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ODI 2 : Issy Wong domine l'Irlande à Derby

L’Angleterre n’a pas traîné. Une victoire par six guichets, une série déjà empochée (2-0) et la sensation très nette, au OurCoop County Ground de Derby, que les deux équipes ne jouent pas dans la même cour.

L’Irlande, si séduisante lors du premier ODI avec ses 281 points, est retombée brutalement sur terre : 165 tout rond en 47 overs, et un batting aligné par Issy Wong comme sur un fil.

Wong, première « five-for » et prise de pouvoir

Pour la rapide anglaise, c’est un tournant. 5-33, première prise de cinq guichets en international, et surtout la démonstration qu’elle peut mener une attaque à elle seule.

Privée de Lauren Bell et Sophie Ecclestone, laissées au repos pour la série, l’Angleterre cherchait une leader de remplacement. Wong a saisi l’ouverture. Elle a frappé tôt, proprement : Gaby Lewis, la capitaine irlandaise, battue par une balle qui rentre et qui vient fracasser les stumps pour 19. Un signal fort.

Orla Prendergast, bien partie, semblait capable de reconstruire. Elle s’arrête à 25, piégée en profondeur à mid-wicket sur Mady Villiers. Villiers enchaîne en sortant Rebecca Stokell pour 3, et soudain, le milieu et le bas de l’ordre irlandais se retrouvent à nu. La suite appartient à Wong.

Rythme, ligne, précision. L’Irlande ne trouve plus d’issue. Dix seules limites sur toute l’innings. À titre de comparaison, Maia Bouchier en frappera neuf à elle seule dans la poursuite anglaise.

Au cœur de ce naufrage, une résistance : Amy Hunter. Deuxième cinquantaine en deux matches, 64 en 96 balles, une manche patiente, presque stoïque. Mais sans relais autour d’elle, la mission vire au combat solitaire. Quand elle tente enfin d’accélérer, elle trouve la fielder en bord de corde. Cinquième victime de Wong, et l’Irlande s’écroule : les six derniers guichets tombent pour 25 points.

Une poursuite éclair, mais des cadeaux inutiles

Sur 165 à chasser, l’Angleterre n’a jamais semblé en danger. 166-4 en 23 overs, affaire classée. Mais derrière la facilité du score, quelques accrocs qui ne raviront pas le staff.

Maia Bouchier et Sophia Dunkley repartent exactement comme elles avaient fini à Leicester : en avançant. 54 points en sept overs, l’attaque irlandaise immédiatement sous pression. Bouchier, 45 sur 31 balles, joue libérée, frappe dans les intervalles, impose le tempo.

Puis l’instant d’égarement. Un run-out évitable, presque incompréhensible à ce niveau : Dunkley, 20, sacrifiée sur une course mal jugée par sa partenaire. L’élan reste anglais, mais la discipline vacille.

Bouchier, en pleine maîtrise, offre ensuite son guichet sur une erreur de jugement. Un short ball de la spinner Kia McCartney, un coup mal contrôlé, et la frappeuse se fait prendre sans vraie nécessité. Après un tel départ, l’Angleterre n’avait pas besoin de ces largesses.

Alice Capsey tombe lbw pour 1, Jodi Grewcock se fait cueillir à mid-wicket pour 24. Les Irlandaises se donnent une lueur d’espoir, au moins sur le plan de l’orgueil. Mais le tableau d’affichage reste impitoyable.

Kemp et Gibson ferment la porte

Freya Kemp et Dani Gibson montent alors en scène. Pas de panique, pas de fioritures. Les deux all-rounders verrouillent la fin de match avec une association invaincue de 41 points.

Les frappes sont propres, le calcul juste : elles ne laissent jamais l’Irlande imaginer un retournement. En 23 overs, la cible est atteinte, la série est pliée, et l’Angleterre peut déjà regarder vers Worcester avec la satisfaction du travail bien fait.

Une Irlande exposée, une Angleterre rassurée

Sans les contributions majeures de Gaby Lewis et Orla Prendergast, l’Irlande a montré l’étroitesse de sa marge. L’exploit offensif du premier match ressemble désormais à une exception plus qu’à une norme. Le cœur de l’ordre manque de densité, le bas de tableau ne tient pas la pression quand la vitesse s’installe.

Pour l’Angleterre, le message est tout autre. Après un premier ODI gagné largement mais sans tranchant au bowling, la réponse est nette. Sous la houlette de Charlotte Edwards, Issy Wong passe du statut de talent prometteur à celui de candidate crédible au rôle de leader d’attaque. Son retour en ODI à Leicester, son coup d’éclat à Derby : la trajectoire s’accélère.

Il reste un match, dimanche à Worcester, pour clore l’été international anglais. La série est déjà dans la poche. La vraie question, désormais, est simple : jusqu’où Wong et cette attaque remodelée peuvent-elles pousser le curseur dans les mois qui viennent ?