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Norris décroche la pole à Madrid, Lawson en embuscade

Sur le nouveau ruban urbain de Madrid, là où les murs se rapprochent et la marge d’erreur disparaît, Lando Norris a sorti un tour qui restera. Parti de l’ombre, le pilote McLaren a arraché la pole pour le Grand Prix d’Espagne au terme d’une qualification étouffante, tandis que le Néo-Zélandais Liam Lawson s’est offert une solide huitième place sur la grille.

Lawson solide, mais bloqué au pied du top 6

Liam Lawson a longtemps semblé capable de s’inviter plus haut. Rapide dès les premiers segments de la qualification, le Kiwi a tenu le rythme dans le trafic et la tension de Madrid, avant de buter sur le dernier exercice.

« Je pense qu’on a été très compétitifs dans la première partie de la qualif, et malheureusement, ça s’est un peu échappé en Q3 », a-t-il reconnu.

Là où ses rivaux ont trouvé un gros gain de performance, lui est resté coincé à la porte du top 7. Résultat : une huitième place, derrière l’autre McLaren, celle d’Oscar Piastri.

La déception est réelle, mais mesurée. Lawson sait ce qui l’attend dimanche : une course presque à huis clos en termes de dépassements.

Il ne s’en cache pas : il s’attend à un Grand Prix « très, très difficile ». Sur ce Madring de 5,4 kilomètres, dessiné entre routes existantes et sections dédiées, la perspective de remonter paraît mince. « Je pense que dépasser est quasiment impossible. Les pneus étaient déjà assez compliqués hier, donc ça peut rendre les choses encore plus délicates », a-t-il prévenu. Il lui faudra donc jouer finement la stratégie et les rares ouvertures.

Norris, un tour d’exception

Devant, la lumière s’est braquée sur Lando Norris. Kimi Antonelli dominait jusque-là le week-end madrilène, mais l’ultime tentative du Britannique a tout renversé.

Norris a coupé la ligne avec un souffle d’avance : un centième de seconde devant la Mercedes d’Antonelli. Un écart infime, un impact énorme. Il signe ainsi sa troisième pole de la saison, au terme de ce qu’il décrit lui-même comme « probablement un des meilleurs tours » de sa carrière.

Il sortait pourtant d’un vendredi contrarié : sixième temps de la première séance d’essais, privé de roulage en deuxième séance à cause d’un problème de boîte de vitesses, puis seulement quatrième des derniers essais libres le samedi. Rien ne laissait présager un tel coup de force.

En qualification, l’adrénaline a pris le relais. Norris a expliqué qu’il savait exactement ce qu’il voulait faire sur ce dernier tour, qu’il ne restait plus qu’à réussir à tout exécuter. À Madrid, tout s’est imbriqué au bon moment.

Antonelli frustré, mais toujours en patron du championnat

À 20 ans, Kimi Antonelli conserve malgré tout les commandes du championnat avec 66 points d’avance, porté par son incroyable remontée victorieuse devant son public à Monza le week-end précédent. À Madrid, il pensait avoir fait le nécessaire.

« Je pensais que c’était un bon tour, et puis ce gars est venu me le prendre, donc bravo à eux », a-t-il lâché, lucide.

Il sait où se jouera l’essentiel : au départ. « Le départ est très important, c’est sûr. Dépasser va être très difficile. La seule chose à faire, c’est mettre la pression sur la voiture devant, la pousser à la faute, et ensuite jouer avec la stratégie. » Sur un tracé aussi punitif, chaque erreur peut coûter très cher, chaque hésitation ouvrir une brèche.

Verstappen en embuscade, Ferrari derrière, Hamilton sauve les meubles

Derrière ce duel Norris–Antonelli, Max Verstappen s’élancera troisième pour Red Bull, à un dixième du temps de la pole. Les Ferrari de Lewis Hamilton et Charles Leclerc suivront, avec George Russell juste derrière eux.

Hamilton avait pourtant compromis son samedi en sortant de piste lors de la dernière séance d’essais. Il s’est repris en qualification et s’est retrouvé provisoirement en tête après la première salve de tours en Q3, avant que les ultimes tentatives ne le repoussent derrière Norris et Antonelli.

La hiérarchie est serrée, mais la configuration du circuit laisse présager une course verrouillée, où les départs et les arrêts aux stands pèseront bien plus que la vitesse de pointe.

Un circuit sans pardon, des erreurs sous contrôle

Le Madring, avec ses enchaînements serrés et ses murs proches, n’a laissé que peu de marge aux pilotes. La séance de qualification, globalement propre, a contrasté avec les deux drapeaux rouges qui avaient perturbé les essais libres sur ce tracé impitoyable.

Antonelli a connu une alerte en verrouillant ses pneus et en tirant tout droit, mais il a évité le contact. Russell a effleuré le mur. Rien de dramatique cette fois, mais la limite n’est jamais loin.

En revanche, certains n’ont même pas pu défendre leurs chances. Oliver Bearman (Haas) a dû renoncer à la qualification après son crash lors de la dernière séance d’essais. Lance Stroll (Aston Martin), lui, n’a pas pris part à la séance, pénalisé sur la grille pour un changement de composants de son groupe propulseur.

Désillusion totale pour Alonso et Sainz à domicile

Pour les tribunes espagnoles, la douche est froide. Les deux héros locaux sont loin, très loin.

Fernando Alonso ne partira que 18e avec Aston Martin. Carlos Sainz, 17e en temps pur avec Williams, s’élancera finalement dernier après une pénalité pour avoir gêné la Cadillac de Valtteri Bottas en piste. Dans un week-end déjà compliqué, la sanction achève de ruiner ses espoirs.

Les organisateurs annoncent près de 350 000 spectateurs sur l’ensemble de l’événement dans la capitale espagnole. Madrid répond présent, mais la fête pourrait se dérouler sans ses idoles en vue.

Reste une certitude : sur ce circuit où dépasser frôle l’utopie, le Grand Prix se jouera dans les premiers mètres, dans les stands… et dans ces rares instants où la pression fera craquer quelqu’un. Norris a gagné la bataille du tour parfait. La guerre de Madrid, elle, commence seulement.