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Old Trafford : L'Angleterre écrase Sri Lanka en T20

L’air est frais, la lumière déjà automnale sur Old Trafford, mais l’Angleterre, elle, est brûlante. En 9,4 overs seulement, la série est pliée, le message envoyé, le classement mondial renversé. Sri Lanka balayé, un 3-0 sec, et un retour tout en autorité au sommet du T20.

Dans les tribunes, un observateur de marque : Stephen Fleming, nouveau sélectionneur Test, venu prendre la température d’un groupe qui ne cesse de gagner. Il a vu une chose très simple : une équipe qui sait exactement ce qu’elle fait.

Les rapides frappent, Sri Lanka s’écroule

124 all out en 18,5 overs. Le chiffre raconte déjà l’histoire. L’Angleterre n’a pas laissé respirer Sri Lanka.

Les rapides ont mené la danse. Jamie Overton a livré quatre overs d’une propreté clinique : seulement 15 runs concédés, une pression constante, aucune échappatoire. Sonny Baker, longtemps à la peine lors de ses débuts internationaux, a confirmé son réveil avec un 2-17 plein de maîtrise. Jofra Archer, d’abord malmené (15 runs dans son premier over), est revenu avec l’orgueil des grands : 2-23 au final, et les batteurs sri-lankais de nouveau sur la défensive.

Le plan était clair : rythme, longueur, agressivité. Les spins, si souvent au cœur des plans de Harry Brook dans ce format, ont cette fois été relégués au second plan. Adil Rashid et Liam Dawson n’ont lancé que quatre overs à eux deux. Le match, lui, s’est joué sur la vitesse.

Pathum Nissanka (36 sur 24 balles) et Kusal Mendis (35 sur 28) ont tenté de tenir la baraque, d’installer une plateforme. Ils ont été les seuls à vraiment résister. Dès qu’ils ont cédé, tout s’est effondré.

La défense anglaise a suivi le mouvement. Brook a pris une prise sèche à mi-wicket pour renvoyer Nissanka. Rashid a flairé l’opportunité pour faire courir Charith Asalanka. Et Dawson a signé le geste du match : un direct hit pour faire tomber Eshan Malinga, symbole d’une équipe totalement connectée.

Baker a ouvert son compte avec Lahiru Udara, ballon envoyé haut et capté par Jos Buttler derrière les stumps. Il est revenu pour clore l’affaire, dernier wicket de l’innings avec Dilshan Madushanka qui offre sa balle à Brook. Entre-temps, Archer a fait plier Kamindu Mendis, pris à deep mid-wicket pour 35, avant de voir Wanindu Hasaranga se faire éliminer hit-wicket en tentant un slog, sa batte presque posée sur les bails. Une image étrange, presque cruelle, qui résume la confusion sri-lankaise.

Même la seule erreur anglaise – un drop de Tom Banton, glissant sur un outfield gras – n’a rien changé. La machine tournait trop bien.

Buttler et Brook éteignent tout suspense

Avec 125 à poursuivre, il n’y a jamais eu de doute. Même privés de Phil Salt et Jacob Bethell, blessés, les locaux affichaient encore une ligne de batteurs intimidante.

Aneurin Donald est parti pour 13, une petite secousse, rien de plus. Derrière, Jos Buttler et Harry Brook ont transformé la chasse en promenade. Un partenariat de 85 pour le deuxième wicket, sans jamais forcer, sans jamais laisser Sri Lanka rêver.

Buttler a dicté le tempo. 62* sur 32 balles, des frappes nettes, un contrôle total du rythme. Brook a ajouté 33 sur 21 balles, avant de partir run out, détail statistique plus que tournant du match. Le capitaine a terminé lui-même le travail : un six pour conclure, rester invaincu à 61, et plier la série avec 62 balles d’avance.

62 balles restantes. Jamais l’Angleterre n’avait fini un T20 international à domicile avec une telle marge. Une correction, sèche, assumée.

Une série à sens unique, un classement renversé

Ce succès n’est pas un éclair isolé. Il s’inscrit dans une série impressionnante : 23 victoires sur 26 T20 complétés depuis que Harry Brook a pris les commandes à l’été 2024. Une cadence de champion du monde, même si le trophée, lui, devra attendre.

Avec ce 3-0, l’Angleterre reprend la première place du classement mondial T20 à l’Inde. Un symbole, certes, mais surtout la confirmation d’une dynamique. Une équipe sûre de ses forces, capable de gagner avec ses spins un jour, avec ses rapides le lendemain, et de terminer le travail avec un top order qui ne laisse aucune porte ouverte.

Le paradoxe est cruel pour ce groupe : la prochaine Coupe du monde T20 n’arrivera qu’en 2028, année où le format fera aussi son entrée aux Jeux olympiques. D’ici là, cette génération devra entretenir la flamme sans grande vitrine mondiale dans ce format.

Cap sur le 50 overs, sans lever le pied

Le regard se tourne déjà vers un autre objectif : la Coupe du monde 50 overs en Afrique australe, à l’automne 2027. La construction a commencé, patiemment, série après série.

Sri Lanka reste au programme. Trois ODI démarrent mardi à Durham. Autre format, autre rythme, mais la même exigence. Si cette série T20 a montré une chose, c’est que l’Angleterre a trouvé une identité : agressive, disciplinée, implacable.

Old Trafford a vu un statement. La question, désormais, n’est plus de savoir si cette équipe peut dominer un cycle, mais jusqu’où elle est prête à pousser sa mainmise sur le jeu court.