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US Open 2023 : Carlos Alcaraz face à son poignet

Carlos Alcaraz revient là où il avait tout conquis. Flushing Meadows, la ville dans la ville, les nuits sous les projecteurs et la pression d’un titre à défendre. Mais cette fois, le décor cache une inconnue majeure : son poignet droit.

Le tenant du titre du US Open débutera face au Russe Roman Safiullin, premier véritable baromètre de sa condition après plus de quatre mois sans simple officiel. Inflammation persistante, arrêt prolongé, pas d’opération mais une longue parenthèse loin du circuit en simple. Entre-temps, l’Espagnol de 23 ans a retouché la balle en double mixte aux côtés de Serena Williams, comme une mise en bouche avant le grand plongeon.

Tête de série numéro 2 malgré tout, Alcaraz reste protégé par le classement. Le tableau, lui, ne fera aucun cadeau si le poignet rechigne. Les questions ne tourneront pas autour de son talent, mais de sa capacité à enchaîner, à frapper fort, encore et encore, pendant deux semaines.

Djokovic en chasse du 25e

Sur l’autre moitié du tableau, l’histoire est différente mais tout aussi lourde. Novak Djokovic repart à la conquête d’un 25e titre du Grand Chelem en simple, un record absolu qu’il poursuit depuis des années et qu’il veut désormais pour lui seul.

Son entrée se fera face à l’Argentin Mariano Navone. Sur le papier, un démarrage abordable. Mais la suite se corse immédiatement : au deuxième tour, le Serbe de 39 ans pourrait croiser Matteo Berrettini, battu par Djokovic en finale de Wimbledon 2021, ou Stan Wawrinka, triple vainqueur en Grand Chelem.

Pour Wawrinka, ce US Open a des allures d’ultime tournée. Le Suisse a reçu une invitation tardive pour ce qui sera le dernier Majeur de sa carrière. Un possible Djokovic–Wawrinka au deuxième tour, c’est une affiche chargée de souvenirs, de finales épiques, de coups droits décroisés qui ont marqué une époque. Cette fois, ce serait aussi un adieu.

Zverev en patron du tableau

Devant tout le monde au classement, Alexander Zverev arrive à New York dans un costume inhabituel : celui de tête de série numéro 1. Son sacre à Roland-Garros en juin a enfin mis fin à son attente en Grand Chelem, et le voilà désormais en quête d’un deuxième titre majeur.

L’Allemand commencera contre l’Italien Lorenzo Sonego. Un premier tour piégeux, mais à la hauteur de ses nouvelles ambitions. Si Zverev est en haut de l’affiche, c’est aussi parce que Jannik Sinner a dû renoncer. Le retrait de l’Italien, touché au genou, a rebattu les cartes et laissé le sommet du tableau au champion de Paris.

Sabalenka sous la menace Rybakina

Chez les femmes, Aryna Sabalenka revient en patronne. Tenante du titre, numéro un mondiale depuis 97 semaines, elle ouvrira sa défense face à la Colombienne Camila Osorio. Son statut est clair, son jeu reste l’un des plus intimidants du circuit. Mais la marge n’est pas immense.

Derrière, Elena Rybakina rôde. La championne de l’Open d’Australie, toujours plus régulière sur dur, a été tirée au sort face à la jeune Américaine Thea Frodin, invitée par les organisateurs. Un premier tour qui devrait lui permettre de se mettre en route, avec en ligne de mire la place de numéro un et un titre à New York qui manque encore à son palmarès.

Venus Williams, le temps qui passe

Et puis il y a le symbole. Venus Williams, 46 ans, deux fois titrée à New York, toujours là, toujours invitée. Le bilan de sa saison est brutal : dix matches, dix défaites. Mais son nom reste indissociable de ce tournoi, de cette ville, de cette surface.

Elle débutera face à Sofia Kenin, la lauréate de l’Open d’Australie 2020. Une affiche qui dit tout de la transition entre générations, entre une pionnière et une championne déjà bousculée par la nouvelle vague. Venus n’a plus de repères comptables à défendre, seulement une histoire à prolonger encore un peu.

Arthur Fery, nouvelle tête d’affiche britannique

Côté britannique, les regards se tournent vers un nouveau visage. Arthur Fery, révélation inattendue de Wimbledon avec une demi-finale qui a changé sa vie, va découvrir le US Open dans la peau d’un joueur du top 40 mondial.

À 24 ans, il a manqué de peu une place de tête de série. Le tirage ne lui a pas fait de cadeau : Lorenzo Musetti, 13e tête de série et quart de finaliste ici l’an passé, l’attend au premier tour. Un baptême new-yorkais brutal, mais à la hauteur de ses nouvelles responsabilités.

Fery, désormais 37e mondial, porte quasiment à lui seul les espoirs britanniques. Jack Draper, demi-finaliste en 2024, a renoncé la semaine dernière à cause d’une blessure au bras qui s’éternise. Emma Raducanu, sacrée ici en 2021, est toujours écartée par une fracture du tibia qui l’a déjà privée de Wimbledon.

Norrie, Choinski et un contingent clairsemé

Dans ce contexte, Cameron Norrie a réussi à se glisser parmi les têtes de série. Numéro un britannique, il sera 29e au tableau et commencera contre le Français Luca van Assche. Un match à sa portée, mais Norrie sait que le moindre faux pas pèserait lourd pour une nation déjà amputée de deux de ses figures majeures.

Jan Choinski complète le contingent masculin. À 30 ans, il vient tout juste d’entrer pour la première fois dans le top 100. Une récompense tardive, qui lui offre une place dans le tableau principal à New York et une opportunité unique de se mesurer à l’élite sur la grande scène.

Entre le poignet d’Alcaraz, la chasse historique de Djokovic, la montée en puissance de Zverev, la pression sur Sabalenka et le dernier tour de piste de Wawrinka et peut-être de Venus, ce US Open s’ouvre avec un parfum rare : celui des tournants de carrière. Reste à savoir qui, dans deux semaines, aura réussi à en faire un point d’appui plutôt qu’un point final.