Song Yadong fait taire Umar Nurmagomedov et vise le titre
À Shanghai, Song Yadong fait taire le nom Nurmagomedov et frappe à la porte du titre
Dans une arène acquise à l’Asie mais figée de stupeur au moment du dénouement, Song Yadong a signé le genre de victoire qui change une carrière. Le Chinois a éteint Umar Nurmagomedov par KO, un uppercut foudroyant à 1’48 du deuxième round, en tête d’affiche de l’UFC Fight Night 286 à Shanghai.
Face à un membre du clan Nurmagomedov, invaincu jusque-là à l’UFC en poids coq et présenté comme un futur champion, Song n’a pas seulement gagné. Il a brisé un aura.
Song Yadong renverse le scénario
Le premier round avait pourtant installé le décor attendu. Umar Nurmagomedov contrôle la distance, tourne à l’extérieur, se méfie de la puissance du Chinois. Il choisit ses entrées, trouve un timing sur un low kick pour amener Song au sol, s’extirpe sans panique d’une tentative de guillotine et finit le round en demi-garde, à gratter des points.
Les juges officieux donnent logiquement le premier round au Daghestanais : 10-9 Nurmagomedov.
Le deuxième acte démarre sur la même partition. Jab, low kick, Umar dicte le rythme, touche, tire et se remet à l’abri. Song avance, mais sans se jeter. Les deux hommes se répondent en leg kicks, puis Nurmagomedov déclenche un nouveau shoot. Cette fois, la défense est parfaite : Song lit la tentative, repousse le takedown. Premier signal fort.
Umar enchaîne avec une combinaison propre, Song répond par un crochet du droit. Le ton monte. Et soudain, tout bascule. Sur un échange au centre, le Chinois trouve l’ouverture et déclenche une droite monstrueuse en uppercut. Nurmagomedov s’écroule, inconscient. KO net. Silence brutal, puis explosion dans la salle.
Avec ce succès, Song Yadong grimpe à 24-9-1 en MMA (13-4-1 à l’UFC). Surtout, il ajoute à son CV le nom le plus prestigieux de sa carrière et réclame dans la foulée un combat pour le titre des poids coq. Difficile de l’ignorer après un tel arrêt.
En face, Umar Nurmagomedov encaisse sa deuxième défaite en carrière (20-2, 8-2 à l’UFC) et voit sa route vers la ceinture se compliquer. Il avait gagné la bataille tactique, il a perdu la guerre sur un seul coup.
Denise Gomes glace Shanghai
Un peu plus tôt dans la soirée, Denise Gomes a offert l’un des highlights de la nuit. Opposée à Yan Xiaonan en poids paille, la Brésilienne a signé un TKO spectaculaire à 4’49 du premier round.
Le début de combat est prudent. Yan touche du droit, travaille la jambe, place un beau un-deux. Gomes répond en low kicks, les deux se jaugeant à distance. Puis la rencontre se transforme en échange sauvage, chacune balançant des crochets lourds sans trouver tout de suite la cible propre.
Yan semble prendre l’ascendant à la précision, mais Gomes reste dangereuse. Une première grosse droite secoue la Chinoise, qui paraît se remettre. Elle tente de repartir, touche, varie avec un side kick. Mais la Brésilienne, patiente, attend son moment.
Il arrive sur une droite pleine face. Yan s’effondre, éteinte. L’arbitre intervient, TKO. Gomes passe à 13-3 (7-2 UFC) et s’offre une victoire qui fera le tour des réseaux. Yan Xiaonan recule à 19-6 (9-5 UFC), stoppée net à domicile.
Kai Asakura, travail au corps puis déferlante
Chez les bantamweights, Kai Asakura a d’abord joué les chirurgiens avant de se transformer en finisseur impitoyable face à Aori Qileng. Victoire par TKO au deuxième round, après seulement 34 secondes.
Le premier round s’ouvre sur une longue phase d’observation. Aoriqileng avance, presse, mais les deux hommes déclenchent peu. Asakura choisit alors une cible : le corps. Crochet au foie, puis un deuxième, puis une combinaison qui fait reculer le Mongol. Il contrôle la fin de reprise au clinch contre la cage, sans dégâts majeurs, mais avec la sensation d’avoir trouvé une faille.
Les observateurs lui donnent logiquement le round : 10-9 Asakura.
Le second commence et la retenue disparaît. Asakura envoie un high kick qui claque sur la tête d’Aoriqileng. Ce dernier est sonné, tombe. Le Japonais se jette, genou au corps, rafale de coups. L’arbitre stoppe les débats.
Asakura, désormais à 23-6 (2-2 UFC), s’offre un TKO limpide et appelle déjà des adversaires classés. Aoriqileng, lui, glisse à 26-14 (4-6 UFC) après un nouveau revers.
Su Mudaerji résiste à la lutte d’Alex Perez
En poids mouche, Su Mudaerji a remporté une décision unanime méritée contre Alex Perez (29-28 sur les trois cartes). Un combat en deux styles, entre la mobilité et les low kicks du Chinois et la lutte insistante de l’Américain.
Dès le premier round, Mudaerji impose sa distance. Jabs longs, coups de pied au corps, surtout des low kicks qui fouettent la jambe de Perez. L’ancien challenger au titre tente de répondre en boxe, mais se fait régulièrement couper dans ses entrées. Il finit par obtenir un takedown, que Mudaerji transforme aussitôt en tentative de guillotine. Perez s’en sort, contrôle, mais n’inflige que peu de dégâts.
Les observateurs donnent le premier à Mudaerji : 10-9.
Le deuxième acte tourne en faveur de Perez. Mudaerji reste fidèle à son plan, kicks et jabs, mais cette fois l’Américain trouve plus vite les entrées en lutte. Premier takedown, pression contre la cage, Mudaerji se relève, se fait redraguer au sol. Perez travaille en garde, frappe court, contrôle le temps. Pas de séquence spectaculaire, mais une domination claire au grappling.
10-9 Perez, tout se jouera dans le troisième.
La dernière reprise ressemble à un bras de fer stratégique. Mudaerji repart fort en low kicks, bouge, pique puis sort de la distance. Perez le colle à la cage, contrôle sans beaucoup frapper. Le public gronde. Puis le Chinois renverse la position d’une belle rotation, prend à son tour le contrôle contre la cage, ressort, enchaîne une combinaison rapide.
Perez insiste encore en clinch, mais ne parvient pas à imposer une séquence décisive. La cloche sonne, les juges tranchent : 29-28 Mudaerji pour Ben Cartlidge, Vito Paolillo et Clemens Werner. Le Chinois passe à 20-7 (7-4 UFC), Perez tombe à 26-11 (8-7 UFC) et voit son statut de vétéran du top se fragiliser.
Liu Ce, coup de tonnerre chez les lourds-légers
Pour son premier combat à l’UFC, Liu Ce n’a pas traîné. Le Chinois a couché Levi Rodrigues Jr. d’un énorme direct au premier round, à 4’26, après avoir méthodiquement détruit sa jambe.
Dès le départ, Liu mitraille en low kicks. Rodrigues répond, avance, tente quelques swings lourds qui frôlent la cible. Liu reste lucide, varie avec un middle kick au corps, revient sur la jambe. Un de ses low kicks fait plier Rodrigues. Le Brésilien tente de transformer une saisie de jambe en takedown, échoue mais colle son adversaire à la cage.
Liu s’en dégage, repart en boxe. Jab propre, puis un crochet qui fait vaciller Rodrigues. La suite est un chaos contrôlé : Rodrigues titube, recule, tente encore de répondre. Liu le suit, le harcèle, puis trouve le coup parfait. Une droite qui l’endort net. KO spectaculaire.
Liu grimpe à 4-1 (1-0 UFC), Rodrigues Jr. recule à 5-2 (0-2 UFC).
Bilal Hasan, domination puis sniper
Chez les mouches, Bilal Hasan a confirmé un début de carrière sans faute en passant à 10-0 (1-0 UFC) grâce à un KO au deuxième round sur Nilson Rojas.
Le premier round est à sens unique. Hasan avance, découpe la jambe de Rojas, manque de peu deux high kicks, puis trouve une lourde droite qui force le Colombien à reculer. Un front kick au corps le plie, Hasan en rajoute avec un head kick, mais Rojas encaisse tout. Le nez en sang, il subit encore un takedown facile, des frappes au sol, puis un genou à la tête en se relevant. Rojas finit la reprise debout, mais marqué.
Les observateurs lui donnent un 10-9 Hasan sans discussion.
Le deuxième round raconte une autre histoire pendant deux minutes. Rojas refuse de disparaître. Il avance, place un push kick qui fait tomber Hasan, le touche au jab, travaille au corps. Hasan semble ralentir, Rojas enchaîne un crochet du gauche, une combinaison. On commence à se demander si le favori ne va pas payer son rythme.
La réponse arrive d’une seule main. Hasan déclenche un énorme coup qui coupe Rojas net. Le Colombien s’écroule, le combat est terminé à 2’28 du round. Hasan reste invaincu, Rojas encaisse sa première défaite (9-1, 0-1 UFC).
Andre Lima, le guillotineur patient
Autre mouche en pleine ascension, Andre Lima a ajouté une victoire par soumission à sa collection en étranglant Namsrai Batbayar par guillotine montée au troisième round (3’03).
Lima a pris les commandes dès la première reprise. Pressing constant, jabs propres, low kicks lourds. Batbayar bouge beaucoup, lance des swings amples mais rarement précis. Un crochet gauche touche toutefois le Brésilien, qui doit composer avec la mobilité déroutante de son adversaire. Les juges officieux lui attribuent néanmoins le round : 10-9 Lima.
Le deuxième round voit Batbayar réagir. Il trouve enfin quelques gros crochets, ouvre une coupure à l’œil droit de Lima. Le Brésilien reste calme, répond en contre, continue de hacher la jambe avec des low kicks, ajoute un body kick, manque de peu un high kick. Batbayar, lui, balance toujours large, souvent dans le vide.
Lima garde la main sur le striking, encore 10-9 pour lui.
Le troisième round ressemble à une lente dissection. Lima avance, pique au jab, casse la base avec ses low kicks. Batbayar n’a plus de réponses, se contente de swings désespérés. Puis survient le tournant : Batbayar glisse. Lima se jette sur son cou, verrouille une guillotine, passe immédiatement en montée. L’étranglement est profond, Batbayar roule sur le dos, coincé. Il finit par taper.
Lima passe à 12-1 (5-1 UFC), Batbayar à 10-2 (0-1 UFC).
Rei Tsuruya, démonstration au sol
Toujours chez les mouches, Rei Tsuruya a étouffé Kevin Borjas du début à la fin avant de conclure par un étranglement arrière au premier round, à 4’14.
Dès la cloche, Tsuruya plonge dans les jambes. Borjas défend une première tentative, mais se retrouve collé à la cage. Le Japonais insiste, obtient le takedown, s’installe en demi-garde avec plus de quatre minutes au chrono.
De là, il déroule. Coups au corps, coudes lourds, ground-and-pound méthodique. Borjas récupère la garde, mais se fait encore marteler. Tsuruya passe dans le dos, installe le body triangle, glisse le bras sous le menton. Le rear-naked choke est propre, Borjas tape.
Tsuruya grimpe à 12-1 (3-1 UFC), Borjas tombe à 11-6 (2-5 UFC).
Woodson – Jenkins, duel de styles et décision serrée
En poids plume, Sean Woodson a arraché une victoire partagée face à Jack Jenkins (29-28, 28-29, 29-28) dans un combat où la précision du premier a longtemps répondu à la pression du second.
Le premier round met en lumière l’avantage de taille et de portée de Woodson. Jenkins tente de casser la distance avec des low kicks, mais se fait cueillir en contre. Woodson varie : jabs, crochets, combinaisons, body kick, puis une droite propre qui force l’Australien à reculer. Les observateurs lui donnent logiquement le round.
Le deuxième bascule. Jenkins ferme mieux la distance, colle Woodson à la cage, le touche en sortie de clinch. Sur un kick manqué, il glisse et se retrouve au sol, Woodson passant en contrôle latéral et cherchant un D’Arce choke. Jenkins renverse la position, prend le dos, travaille pour un étranglement arrière. Woodson survit, se relève, finit même à presser contre la cage, mais le round penche pour Jenkins : 10-9.
La dernière reprise devient un combat de volonté. Woodson trouve les premières touches, jab, combinaisons rapides. Jenkins répond en clinch, enchaîne en sortie, revient coller l’Américain à la cage, multiplie les tentatives de takedown. Woodson défend bien, frappe court, place des coudes. À la cloche, les deux peuvent croire à la victoire.
Les juges tranchent en faveur de Woodson, qui passe à 14-2-1 (8-2-1 UFC). Jenkins recule à 14-5 (4-3 UFC).
Francesco Nuzzi, fin expresse
Chez les bantams, Francesco Nuzzi n’a eu besoin que d’une minute pour plier Xiao Long par TKO.
Le Chinois ouvre le bal par un genou sauté spectaculaire mais manqué. Nuzzi répond au corps, puis un doigt dans l’œil vient interrompre brièvement le combat. Après la reprise, l’Italien déclenche. Un coup puissant secoue Long, qui tombe. Nuzzi se rue, arrose, l’arbitre arrête.
Nuzzi démarre son aventure UFC en 12-2 (1-0 UFC), Long glisse à 27-12 (1-3 UFC).
Hector Santiago, entrée fracassante
Autre début remarqué : celui d’Hector Santiago. Le bantamweight a dominé Lawrence Lui avant de le finir par KO au deuxième round (0’53).
Le premier round tourne à la leçon debout. Santiago presse, trouve le jab, les hooks, refuse de respecter la puissance de Lui. Il défend un takedown, découpe l’œil droit de son adversaire, impose son rythme. 10-9 clair sur les cartes officieuses.
Le deuxième commence comme le premier s’est terminé. Santiago envoie un un-deux, Lui tente de réagir avec une droite qui touche. Mais le Brésilien monte encore d’un cran, se fait agressif, connecte lourd. Lui s’écroule, Santiago termine au sol, l’arbitre s’interpose.
Santiago passe à 7-1 (1-0 UFC), Lui à 8-2 (0-1 UFC).
Julia Polastri, head kick glaçant
En strawweight, Julia Polastri a signé l’un des KOs les plus violents de la soirée face à Xiong Jing Nan, sur un high kick à 3’06 du premier round.
Le combat démarre avec Polastri qui avance et Jing Nan qui contre proprement. La Chinoise trouve un body kick, un jab, un low kick, puis un un-deux, un crochet au corps. Elle semble prendre le dessus.
Polastri réplique en clinch, envoie des genoux au corps et au menton. Jing Nan commence à encaisser, puis le coup fatal arrive : un head kick plein visage. Jing Nan tombe raide, éteinte.
Polastri grimpe à 15-6 (3-3 UFC), Jing Nan chute à 19-4 (0-2 UFC).
Cam Nelson résiste au retour de Ding Meng
Chez les welters, Cam Nelson a résisté à un dernier round compliqué pour s’imposer par décision unanime contre Ding Meng (29-28 sur les trois cartes).
Premier round : Nelson prend le centre, découpe la jambe, obtient un takedown dans la dernière minute, puis lâche de gros coups en demi-garde. Ding a touché d’un direct du gauche en début de reprise, mais la fin est à l’avantage de l’Américain. 10-9 Nelson.
Le deuxième voit Ding se montrer plus agressif debout. Il touche d’un crochet, force Nelson à tirer pour un takedown. Nelson le met au sol, travaille depuis la garde, passe en demi-garde, cherche un arm-triangle, puis prend la montée en fin de round pour frapper.
Encore un 10-9 Nelson sur la plupart des cartes.
Mené 0-2, Ding sort pour le troisième avec urgence. Il avance, vise le corps, touche. Nelson le colle à la cage, se fait renverser, encaisse un coude, une droite. Le Chinois prend l’ascendant, défend plusieurs tentatives de takedown, avant que Nelson n’arrache finalement une projection et finisse en side control.
Les observateurs donnent le round à Ding, mais la décision globale revient à Nelson : 29-28 pour Paul Barton, Ben Cartlidge et Clemens Werner. Nelson passe à 8-1 (1-0 UFC), Ding recule à 35-11 (0-2 UFC).
Shanghai aura donc été le théâtre d’une nuit de chaos contrôlé, de high kicks assassins, de guillotines serrées et de prospects qui frappent fort à la porte du gratin. Après un tel uppercut sur Umar Nurmagomedov, une question brûle désormais les lèvres : combien de temps encore avant que Song Yadong ne se retrouve face à la ceinture des poids coq ?




