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Team USA : Une dynastie face à son examen le plus rude

À Berlin, Team USA arrive en chasseuse, pas en championne rassasiée.

Le 4 septembre, la capitale allemande devient le centre du monde pour le basket féminin avec le début de la Coupe du monde FIBA 2026. Seize équipes, un plateau élargi par rapport à 2022, mais un décor familier : toutes savent que, pour être sacrées, il faudra renverser les Américaines.

Une dynastie face à son examen le plus rude

Neuf titres sur les douze dernières éditions. Quatre sacres consécutifs. La domination de Team USA sur la Coupe du monde FIBA tient presque de l’habitude. Mais Kara Lawson refuse d’y voir une rente.

Elle le répète : le reste du monde a accéléré. Vite. Très vite.

En tant que coach universitaire, elle voit les vagues arriver de loin, celles des adolescentes qui s’illustrent déjà dans les compétitions FIBA. Des effectifs plus denses, des joueuses majeures partout, des sélections capables d’aligner plusieurs talents de très haut niveau. Pour Lawson, le constat est clair : cette édition sera « la plus difficile à gagner » pour les États-Unis.

Et c’est exactement ce qu’elle veut. Un Mondial doit être dur. Il doit faire mal aux jambes, aux têtes, aux certitudes. C’est la meilleure équipe du monde qu’on vient chercher, pas un trophée d’exposition. L’objectif, lui, ne change pas : gagner. Encore. Mais en sachant que, cette fois, la marge de manœuvre sera plus fine.

Caitlin Clark, l’arme de rupture

Dans cette quête, un nom attire toutes les lumières : Caitlin Clark.

Lawson l’a suivie de près cet été avec Indiana. Elle insiste sur un point : la meneuse arrive concentrée, déjà en rythme. Et surtout, elle apporte quelque chose que peu de joueuses au monde maîtrisent à ce niveau : la capacité de faire basculer un match en quelques possessions.

Clark impose un tempo, étire les défenses, déclenche de loin, crée pour les autres. Elle change la géométrie d’un parquet dès qu’elle franchit la ligne médiane. Son simple placement ouvre des espaces. Son adresse oblige les défenses à choisir leur poison.

Reste une inconnue : comment les défenses FIBA vont-elles la traiter pour sa première grande compétition internationale ? Sera-t-elle ciblée comme en WNBA, prise à deux dès le milieu de terrain, ou les schémas seront-ils différents ? Lawson le reconnaît : le staff est encore en phase d’observation sur ce point. Mais une chose ne fait aucun doute dans son discours : Clark devra peser sur chaque rencontre.

Elle ne sera pas seule à découvrir ce niveau. Angel Reese, Paige Bueckers, Kiki Iriafen, Sonia Citron : une nouvelle génération débarque en bloc, prête à se frotter aux meilleures du monde. Le futur du basket américain féminin se dévoile à Berlin, ballon en main.

Sans A’ja Wilson ni Kelsey Plum, mais sans état d’âme

Ce Mondial se jouera sans deux piliers récents de la sélection : A’ja Wilson et Kelsey Plum. Lawson n’a pas cherché à s’appesantir sur les absences. Elle n’a pas de calendrier précis pour un échange avec Wilson, elle souligne simplement qu’elles manqueront au groupe et leur souhaite un prompt rétablissement.

Puis elle referme le dossier. Pas de place pour les regrets.

Le message est limpide : le staff se concentre sur celles qui sont là. Sur la chimie à construire, sur les automatismes à trouver, sur l’identité collective à affirmer. Dans un tournoi court, où chaque possession compte, la cohésion se fabrique vite ou ne se fabrique pas.

Un premier entraînement tout en retenue

Sur le parquet berlinois, le premier contact entre Lawson et son groupe version Mondial s’est fait en douceur. Séance légère, « un petit coup de sueur » et quelques systèmes installés. Rien de spectaculaire, mais un début de mise en place. Le gros du travail arrive dès le lendemain.

Derrière ce rythme mesuré, une idée : garder de la fraîcheur pour la compétition tout en posant les fondations d’un basket exigeant. Le tournoi s’annonce dense, le calendrier serré, les temps morts psychologiques inexistants. La marge d’erreur, elle, se réduit à vue d’œil face à des nations de plus en plus armées.

Kara Lawson, de la médaille d’or au banc

Si Lawson parle avec autant de poids de ce maillot, c’est qu’elle l’a porté au plus haut niveau. En 2008, elle guidait déjà Team USA vers l’or contre l’Australie, avec une finale parfaite : 15 points, un 5 sur 5 au tir, de l’impact des deux côtés du terrain. Elle sait ce que signifie répondre présent dans un match pour un titre mondial.

Depuis 2020, elle a façonné Duke au sommet de l’ACC, enchaînant deux titres de conférence et deux participations consécutives à l’Elite Eight. La progression est nette, la patte est visible : rigueur, intensité, ambition.

Prendre les rênes de la sélection nationale, pour elle, n’est pas un simple poste. C’est une continuité. Une responsabilité héritée de toutes celles qui ont écrit l’histoire avant elle. Elle parle de fierté, de légendes à honorer, de pays à représenter. Elle sait surtout qu’au bout du compte, dans quelques jours, tout se jugera sur 40 minutes, sur des choix, sur des nerfs.

Berlin n’attend que ça : voir si cette nouvelle version de Team USA, rajeunie, privée de quelques cadres mais portée par une coach qui connaît le chemin de l’or, saura encore tenir le monde à distance. Ou si, cette fois, la planète basket a vraiment rattrapé la reine.