Rohit Sharma : L'icône indéfectible de Mumbai Indians
Rohit Sharma n’a pas seulement marqué l’histoire de l’IPL. Il l’a façonnée. Six titres de champion, dont cinq avec Mumbai Indians, et surtout cinq trophées soulevés en tant que capitaine de la franchise. Cela fait de lui le capitaine le plus titré de l’histoire de la ligue, à égalité avec le meilleur. Et depuis 2011, malgré les rumeurs récurrentes de départ, il n’a jamais bougé. Visage, voix et symbole de Mumbai Indians.
Dernier épisode en date de cette fidélité affichée : une scène légère, presque anecdotique, mais lourde de sens, en direct à la télévision.
Une invitation en direct… et une réponse sans détour
Sur le plateau de son émission pour Sony, « Family Time with Rohit Sharma », l’ouvreur indien recevait Abhishek Nayar. Ancien joueur de Mumbai, aujourd’hui entraîneur principal de Kolkata Knight Riders, et ami proche de Rohit. Le décor parfait pour un petit jeu de déstabilisation amicale.
Nayar le taquine d’abord sur sa tenue. Rohit porte du jaune. Allusion évidente à une autre grande franchise de l’IPL, Chennai Super Kings. Sourires en coin. Puis Nayar enchaîne : il le verrait bien en violet et or, les couleurs de KKR. Le sous-texte est clair : et si Rohit Sharma changeait enfin de camp ?
La salle, elle, ne mord pas à l’hameçon. Les chants partent aussitôt : « Mumbai, Mumbai ». Le public donne la réplique avant même que le principal intéressé n’ouvre la bouche. Rohit laisse passer le bruit, puis lâche un seul mot : « Forever ». Pour toujours.
Pas de long discours. Pas de promesse enflammée. Un adverbe, sec, suffisant. Le message est limpide : son histoire avec Mumbai Indians ne se tourne pas si facilement. De quoi rassurer, une fois encore, des supporters qui le voient déjà comme une légende éternelle de la franchise.
Une carrière internationale à un tournant
L’avenir de Rohit Sharma ne se joue pourtant pas seulement en IPL. La prochaine fois qu’il apparaîtra en compétition, ce sera sous le maillot de l’Inde, lors de la série de trois ODI contre les West Indies, à partir du 27 septembre, un dimanche.
Cette convocation n’allait pas de soi. Après la tournée en Angleterre plus tôt dans l’année, des rumeurs insistantes l’annonçaient écarté durablement de l’équipe nationale. La BCCI a rapidement fait taire ces bruits. Mais une question restait : serait-il retenu pour la série face aux West Indies ? Il y est. Et déjà, d’autres interrogations surgissent : cette série sera-t-elle la dernière pour lui avec l’Inde ?
Rohit a désormais fait ses choix de format. Il ne joue plus que les ODI avec l’équipe nationale, ayant tiré un trait sur les T20I et les Tests. Il reste pourtant une obsession dans sa trajectoire : la Coupe du monde ODI. Le grand trophée manquant.
En 2023, il s’en est approché au plus près, capitaine d’une Inde battue en finale par l’Australie. Une cicatrice sportive qui ne disparaît pas si vite. Tant qu’il porte encore le maillot en 50 overs, la perspective de le voir viser le Mondial 2027 demeure. Sur le papier, c’est possible. Dans les faits, il aura 40 ans au moment du tournoi organisé en Afrique du Sud, en Namibie et au Zimbabwe. D’où les spéculations : tiendra-t-il jusque-là ? Sera-t-il encore dans les plans ? Ou aura-t-il refermé le chapitre international avant ?
Interrogé sur ce sujet, il a choisi la distance, presque la sagesse : « October 2027 is far away; we will see about it then. » Le temps fera son œuvre, semble-t-il dire.
Pour l’instant, une certitude seulement : dans un paysage où les carrières se fragmentent et où les transferts de franchise se banalisent, Rohit Sharma continue d’incarner une rare constante. L’Inde se demande jusqu’où il ira en ODI. Mumbai Indians, eux, ont déjà leur réponse : « Forever ».




