Oxford United retire sa Campus Collection après une référence controversée
Oxford United a vécu, vendredi, l’un de ces moments de communication dont un club se passerait bien. En quelques heures, la fierté d’un nouveau projet marketing s’est transformée en embarras public, avant d’être retirée dans la précipitation.
Le club de League One avait lancé dans la matinée sa nouvelle ligne de vêtements inspirée du sport américain, baptisée « Campus Collection ». Au cœur de la gamme, un maillot au style NFL, frappé d’un large « United 93 » sur la poitrine. Une référence assumée à l’année de fondation du club, 1893.
Sur le papier, l’idée semblait tenir la route. Dans la réalité, elle s’est fracassée sur l’histoire récente.
Quand le marketing percute la mémoire
« United 93 », ce n’est pas seulement un clin d’œil à une date fondatrice. C’est aussi, et surtout, le nom de l’un des quatre avions détournés par des terroristes d’Al-Qaida le 11 septembre 2001. Ce vol intérieur américain, dont les passagers se sont révoltés pour empêcher les pirates de l’air d’atteindre une cible gouvernementale à Washington, s’est écrasé dans un champ, tuant les 44 personnes à bord. Un film portant le même titre est ensuite venu graver encore davantage ce nom dans la mémoire collective.
Le club avait déjà joué avec le calendrier de manière délicate : la Campus Collection devait initialement être lancée le 11 septembre de cette année, date du 25e anniversaire des attentats qui ont fait près de 3 000 morts. Face aux inquiétudes sur la sensibilité du sujet, le lancement avait été repoussé.
Cela n’a pas suffi. Lorsque la collection est finalement mise en ligne vendredi, les images des modèles portant ce maillot « United 93 » apparaissent sur le site officiel. Il ne faudra qu’environ deux heures pour que la direction réalise la portée de cette association et retire en urgence toute la gamme.
Excuses immédiates et mea culpa assumé
Dans un communiqué, Oxford United reconnaît sans détour sa faute d’appréciation. Le club admet que la collection a été « publiée sans compréhension du contexte historique et des associations » liées à cette mention, et présente ses « sincères excuses pour cette erreur et pour toute offense causée ».
Le message est clair : cette ligne n’aurait jamais dû atteindre le stade de la mise en vente. Le club parle d’un défaut de « due diligence », promet d’avoir « retiré la collection avec effet immédiat » et annonce une révision de ses procédures d’approbation pour éviter qu’un tel épisode ne se reproduise.
Pas de tentative de minimiser. Pas de justification alambiquée. Oxford United assume, publiquement, une bévue lourde de symboles.
Supporters partagés entre colère et indulgence
Sur les réseaux et les forums de supporters, la réaction ne s’est pas fait attendre. Sur le Yellows Forum, l’un des lieux d’échange de la communauté, un fan parle d’un « monumental cock-up » – une énorme bourde – et va jusqu’à dire qu’il s’attendrait à être licencié s’il avait lui-même validé un tel projet.
D’autres, sans défendre la décision, se montrent moins sévères. Un intervenant souligne que, même si la situation est « loin d’être idéale », tout le monde voit bien qu’il n’y avait « aucune intention malveillante ». Pour lui, le problème tient surtout à l’absence totale de réflexion en amont.
Entre indignation et compréhension, la base d’Oxford United reflète un sentiment partagé : on pardonne l’erreur humaine, mais on exige mieux d’un club professionnel, surtout sur un terrain aussi sensible que la mémoire du 11-Septembre.
La collection, elle, n’existe déjà plus. Reste une question, en filigrane : combien de clubs devront encore apprendre à leurs dépens qu’en 2024, un simple slogan sur un maillot ne peut plus s’écrire sans tenir compte du poids de l’histoire ?




