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Une règle modifie profondément le cricket en un jour

En juillet 2025, une nouvelle réglementation a transformé le jeu de cricket ODI (One Day International). Désormais, les capitaines peuvent choisir après 34 overs laquelle des deux balles blanches utilisées à chaque extrémité ils préfèrent pour finir l'inning. Cette modification permet à la balle sélectionnée de vieillir davantage et de s’user, favorisant ainsi le phénomène du reverse swing, où la balle plus ancienne dévie dans l’air en sens inverse du mouvement habituel.

L’effet immédiat du reverse swing

Sam Curran, lors d’une victoire anglaise face à l’Inde en juillet dernier, a constaté plus du double de swing avec la balle usée sur ses dernières overs que lors du début. En comparaison, un an plus tôt, Saqib Mahmood avait nettement moins bénéficié de ce phénomène contre les Antilles. Ces exemples illustrent un changement mondial : depuis la règle, 50 % des livraisons pleines des lanceurs rapides dans les dix derniers overs affichent un swing supérieur à un degré, contre seulement 35 % auparavant.

Conséquence concrète, les bowlers rapides voient leur économie chuter de 8,40 à 7,95 runs par over dans les cinq derniers overs, tandis que leur moyenne de wickets passe de 19,2 à 18,3. Le défi du "hitting at the death" est devenu plus corsé qu’avant.

L’Angleterre en tête

Les pacers anglais profitent le plus de cette règle. Depuis juillet 2025, leur moyenne de bowling dans les derniers moments des matches a chuté de 36,76 à 20,91, avec une économie passant de 9,78 à 7,53. Leur rythme de scoring au bâton, lui, a même progressé (de 8,07 à 9,16). Face au Sri Lanka à Headingley, les joueurs sri-lankais ont utilisé le reverse swing en lançant 69 % de leurs balles à moins de six mètres des stumps, ce qui a aidé à décrocher une victoire serrée de 16 runs.

Après cette défaite, Brendon McCullum, entraîneur anglais, a invité son équipe à repenser ses stratégies en fonction de ces changements, ce qui s’est traduit par un passage rapide de 104-2 à 214-2 en dix overs lors du match suivant.

Impact mondial varié

Plusieurs nations comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Antilles, l’Afrique du Sud, le Bangladesh, le Pakistan et l’Afghanistan ont enregistré une baisse de leur rythme de runs dans les derniers overs. Les Antilles, notamment, ont vu leur run-rate chuter de 2,39 runs par over.

Certains bowlers ont vu leur swing augmenter considérablement. Alzarri Joseph (Antilles) a gagné 84 % de swing supplémentaire, ce qui a fait descendre sa moyenne de bowling de 24,1 à 17,4. Lungi Ngidi (Afrique du Sud) a vu une hausse de 63,3 % de son swing, abaissant sa moyenne à 13 et son économie à 6 runs par over. D’autres comme Nathan Smith (Nouvelle-Zélande), Naseem Shah (Pakistan) et Mustafizur Rahman (Bangladesh) affichent aussi des variations notables.

Shaheen Afridi, capitaine pakistanais, reste un maître du swing en fin de match, avec 1,3 degré de mouvement moyen depuis la règle, et pourrait former un duo fascinant avec Naseem Shah face à l’Angleterre. Jofra Archer est le meilleur lanceur anglais pour ce type de mouvement, avec 0,97 degré en moyenne, soit une hausse de 37 %.

Quelles conséquences pour la Coupe du Monde ?

Le reverse swing ne s’est pas encore imposé partout. Il est surtout marqué en Angleterre, où il a augmenté de 63 %. Une augmentation de 33 % est visible au Bangladesh, au Pakistan et au Sri Lanka, lieux importants pour les prochaines semaines. En Australie et en Afrique du Sud, pays hôtes de la prochaine Coupe du Monde, les effets sont moins nets pour le moment. Peu de rencontres y ont eu lieu avec cette règle, rendant les prévisions difficiles.

Si l’intensification du reverse swing se confirme, les équipes devront peut-être ajuster leurs stratégies en marquant des points plus tôt dans leurs innings.

Statistiques clés depuis la mise en place de la règle

  • Proportion de livraisons avec plus d’un degré de swing dans les 10 derniers overs : 50% depuis la règle, contre 35% avant
  • Economies des bowlers rapides dans les 5 derniers overs : 7,95 runs/over depuis la règle, contre 8,40 avant
  • Moyenne des bowlers rapides dans les mêmes overs : 18,3 runs par wicket depuis, contre 19,2 avant
  • Chute du run-rate des Antilles dans les derniers overs : -2,39 runs/over
  • Augmentation du swing chez Alzarri Joseph : +84%
  • Augmentation du swing chez Lungi Ngidi : +63,3%
  • Mouvement moyen de Shaheen Afridi : 1,3 degrés depuis la règle
  • Mouvement moyen de Jofra Archer : 0,97 degrés, +37% depuis la règle