Norris en tête, Verstappen grogne : essais électriques à São Paulo
La première séance d’essais du Grand Prix de São Paulo a livré un message clair : le week-end ne sera ni calme ni linéaire. Lando Norris a signé le meilleur temps, Max Verstappen a râlé à la radio, Kimi Antonelli a rappelé pourquoi on parle déjà de lui comme d’un futur patron, et Lewis Hamilton s’est avancé vers son 400e départ avec la conviction d’un débutant affamé.
Norris en tête, McLaren en question
Lando Norris boucle la séance en haut de la feuille des temps et prolonge sa dynamique du moment. Le Britannique, déjà vainqueur au Brésil l’an passé, installe d’entrée une forme de pression silencieuse sur le plateau. Un tour propre, incisif, symbole d’un pilote en pleine confiance.
Mais derrière ce tour rapide, un doute flotte autour de McLaren. Sur BBC Radio 5 Sports Extra, l’ancien mécanicien de F1 Calum Nicholas résume le sentiment du paddock : l’équipe de Woking a semblé trouver la clé au milieu de la saison européenne avec un gros package d’évolutions… avant de se perdre un peu ces dernières courses. Il évoque même l’idée que McLaren ait levé le pied sur le développement actuel pour concentrer ses forces sur 2027.
Norris, lui, n’a rien levé du tout. Il vise clairement un deuxième succès consécutif à Interlagos. Et quand il est dans cette forme-là, le reste du plateau ne peut pas l’ignorer.
Verstappen le plus rapide… et furieux
La séance a longtemps ressemblé à un jeu de chaises musicales en tête. Kimi Antonelli s’est installé au sommet avec un tour en 1:11.799 au volant de la Mercedes. Lewis Hamilton s’est glissé dans le trio de tête. Puis Max Verstappen a décidé de rappeler qui mène la danse depuis des années.
Le pilote Red Bull a amélioré de huit dixièmes le chrono d’Antonelli pour s’emparer du meilleur temps. Un tour violent, tranchant. Et pourtant, à la radio, le triple champion du monde n’a pas mâché ses mots : ses changements de vitesses sont « inacceptables ». L’ambiance est posée. Même quand il est devant, Verstappen n’est pas rassasié.
En haut du classement, ça tourne presque comme un « passe-trappe » : Antonelli, Verstappen, Norris… les références s’échangent à un rythme soutenu. De quoi promettre un samedi bien plus tendu qu’un simple vendredi d’essais.
Antonelli, déjà dans la cour des grands
Kimi Antonelli n’a pas mis longtemps à reprendre ses marques. Revenu en haut de la feuille après quelques ajustements, l’Italien signe ce 1:11.799 qui l’installe un temps en tête, devant Verstappen et Hamilton.
Le trio a déjà partagé un podium, et Antonelli n’a pas caché à quel point ce moment comptait pour lui. Il a même encadré la photo de cette célébration avec Verstappen et Hamilton. Un détail qui en dit long : il se voit déjà à cette table, pas comme invité, mais comme futur habitué.
Hamilton vers la course 400 : « J’ai toujours la vitesse »
Au-delà des chronos, ce week-end a un parfum particulier. Dimanche, Lewis Hamilton disputera son 400e Grand Prix de F1. Seul Fernando Alonso a atteint ce cap avant lui.
Le septuple champion du monde ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Jeudi, il l’a dit sans détour : ce chiffre le dépasse un peu, il n’aurait jamais imaginé aller si loin. Il se sent encore jeune, il se sait encore rapide. Il rappelle sa pole de la semaine dernière comme preuve qu’il a toujours « le rythme, la vitesse, la détermination et la concentration ». Le nombre, selon lui, est presque secondaire.
Qu’il atteigne ce jalon au Brésil n’est pas anodin. Le pays l’a adopté depuis longtemps, la réciproque est vraie. Certains photographes présents ce week-end en sont à 500 courses. Hamilton, lui, continue d’empiler les départs en cherchant encore la perfection du tour idéal.
Jeunes loups et tours d’apprentissage
Sans course sprint cette année à São Paulo, le programme change de visage : deux autres séances d’essais offriront un temps précieux en piste. Un luxe pour ceux qui découvrent Interlagos.
Arvid Lindblad et Rafael Camara profitent à plein de ce format. Pour eux, chaque tour est une leçon à ciel ouvert, chaque freinage dans le premier virage une nouvelle donnée à digérer.
Gabriele Mini, rookie Alpine, s’est déjà invité dans le top 10. L’Italien signe un 1:12.569 et grimpe à la septième place. Solide carte de visite pour une première.
Derrière, Liam Lawson complète le top 10, juste devant Oliver Bearman, 11e dans la Haas. Bearman attend encore une confirmation pour la saison 2027. Chaque séance devient un argument à déposer sur la table des décideurs.
Dans le camp Williams, Luke Browning a vu sa progression stoppée par un problème technique qui l’a renvoyé au garage. Un rappel brutal : à Interlagos, la moindre minute perdue coûte cher.
Colapinto s’invite, Albon dans le bon wagon
Franco Colapinto a lui aussi profité de la valse des temps pour se mettre en lumière. L’Argentin place son Alpine dans le top 3 avec un 1:13.140, tour propre, sans fioritures, mais diablement efficace.
Alex Albon, lui, glisse sa Williams dans le top 10, juste derrière son ami George Russell. Un détail amusant, mais révélateur : même dans une séance d’essais, les repères internes comptent. Se mesurer à un ami, c’est aussi se jauger face à une référence.
Un vendredi sans sprint, mais pas sans tension
Les dernières minutes de la séance ont vu les pilotes enchaîner les ultimes tours rapides, profitant de chaque seconde. Pas de sprint au programme ce week-end, donc plus de temps pour travailler. Plus de temps aussi pour se tromper, se corriger, revenir.
Le drapeau à damier est tombé, les chronos sont figés, mais rien n’est encore écrit. Norris a frappé, Verstappen a grogné, Antonelli s’est affirmé, Hamilton s’est projeté vers son 400e départ.
La question est simple désormais : ce vendredi n’était-il qu’un échauffement… ou le premier acte d’un bras de fer à trois, voire quatre, pour la victoire au Brésil ?




