roshn League. Pour y parvenir, Postecoglou mise sur la rotation, assumée, revendiquée même par ses choix.
L’idée est claire : garder ses stars fraîches pour les grands rendez-vous à venir, éviter la fatigue accumulée et les blessures qui brisent les saisons. Le risque, évidemment, c’est de se présenter amoindri dans un déplacement toujours délicat, face à un Pakhtakor qui ne fera aucun cadeau.
Ce voyage en Ouzbékistan dira beaucoup de la profondeur réelle de l’effectif d’Al-Nassr. Sans Cristiano Ronaldo, sans Simakan, sans Coman, le projet Postecoglou sera jugé sur autre chose que l’éclat des noms. Sur la capacité du collectif à tenir le rang, loin de Riyad, sous la pression d’une Asie qui ne pardonne pas.




