Sean Sharaf choque l'UFC 331 en 12 secondes
Sean Sharaf a fait exploser l’Octagon et les pronostics en douze secondes. Douze. C’est le temps qu’il lui a fallu pour coucher Gable Steveson, champion olympique de lutte et visage annoncé du futur de l’UFC, et signer l’un des plus grands séismes de l’histoire de l’organisation.
Face à lui, Steveson arrivait avec l’aura du phénomène. Dominateur à l’université, champion olympique, invaincu en quatre combats professionnels. Les bookmakers ne laissaient aucune place au doute : énorme favori, coté à 1,06, là où Sharaf était relégué au rang de mirage, proposé à 12. On parlait d’une formalité. On a assisté à un choc.
Le gong retentit, les deux hommes sortent de leur coin, la salle encore en train de se poser. Et tout bascule en un éclair. Sharaf déclenche un crochet du gauche sec, brutal, chirurgical. Steveson s’écroule, raide, figé sur le dos. Le temps se suspend. L’ancien Marine se jette pour conclure, mais l’arbitre intervient immédiatement. C’est terminé avant même que le combat n’ait vraiment commencé.
Au micro, Jon Anik lâche, incrédule, que c’est « le stunner des stunners ». Joe Rogan, choqué par l’impact, décrit la tête de Steveson qui « part en arrière » avant de constater qu’il est « complètement éteint ». Daniel Cormier, lui, parle d’une scène « dure à regarder ». L’hyperbole autour du prodige olympique vient de s’évaporer en quelques secondes, balayée par un crochet venu de nulle part.
Sharaf, 26 ans, explose, submergé par l’émotion. L’ancien Marine hurle sa vérité dans l’Octagon, revendique sa foi en lui-même quand personne ne le voyait à ce niveau, raconte son travail, ses prières, sa conviction intime. Il ne vient pas de battre un simple prospect, il vient de renverser une affiche construite pour l’autre.
Steveson, lui, finit par se relever et quitte la cage sur ses jambes, signe rassurant après un tel KO. Mais l’image qui restera, c’est celle de ce colosse tant annoncé comme intouchable, gisant au sol alors que le monde du MMA se demande déjà comment il va réagir à ce premier naufrage.
UFC 331 : Autres combats marquants
La soirée de l’UFC 331 ne s’est pas arrêtée là dans la violence des conclusions expéditives. Sur la carte principale, Patricio Pitbull a rappelé pourquoi il est l’un des vétérans les plus respectés du circuit. Face à Doo Hoo Choi, le Brésilien a imposé sa loi, dominant et finissant son adversaire par un nouveau KO au premier round, comme pour entretenir le fil rouge de la nuit : pas de temps à perdre.
Puis est venu le co-main event. Arman Tsarukyan, déjà considéré comme un sérieux prétendant chez les légers, devait confirmer face au cogneur Mauricio Ruffy. Il ne s’est pas contenté de gérer. Il a marqué les esprits.
Dès l’entame, Tsarukyan impose son grappling, contrôle les échanges au sol, dicte le rythme. Il encaisse pourtant un coup précoce qui lui laisse une enflure inquiétante sous l’œil. Le combat pourrait tourner, la puissance de Ruffy reste une menace permanente. Mais le prétendant au titre ne lâche pas le volant.
Les secondes s’égrènent dans ce premier round quand Tsarukyan décide de couper court au suspense. À quelques instants de la sirène, il envoie un coude monstrueux. Ruffy s’écroule, lumière éteinte. KO net, sans appel. Rogan, encore une fois, cherche les mots et lâche que le Brésilien a été envoyé « dans un autre monde », admiratif devant la précision et la violence du geste.
En une soirée, l’UFC 331 a livré ce que le sport produit de plus brut : la chute vertigineuse d’un favori annoncé, la renaissance d’un vétéran qui refuse de s’effacer, et la confirmation glaciale d’un prétendant qui frappe déjà à la porte du titre.
La question plane désormais : comment Gable Steveson va-t-il se relever de ce genre de réveil, et qui osera encore sous-estimer Sean Sharaf après un tel coup de tonnerre ?




