Trabzonspor : Fatih Tekke reste après l'élimination en Ligue Europa
La claque est brutale. Jeudi soir, en Hongrie, Trabzonspor s’est effondré 4-0 face à Ferencvaros et a quitté la Ligue Europa par la petite porte, 5-0 sur l’ensemble du barrage. Une élimination sèche, sans appel, qui a fait exploser les nerfs d’un club pourtant gonflé d’ambition après un été spectaculaire sur le marché des transferts.
Dans la foulée de cette débâcle, Fatih Tekke a posé sa démission sur la table. Un geste fort, presque instinctif, de la part de l’entraîneur qui avait ramené Trabzonspor sur le podium de Süper Lig la saison passée.
Le club l’a refusée.
Une démission jugée « émotionnelle »
Au lendemain de l’élimination, la direction de Trabzonspor a tranché : Tekke reste en poste. Le club a expliqué que la décision de son entraîneur de 48 ans était née de « l’intense impact émotionnel » de cette sortie de route européenne. En clair, l’ex-attaquant emblématique a réagi à chaud, trop à chaud pour que la hiérarchie valide ce départ.
Ce refus n’efface rien de la gifle reçue en Hongrie, mais il envoie un message : malgré la tempête, Trabzonspor ne veut pas tout jeter à terre. Tekke, artisan de la troisième place la saison dernière, conserve la confiance de ses dirigeants. Pour l’instant, au moins.
De la Ligue Europa à la Conference League
L’échec face à Ferencvaros renvoie Trabzonspor à l’échelon inférieur. Le club disputera cette saison la Ligue Europa Conference, avec une phase de ligue à six adversaires à découvrir ce vendredi.
Ce n’était pas le plan initial pour une équipe qui s’est armée cet été pour regarder l’Europe droit dans les yeux. Mais le décor a changé : il faudra désormais reconstruire sa crédibilité continentale dans une compétition moins prestigieuse, mais où Trabzonspor n’aura aucune excuse.
Salah, Fabinho, Onana : un mercato XXL, une pression maximale
Car la Turquie a retenu son souffle cet été. Trabzonspor a frappé un grand coup en attirant Mohamed Salah, 34 ans, vainqueur de la Premier League, légende de Liverpool, troisième meilleur buteur de l’histoire des Reds derrière Ian Rush et Roger Hunt, avec 257 buts en 442 matchs depuis son arrivée en 2017 en provenance de Roma.
L’Égyptien a rompu d’un commun accord son contrat avec Liverpool la saison dernière, avant de surprendre l’Europe en choisissant Trabzonspor le mois dernier. Un choix fort, presque déroutant, pour un joueur de ce calibre.
Il n’est pas venu seul. Fabinho, autre champion de Premier League, a rejoint le projet. André Onana, gardien de Manchester United, est revenu au club en prêt. Sur le papier, l’effectif a pris une dimension européenne. Dans les faits, la première épreuve majeure a tourné au cauchemar.
Salah commence fort, le club trébuche
Le paradoxe est saisissant. Samedi dernier, quelques jours avant l’humiliation en Hongrie, Salah avait déjà commencé à écrire sa nouvelle histoire. Un doublé lors de la victoire 2-1 contre Istanbul Basaksehir, des automatismes qui naissent, un public déjà conquis. L’icône de Liverpool semblait avoir trouvé son point de chute, et Trabzonspor, son nouveau visage.
Puis est venue Ferencvaros. Un 4-0 sec, un barrage complètement manqué, une élimination qui fait tâche pour un club sept fois champion de Turquie et qui se rêve de nouveau au centre de la carte européenne.
Tekke reste, mais pour combien de temps ?
En refusant la démission de Fatih Tekke, Trabzonspor choisit la continuité dans la tourmente. Le message est clair : ce projet, bâti autour de stars au palmarès lourd, ne sera pas abandonné au premier déraillement, aussi spectaculaire soit-il.
Reste une question, brûlante : avec Salah déjà décisif, Fabinho et Onana dans le vestiaire, et une Conference League à jouer à fond, combien de temps le club pourra-t-il encore parler de « choc émotionnel » si les résultats ne suivent pas ?




