Tottenham accélère avec Savio : une victoire éclatante 5-0
Tottenham a pris son temps. Puis a appuyé sur l’accélérateur, d’un coup sec, juste avant la pause. En trois minutes, le match a basculé.
Sur la pelouse, tout semblait sous contrôle, presque trop calme, jusqu’à ce que Mikey Moore décide d’y mettre le feu. Le jeune talent a ouvert le score avec un geste de pur inspiration, mélange de puissance et de toucher, en se faufilant entre les défenseurs avant de conclure avec autorité. Le verrou était sauté, le doute envolé.
Charlton n’a même pas eu le temps de respirer. Dominic Solanke, déjà précieux dos au jeu depuis le début de la rencontre, s’est ensuite tourné dans la surface avec la sérénité d’un avant-centre en confiance et a doublé la mise juste avant la mi-temps. Deux buts en trois minutes, 2-0 à la pause, et la sensation très nette que Tottenham venait de prendre le contrôle définitif de la soirée.
Moore, Solanke, puis la vague
Le retour des vestiaires n’a fait que confirmer la tendance. Rodrigo Bentancur, après un début un peu brouillon, a pris la main au milieu, dictant le tempo pendant que Lucas Bergvall retrouvait de l’assurance ballon au pied. Tottenham s’est installé dans le camp adverse, a fait tourner, a usé.
À l’arrière, Jan Paul van Hecke a orchestré la relance avec une précision chirurgicale. Le défenseur néerlandais a raté à peine une poignée de passes sur près d’une centaine de tentatives, en cassant les lignes et en trouvant régulièrement le dernier tiers. À ses côtés, Ben Davies a géré sans trembler, solide dans les duels, propre dans ses interventions, tandis que Destiny Udogie empilait les minutes précieuses pour retrouver son tranchant physique et offensif.
Charlton, lui, a très peu existé dans les zones dangereuses. Archie Gray a beaucoup couru, souvent bien placé pour accompagner Moore, mais ses centres et dernières passes n’ont pas suivi. Et chaque fois que les visiteurs semblaient pouvoir s’installer, Tottenham reprenait la balle et la main.
L’instant Danso, puis le show Savio
Le tournant du second acte est venu d’un ballon arrêté. Kevin Danso venait tout juste de poser le pied sur la pelouse. Premier ballon, premier impact : un coup de tête imparable sur un coup franc subtilement déposé par Mateus Fernandes. Entrée, but, et un coup reçu à la tête pour compléter le tableau. Le défenseur pouvait sourire, même si l’idée de laisser filer le clean sheet le laissera sans doute amer.
Ce 3-0 aurait pu suffire. Il a surtout ouvert la porte au spectacle.
Savio, le transfert à 85 millions de livres, est entré sous une ovation. Le public attendait un signe. Il l’a eu très vite. Le Brésilien a récupéré le ballon à l’entrée de la surface, s’est ouvert un angle et a décoché une frappe sèche, tendue, au ras du sol. Premier but sous le maillot de Tottenham, célébré comme une promesse.
La pression ne s’est pas arrêtée là. Toujours aussi remuant, Savio a pris sa chance une nouvelle fois. Sa frappe a été déviée par Ben Davies, surpris de voir le ballon heurter sa jambe avant de terminer au fond. Le but lui sera statistiquement attribué, mais personne n’a été dupe : l’action, l’intention, l’impact, tout venait du Brésilien. Tottenham menait alors 5-0, et le stade savourait.
Des certitudes qui se dessinent
Dans ce festival offensif, certains regrets subsistent. Mathys Tel a multiplié les appels, les prises de balle, les tentatives, sans parvenir à trouver le chemin des filets. Actif, dangereux par séquences, mais en décalage avec la réussite collective du soir. Le genre de match qui laisse un léger goût d’inachevé pour un attaquant.
Pedro Porro, lui, a rappelé en quelques minutes ce qu’il apporte à cette équipe : largeur, qualité de centre, menace constante sur son côté. De Zerbi sait qu’il tient là un atout qui change le visage de son équipe quand il est disponible.
Dans les buts, Antonin Kinsky a signé deux arrêts importants, un par mi-temps, longtemps sur la bonne voie pour repartir avec une feuille propre. La réduction du score de Jones en fin de rencontre l’a privé de ce petit bonus personnel, et a aussi contrarié Danso, qui espérait verrouiller la soirée derrière.
Reste une évidence : Tottenham a déroulé, sans jamais vraiment trembler. Moore a confirmé qu’il pouvait être le détonateur offensif de cette équipe. Solanke s’est posé un peu plus comme l’option numéro un en pointe dès qu’il sera à 100 %. Mateus Fernandes a montré, sur sa première titularisation, qu’il savait casser les lignes et offrir des ballons décisifs. Et Savio a déjà donné un avant-goût du rôle qu’il peut jouer dans cette saison.
Une question s’impose désormais : si Tottenham affiche un tel niveau alors que certains cadres ne sont pas encore à leur pic de forme, à quoi ressemblera cette équipe lorsque tout le monde sera lancé à plein régime ?




