Ahmed Shobier remet en question le retour de Wessam Abou Ali à Al-Ahly
La rumeur enflait depuis 24 heures au Caire : Al-Ahly préparerait le retour de Wessam Abou Ali dès le prochain mercato hivernal. Ahmed Shobier, voix influente du football égyptien, s’est chargé de ramener tout le monde sur terre.
Abou Ali, le rêve presque impossible d’Al-Ahly
Au micro de sa radio, l’ancien gardien d’Al-Ahly a confirmé qu’il y avait bien eu des bruits autour d’une tentative de rapprochement avec Columbus Crew pour récupérer l’attaquant palestinien.
« Il y avait des propos publiés hier disant qu’Al-Ahly avait commencé à ouvrir des discussions ou à tâter le terrain pour le retour de Wessam Abou Ali, et pour savoir si Columbus Crew accepterait son départ ou non », a-t-il expliqué.
Puis il a laissé parler le supporter qui est en lui : il aurait adoré revoir Abou Ali en Rouge. Le Palestinien avait marqué les esprits lors de son passage, au point de changer le visage de l’équipe. Mais la réponse venue d’outre-Atlantique a été sèche.
Selon Shobier, l’entraîneur de Columbus Crew voit en Abou Ali « le futur du club ». Sorti sur blessure, l’attaquant a manqué à l’équipe américaine, qui compte sur son retour imminent. « Il n’y a aucune chance qu’il parte », résume en substance le discours rapporté par le consultant.
Alors Shobier pose les choses clairement : sportivement, Al-Ahly doit sauter sur la moindre ouverture. « S’il existe ne serait-ce que la moitié d’une chance de son retour à Al-Ahly, je dis au club : n’hésitez pas », lâche-t-il. Mais la réalité est crue : « L’idée de son retour est quasiment inexistante, mais il est important de rêver et de réfléchir. »
Un rêve, rien de plus. Pour l’instant.
Ammouta, les mots avant la réaction
En attendant les miracles du marché, Al-Ahly doit gérer le présent. Et ce présent, c’est une équipe secouée par les critiques, un public en colère, et un match de Premier League contre Abu Qir for Fertilizers mardi.
Shobier a livré les coulisses du vestiaire : le Marocain Hossein Ammouta a réuni ses joueurs pour une séance de vérité. « Il a tenu un exposé très, très long avec les joueurs, ils ont ouvert leurs cœurs les uns aux autres, ils ont parlé ensemble », raconte l’ancien portier.
Le ton a changé. Les joueurs ont senti la température monter dans les tribunes, la grogne enfler face aux prestations récentes. « Tu sens que les joueurs sont motivés, qu’ils veulent le prochain match, et il y a un état de colère parce qu’ils voient que les supporters sont très, très en colère contre les performances de cette période. Les joueurs veulent se prouver et offrir un meilleur niveau », détaille Shobier.
Sur le plan comptable, Al-Ahly n’est pas décroché : troisième avec 10 points, à égalité avec Zamalek, deuxième, à la différence de buts, et à seulement deux longueurs du leader Pyramids. Mais l’ambiance n’est pas à l’autosatisfaction. Le prochain match ressemble déjà à un test de caractère plus qu’à une simple étape de championnat.
Zamalek, la saga Bezerra se termine… à Dubaï
Une fois le dossier Abou Ali refermé, Shobier a basculé sur l’autre géant du Caire. Et là aussi, c’est une histoire de fin de cycle. « Enfin, le générique de fin est tombé sur la saga des nuits Bezerra », lance-t-il à propos du feuilleton Juan Bezerra.
Zamalek n’avait plus le choix. Le départ de l’attaquant vers Shabab Al-Ahli Dubai est devenu inévitable. « Zamalek n’avait pas d’autre option que d’accepter le départ de Bezerra, pour plusieurs raisons, dont le fait qu’il n’y avait plus aucun espoir avec lui », explique Shobier.
Le joueur, lui, avait tranché : l’offre des Émirats lui convenait, sur le plan financier comme sur le cadre de vie. « L’offre de Shabab Al-Ahli Dubai lui allait, elle s’est installée dans son esprit et il ne reviendra pas dessus : l’argent, puis la vie à Dubaï », résume le consultant. Zamalek a tenté de le retenir, « à gauche, à droite », rien n’y a fait.
Un club sous pression financière
Derrière le départ de Bezerra, il y a surtout l’urgence économique. Shobier ne l’a pas édulcoré : « Le club souffre d’une crise financière très, très sévère et Zamalek a un besoin désespéré d’argent. Les joueurs ont des arriérés et veulent leur argent. »
Les chiffres du deal donnent la mesure de l’enjeu. Selon lui, le contrat prévoit :
- 3 millions de dollars cash à la signature,
- 1 million de dollars en février,
- 1 million de dollars en août,
- plus 1 million de dollars sous forme de primes et bonus.
Zamalek se retrouve donc avec un package avoisinant les 6 millions de dollars, mais ce n’est pas tout. Le joueur a renoncé à une commission de 10 % pour son agent, soit près de 600 000 dollars, ainsi qu’à 5 % de droits de sponsoring et à une prime de titre de champion d’environ 20 000 dollars. Autant de montants qui restent dans les caisses du club.
« Zamalek te dit comme ça : j’atteins environ 7 millions de dollars », résume Shobier, chiffres à l’appui. Pour un club étranglé, cette bouffée d’oxygène financière pèse plus lourd que le maintien d’un joueur décidé à partir.
Une dernière clause pour l’avenir
Reste un détail, loin d’être anodin. Shobier croyait initialement qu’aucune clause de revente n’avait été incluse. Mais il a rectifié : dans les « derniers mètres » de la négociation, Zamalek a insisté pour ajouter un pourcentage à la revente.
Le club cairote a finalement obtenu un droit à 20 % de la valeur d’une future vente de Bezerra. Une façon de ne pas couper complètement le cordon avec un actif qui pourrait, un jour, rapporter encore.
Al-Ahly qui rêve d’un retour quasi impossible, Zamalek qui vend pour survivre et se projette sur une éventuelle revente : au Caire, les deux géants avancent entre contraintes économiques et ambitions sportives. La question, désormais, n’est plus de savoir qui a le plus d’histoires à raconter, mais lequel des deux saura transformer ces turbulences en titres.




