Zidane : un nouveau cycle pour les Bleus
On savait que la succession de Didier Deschamps provoquerait une onde de choc. On ne pensait pas qu’elle serait aussi instantanée. Zinedine Zidane n’a officiellement pris les commandes des Bleus que le 28 juillet. Pourtant, à Clairefontaine, l’air a déjà changé.
Rupture assumée
Dans les colonnes de La Provence, le président de la FFF, Philippe Diallo, ne s’est pas caché derrière les formules prudentes. Pour lui, Zidane tourne clairement la page.
« Il a des idées très claires sur ce qu’il veut faire, sur la manière dont il veut gérer cette équipe de France. Vous l’avez vu, il rompt avec le passé. C’est une vraie nouvelle page », a-t-il posé. Sans détour.
Cette rupture, Zidane ne l’a pas théorisée en conférence de presse. Il l’a matérialisée avec un geste simple, mais hautement symbolique : sa première liste.
Une liste, et déjà une marque
Les premiers matches de Nations League approchent, avec un programme relevé : Turquie, Belgique, Italie. Deschamps avait ses habitudes, ses codes, jusqu’au jour d’annonce des convocations. Zidane a commencé par bousculer ce rituel-là.
Fini le jeudi. La liste est tombée un vendredi. Détail ? Pas vraiment. Chez les Bleus, tout est codifié depuis des années. Changer le tempo, c’est déjà reprendre la main.
Autre signe fort : 23 joueurs seulement. Pas 26, comme le faisait régulièrement son prédécesseur. Un groupe resserré, plus tranchant, moins confortable.
Diallo y voit un message clair : « Il a pris 23 joueurs au lieu de 26. C’est un premier signe. Il va les faire jouer. Il a pris des noms, peut-être, qu’on n’attendait pas. Il n’en a pas pris certains qu’on pouvait attendre. Je pense qu’il est dans son processus, dans une volonté de rupture. Une rupture dans la gestion de son groupe. »
Moins de marge, plus de responsabilité. Chacun compte, personne ne se cache. L’ère du “confort de cadre élargi” semble déjà derrière.
Même objectif, autre voie
Sur le fond, rien ne change : la France joue pour gagner. Mais Zidane ne vient pas pour entretenir la flamme. Il vient pour l’attiser.
Diallo insiste sur ce moteur-là : une ambition féroce, nourrie d’un lien intime avec le maillot bleu. L’ancien meneur de jeu sait ce que cette tunique lui a donné. Il veut rendre, à son tour.
« Dans tout ce qu’il va faire, je pense qu’il veut changer les choses. Changer les choses avec un objectif clair, qui est de gagner. Son désir le plus profond, c’est de redonner à l’équipe de France, comme entraîneur, ce qu’elle lui a apporté dans sa vie, dans sa vie de joueur et dans sa vie d’homme : gagner pour donner du plaisir et de la fierté à tout le monde », développe le président de la FFF.
Le message est limpide : pas de révolution pour le plaisir de casser, mais pour aller plus haut. Plus fort. Plus souvent.
Après Deschamps, l’étage supérieur ?
L’héritage de Didier Deschamps est massif : finales à répétition, titres, régularité au plus haut niveau. Les fondations sont là. Solides. Zidane arrive pour construire par-dessus.
Diallo ne s’en cache pas : l’idée est de prolonger ce qu’il appelle « l’âge d’or » actuel du football français, et même de le dépasser. Ne plus seulement viser les derniers carrés, mais installer la France au sommet, durablement.
« Je pense que Zinedine est le mieux placé pour prolonger cet âge d’or pour nous. Et pas seulement pour permettre à l’équipe de France d’atteindre, comme toujours je l’espère, le dernier carré… mais peut-être d’aller un peu au-delà, d’aller gagner des titres. Et je pense qu’il est venu pour ça », conclut-il.
Les mots sont posés, l’attente aussi. Zidane a déjà commencé à rompre avec les habitudes. Reste à savoir si cette nouvelle page s’écrira en lettres d’or, ou si cette prise de risque assumée deviendra le pari le plus audacieux de l’histoire récente des Bleus.



