logo

Norris décroche la pole au Grand Prix d'Espagne, Lawson brille avant son départ

La nuit tombait sur Barcelone quand Lando Norris a claqué un tour de patron. 1’31’’824. Suffisant, mais de justesse, pour repousser Kimi Antonelli de seulement 0’’011 et s’offrir la pole du Grand Prix d’Espagne. Un souffle. Un clin d’œil sur la feuille des temps, un gouffre dans la tête d’un pilote.

Le tout après avoir passé une bonne partie de la deuxième séance d’essais au fond du garage McLaren, boîte de vitesses récalcitrante. Samedi, Norris a passé plus de temps à regarder les écrans qu’à attaquer les vibreurs. Le soir venu, il a rappelé pourquoi il est champion du monde en titre.

Derrière lui, la grille raconte une autre histoire, plus silencieuse, mais tout aussi brûlante : celle de Liam Lawson.

Lawson, un top 10 qui pèse lourd

Pour ce qui ressemble fort à sa dernière apparition avec Red Bull avant le retour annoncé d’Isack Hadjar pour le Grand Prix d’Azerbaïdjan, Lawson s’est offert une nouvelle place dans le top 10 au départ. Deuxième départ dans les dix premiers en trois tentatives, la troisième ayant été ruinée par une pénalité moteur à Monza.

Ce n’est pas un détail. C’est un dossier. Chaque tour, chaque dixième, chaque passage en Q3 nourrit un argument clé : faut‑il vraiment le laisser filer alors que 2027 reste une page blanche pour lui comme pour l’équipe ?

« Nous avons été très compétitifs sur la première partie des qualifs », a-t-il expliqué après la séance. « Malheureusement, ça nous a échappé en Q3. Les autres ont fait un gros pas en avant, et nous, on a juste manqué le coche. C’est dommage, je pense qu’on était très compétitifs aujourd’hui. »

Les chiffres confirment ce sentiment. Mais l’histoire de sa qualif commence bien plus tôt.

Q1 : Lawson frappe fort, d’entrée

L’un des derniers à s’élancer en Q1, Lawson dégaine un 1’33’’316 qui le propulse immédiatement en haut de la feuille des temps. Large. 3’’728 d’avance sur la zone d’élimination une fois que tout le monde – sauf Ollie Bearman, accidenté lors de la dernière séance d’essais – a signé un chrono.

En théorie, il pouvait couper le moteur et rentrer. En pratique, il en remet une couche. 1’33’’310 au deuxième run, et une qualification en Q2 en tant que troisième temps. Solide, propre, clinique.

Pendant ce temps, les tribunes espagnoles encaissent un double choc. Carlos Sainz et Fernando Alonso s’arrêtent dès la Q1. Les drapeaux rouges et jaunes continuent de flotter, mais l’enthousiasme, lui, prend un coup. Le héros local restera derrière, Lawson, lui, continue sa marche.

Q2 maîtrisée, Q3 frustrante

En Q2, même scénario : Lawson attend, observe, puis attaque. Son premier tour en 1’32’’874 le place quatrième, avec près d’une seconde (0’’924) de marge sur la zone de sortie. Aucun suspense réel, mais une confirmation : il a la vitesse pour jouer avec les grands.

Il améliore encore : 1’32’’780. Le ticket pour la Q3 est composté sans trembler. Deuxième Q3 en trois courses avec Red Bull. Pour un pilote dont l’avenir immédiat ne tient qu’à quelques signatures, ce genre de régularité n’a pas de prix.

La dernière partie, en revanche, laisse un goût d’inachevé. Lawson signe d’abord un 1’32’’633 qui le place huitième. Il améliore encore lors de son ultime tentative, mais la hiérarchie a déjà grimpé d’un cran. Les autres trouvent le tour parfait au bon moment, lui non. Il reste huitième. La sensation n’est pas celle d’un échec, plutôt celle d’un rendez-vous manqué avec une performance encore plus marquante.

Devant, Max Verstappen, son coéquipier temporaire, se glisse troisième sur la grille, à 0’’140 de Norris et 0’’352 devant Lawson. Un repère brutal mais précieux : le Néo-Zélandais n’est pas largué, loin de là.

Lindblad dans le top 10, Tsunoda en retrait

Dans le reste du camp Red Bull, Arvid Lindblad poursuit sa série de départs dans le top 10 en signant le dixième temps. Discret, mais constant. Exactement le genre de profil qui, sur une saison complète, finit toujours par peser.

Yuki Tsunoda, lui, devra composer avec une 15e place sur la grille pour Racing Bulls, l’équipe où Lawson a déjà laissé sa trace et où Hadjar doit désormais s’installer. Une autre pièce sur l’échiquier, un autre concurrent indirect dans la bataille des baquets.

Une nuit qui peut compter très loin

Le départ du Grand Prix d’Espagne sera donné à 1h du matin lundi (heure néo-zélandaise). Norris en pole, Antonelli à l’affût, Verstappen prêt à bondir depuis la deuxième ligne. Et, un peu plus loin, Lawson en embuscade, encore.

Ce ne sera sans doute pas son dernier tour de roue en F1, mais ce pourrait être sa dernière course avec Red Bull avant un long hiver d’incertitudes. Alors une question s’impose : si un pilote en sursis parvient déjà à se hisser régulièrement dans le top 10, que fera-t-il le jour où quelqu’un lui confiera enfin un volant pour de bon ?