Saim Ayub offre une victoire décisive aux Jamaica Kingsmen
Saim Ayub signe un chef‑d’œuvre et offre un souffle d’air aux Jamaica Kingsmen
À Basseterre, la pluie a retardé le spectacle, mais elle n’a pas pu éteindre la soirée de Saim Ayub. Un premier siècle en T20, des tribunes debout et, au bout du suspense, une victoire de 11 points des Jamaica Kingsmen sur les St Kitts and Nevis Patriots. Un match qui aurait dû être plié bien plus tôt, mais que Dasun Shanaka a failli retourner à lui seul dans un dernier over irrespirable.
Naseem et Hasaranga font vaciller les Kingsmen
Les Kingsmen choisissent de frapper en second. Mauvais calcul, pense‑t‑on vite. Naseem Shah ouvre la balle et arrache les deux ouvreurs pour presque rien. Ligne tendue, longueur parfaite, rythme agressif : les stumps reculent, la confiance aussi.
Une tentative de reconstruction se met en place. Saim Ayub et Kirk McKenzie grattent un partenariat de 31 points, rien de spectaculaire, mais assez pour calmer l’hémorragie. Le répit ne dure pas. Wanindu Hasaranga entre en scène juste après le Powerplay, casse la liaison en éliminant McKenzie, et renvoie les Kingsmen dans le doute.
Deux overs plus tard, Usman Khan croit relancer l’affaire. Hasaranga, encore lui, s’envole pour une prise brillante et laisse le tableau d’affichage afficher un inquiétant 63 pour 4. À ce moment‑là, les Kingsmen sont dans le dur. Un total compétitif paraît loin.
L’ouragan Ayub
Le match bascule au 14e over. Saim Ayub décide que ça suffit. Face à Waqar Salamkheil, il déclenche une séquence qui change tout : 21 points arrachés, des frappes nettes, un tempo soudain différent. Il atteint son cinquantième point d’un coup de six au‑delà du deep mid‑wicket, puis en ajoute deux autres dans le même over. Le ton est donné.
Les digues cèdent. Les deux overs suivants rapportent 11 puis 12 points, les Patriots reculent, le plan de jeu vole en éclats. Rovman Powell se joint à la fête, la rotation du strike est fluide, les frappes longues se multiplient. Hasaranga revient pour stopper l’hémorragie et parvient à briser un partenariat de 71 points en sortant Powell au 17e over. Soulagement provisoire.
Ayub, lui, ne lève pas le pied. Il gère le risque, choisit ses moments, puis frappe de nouveau au 19e over : un nouveau six, cette fois pour sceller son tout premier siècle en T20. Un jalon personnel majeur, signé dans un contexte de crise pour son équipe. Ironie du sort, il tombe sur la balle suivante, mais le travail est fait. Portés par cette accélération finale, les Kingsmen bouclent leur manche sur 182 pour 7, avec 42 points inscrits dans les trois derniers overs. De quoi transformer un départ chaotique en total intimidant.
Une poursuite freinée d’entrée
Une averse vive s’invite et retarde la réponse des Patriots. Quand la chasse commence enfin, elle tourne très vite au casse‑tête. Le Powerplay est un cauchemar : trois guichets envolés pour seulement 42 points. Le top order s’effrite, la pression grimpe, et les Kingsmen exploitent chaque erreur avec un bowling discipliné, sans fioritures.
La situation ne s’éclaircit pas après la fin des restrictions de champ. Les Patriots restent englués, incapables de trouver le moindre surcroît de rythme. Quand Mikyle Louis tombe au 11e over, le tableau affiche 64 pour 4. Le public comprend : il faudra un miracle.
Fletcher rallume la mèche, puis s’éteint
Andre Fletcher tente alors de réécrire l’histoire. Il trouve enfin les intervalles, enchaîne les limites, impose un tempo que personne n’avait encore réussi à installer côté Patriots. Son cinquantième point tombe au 14e over, comme une promesse tardive.
Mais la promesse ne tient pas. Deux overs plus tard, Fletcher cède, offrant une prise à… Saim Ayub. Le héros de la première manche s’illustre aussi dans le champ, et les Patriots perdent leur homme en forme au pire moment.
À ce stade, l’équation devient presque absurde : 64 points à marquer sur les trois derniers overs. Mission impossible, en théorie. Jason Holder et Dasun Shanaka refusent pourtant de s’avouer vaincus.
Le baroud d’honneur de Shanaka, Hunain Shah puis Odean Smith ferment la porte
Holder et Shanaka déclenchent une riposte spectaculaire. Un over à 24 points relance soudain la rencontre, fait monter le volume dans le stade et réveille un banc des Patriots qui n’y croyait plus. Les Kingsmen vacillent, le doute s’installe.
Hunain Shah prend alors le ballon pour le 19e over. Moment clé. Il garde son sang‑froid, varie les longueurs, étouffe les velléités et, surtout, fait tomber Jason Holder. Over brillant, presque parfait dans le contexte. Les probabilités basculent de nouveau en faveur des Kingsmen.
Il reste 31 points à défendre sur le dernier over. Odean Smith face à Dasun Shanaka, qui joue le tout pour le tout. Deux premiers ballons, deux six. Le stade retient son souffle, le scénario du hold‑up prend forme. Les Kingsmen voient leur marge fondre à vue d’œil.
Mais Smith ne craque pas. Il ajuste ses lignes, refuse la panique. Shanaka ne parvient à ajouter qu’un seul autre coup de six sur les quatre balles restantes. Les Patriots échouent à 171 pour 6. À 11 unités d’un exploit qui aurait fait basculer leur saison.
Des trajectoires qui se croisent
Au classement, la sentence est lourde pour les Patriots : une seule victoire en cinq rencontres, et toujours cette dernière place qui colle à la peau. La dynamique est mauvaise, la confiance fragile, et même les coups d’éclat individuels comme celui de Shanaka ne suffisent plus à masquer les failles structurelles.
Les Kingsmen, eux, respirent. Cette victoire les propulse au quatrième rang, relance leur campagne et, surtout, installe Saim Ayub comme figure centrale de leur projet. Un siècle fondateur, un match référence, et la sensation que quelque chose vient de se débloquer.
Reste une question, brûlante : les Patriots viennent‑ils de laisser filer leur dernière chance de raccrocher le wagon, pendant que les Kingsmen, portés par Ayub, prennent enfin leur véritable élan ?




