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Piastri et Lawson testent les pneus Pirelli pour 2027 à Mugello

Sous la chaleur de Mugello, Piastri et Lawson poussent Pirelli vers 2027

Le bitume de Mugello bouillait, Pirelli prenait des notes, et deux jeunes pilotes ont avalé les kilomètres comme s’ils jouaient un podium. Pour ce premier jour d’essais de développement des pneus 2027, McLaren et Red Bull ont partagé la piste toscane avec un objectif clair : comprendre les trois gommes les plus dures de la gamme, C1, C2 et C3. Pas de chasse au chrono officielle, mais un vrai bras de fer avec la chaleur et la dégradation.

Piastri en métronome pour McLaren

Oscar Piastri a signé une journée pleine, propre, presque clinique. 93 tours, 488 kilomètres. Une vraie simulation de week-end de Grand Prix compressée en une seule journée.

L’Australien a travaillé sur l’ensemble du panel dur de Pirelli, alternant C1, C2 et C3. Son meilleur tour, un 1’21’’358, est tombé au cœur d’un programme construit par paliers : d’abord des relais plus courts, puis deux runs de 14 tours pour conclure, comme de petites courses sprint destinées à mettre les gommes à nu.

Sous un tarmac monté jusqu’à 55 degrés, la gestion de la température est devenue un exercice de précision. Piastri a dû composer avec une piste glissante, des pneus qui surchauffent vite et une voiture chargée de carburant pendant de longs relais. Le chrono n’était pas la priorité, mais la régularité, elle, sautait aux yeux.

Lawson, gros volume et retour express chez Red Bull

De l’autre côté du paddock, Liam Lawson a joué sur un autre registre : le volume. 116 tours, 608 kilomètres. C’est lui qui a le plus roulé.

Le Néo-Zélandais s’est presque exclusivement concentré sur la C2. La matinée a ressemblé à un exercice de répétition : séries de huit tours, encore et encore, pour cerner le comportement de ce composé au tour près. L’après-midi, le plan a changé de dimension. Les relais se sont allongés, la dégradation est devenue le cœur du sujet, et Pirelli a engrangé les données dont le manufacturier aura besoin pour dessiner son avenir.

Son meilleur temps, 1’22’’297, est resté loin de celui de Piastri, mais ce n’était pas le propos. Tout tournait autour de la comparaison, de la constance, des réponses des pneus dans une fournaise italienne. La performance brute attendra.

Ce roulage avait tout de même une saveur particulière pour Lawson. Quelques jours seulement après avoir retrouvé le volant d’une Red Bull au Grand Prix des Pays-Bas, le voilà de nouveau dans la voiture de l’équipe senior. À Zandvoort, il avait été appelé au pied levé après la blessure au poignet d’Isack Hadjar. Résultat : huitième sur la grille, septième à l’arrivée, et ses premiers points en tant que pilote Red Bull, après un bref passage de deux courses avec l’écurie au début de la saison 2025.

Cette présence répétée en piste entretient forcément une question : restera-t-il dans le baquet encore un week-end ? Red Bull espère récupérer Hadjar pour le Grand Prix d’Italie à Monza, mais aucune confirmation définitive n’a encore été donnée sur l’aptitude du Français à courir. Tant que le feu vert médical n’est pas acté, la porte reste entrouverte pour Lawson.

Pirelli, la chaleur et 2027 en ligne de mire

Au-delà des trajectoires et des temps au tour, la vraie star de la journée était la température. Avec une piste culminant à 55 °C, Mugello a offert un laboratoire idéal pour maltraiter les gommes les plus dures du catalogue. Exactement ce que Pirelli était venu chercher.

L’objectif : accumuler des données comparatives pour son programme de développement 2027. Comment les C1, C2 et C3 réagissent-elles sur un circuit rapide, exigeant, avec des courbes longues et des appuis élevés, quand la chaleur écrase tout ? Comment évoluent les pressions, les températures internes, la constance des temps sur des relais étirés ? Les longs runs de Piastri, les blocs de tours répétés puis allongés de Lawson répondaient tous à ces questions.

Norris, Iwasa et Audi prennent le relais

La piste ne va pas refroidir, mais les visages vont changer. Jeudi, Lando Norris reprendra le flambeau pour McLaren, succédant à Piastri. Chez Red Bull, Ayumu Iwasa prendra la place de Lawson pour poursuivre le travail de fond sur les composés durs.

Un troisième acteur fera aussi son entrée : Audi. La marque allemande rejoindra le programme pour cette deuxième journée d’essais, avec Nico Hülkenberg au volant. Un nom d’expérience pour un projet en construction, dans un cadre parfait pour mesurer, comparer, ajuster.

Mugello n’offrait ni trophée ni points ce mercredi. Mais entre un jeune Australien méthodique, un Néo-Zélandais en pleine vitrine et un manufacturier qui prépare déjà 2027, la journée a posé une autre question, plus discrète : dans cette bataille silencieuse des essais privés, qui est en train de prendre une longueur d’avance sur l’avenir ?