Nuno Tavares : la renaissance au sein de la Seleção
Nuno Tavares, la renaissance italienne qui rouvre la porte du Portugal
On l’avait presque rangé dans la catégorie des occasions manquées. Un latéral prometteur passé par Arsenal, une saison compliquée sous Maurizio Sarri, une concurrence annoncée avec l’arrivée d’Alfonso Pedraza… et un avenir à Rome qui semblait bouché. Nuno Tavares, lui, a choisi une autre voie : celle du retour en force.
De l’ombre de Sarri à la confiance totale de Gattuso
Sous Maurizio Sarri, le Portugais a souffert. Utilisation irrégulière, doutes défensifs pointés du doigt, statut fragilisé. L’été dernier, beaucoup l’imaginaient sur le départ ou condamné à un rôle de doublure.
Gennaro Gattuso a changé le scénario. Le technicien italien l’a d’abord gardé dans le onze, puis lui a redonné un cadre clair : rigueur sans ballon, liberté totale pour attaquer son couloir. Entre les deux, un travail discret mais profond sur ses repères défensifs, hérité de l’exigence de Sarri.
Résultat : un latéral transformé. Plus discipliné derrière, beaucoup plus tranchant devant. À 26 ans, Nuno Tavares joue enfin comme un titulaire sûr de sa force.
Un match référence face au Milan qui fait basculer sa saison
Le tournant s’est joué sous les projecteurs d’un choc : Lazio – AC Milan, conclu sur un 2-2 électrique. Dans ce match, le Portugais a été partout. Intenable sur son côté gauche, il a pesé directement sur les deux buts de Matteo Cancellieri et Tijjani Noslin, enchaînant projections, centres et prises d’initiative.
Sur la pelouse, il a sans doute été le meilleur joueur laziale. Dans les tribunes, son nom a commencé à circuler dans une autre dimension : celle de la Seleção.
Le message est bien arrivé à Lisbonne. Le nouveau sélectionneur du Portugal, Jorge Jesus, n’a pas hésité : Nuno Tavares retrouve le groupe national pour la longue trêve internationale à venir.
Derrière Nuno Mendes, mais de retour dans le jeu
Le contexte est clair : au poste de latéral gauche, Nuno Mendes (Paris Saint-Germain) reste la référence mondiale. Intouchable, ou presque. Nuno Tavares ne vient pas pour le déloger, mais pour s’installer, enfin, comme une option crédible dans la rotation.
Le calendrier l’y invite. Le Portugal disputera quatre matchs de phase de groupes dans la nouvelle édition de l’UEFA Nations League, face au pays de Galles, à la Norvège (deux fois) et au Danemark. Une série dense, idéale pour offrir du temps de jeu aux seconds couteaux.
Le joueur de la Lazio devrait donc avoir sa chance. Pas forcément d’entrée, mais suffisamment pour tester, en sélection, la version mûrie de ce latéral désormais plus complet.
Un parcours international encore vierge… ou presque
Pour l’instant, la trace de Nuno Tavares en équipe nationale tient en trois petites apparitions. Trois entrées en jeu, aucune titularisation. Sa dernière remonte à octobre 2025, contre la Hongrie. Depuis, silence radio.
Cette convocation marque donc une vraie rupture dans sa trajectoire. Elle récompense ses progrès, mais intervient aussi dans un contexte très particulier : la liste de Jorge Jesus est dominée par un autre nom, éternel, celui de Cristiano Ronaldo, toujours appelé, toujours central dans le débat.
Dans l’ombre du quintuple Ballon d’Or, le latéral formé à Lisbonne retrouve pourtant une fenêtre. À lui de l’ouvrir en grand.
Une liste dense, un couloir à gagner
La concurrence sera rude, partout sur le terrain. Jorge Jesus a appelé Diogo Costa (FC Porto), Rui Silva (Sporting) et Samuel Soares (Benfica) dans les buts. En défense, le sélectionneur s’appuie sur Diogo Dalot (Manchester United), João Cancelo (Barcelona), Gonçalo Inácio (Sporting), Rúben Dias (Manchester City), Renato Veiga (Villarreal), Nuno Mendes (Paris Saint-Germain), Tomás Araújo (Benfica) et donc Nuno Tavares (Lazio).
Au milieu, le registre technique et physique reste impressionnant avec Rúben Neves (Al Hilal), João Neves (Paris Saint-Germain), Vitinha (Paris Saint-Germain), Bruno Fernandes (Manchester United), Bernardo Silva (Real Madrid) et João Palhinha (Benfica).
Devant, la liste respire le talent offensif : João Félix (Al Nassr), Francisco Trincão (Al Ahli), Francisco Conceição (Juventus), Pedro Neto (Chelsea), Rafael Leão (Galatasaray), Gonçalo Ramos (AC Milan), Cristiano Ronaldo (Al Nassr) et Fábio Silva (Borussia Dortmund).
Dans ce groupe riche et structuré, Nuno Tavares n’a pas de marge d’erreur. Mais il a ce qu’il n’avait plus depuis longtemps : un élan.
Reste à savoir si cette renaissance romaine débouchera sur une installation durable dans le couloir gauche de la Seleção, ou si cette convocation ne sera qu’une parenthèse dans une carrière enfin relancée.




