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Nicolas Batum prend sa retraite après 18 saisons en NBA

Nicolas Batum, le dernier rideau

LOS ANGELES — Cette fois, c’est terminé. Sans conférence de presse ni parterre de micros, Nicolas Batum a choisi de fermer le livre de sa carrière là où tout a commencé pour lui : en famille.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, assis face à son fils Ayden, 10 ans, le Français de 37 ans a prononcé les mots que beaucoup redoutaient d’entendre : il prend sa retraite, après 18 saisons en NBA et une longue route avec l’équipe de France.

« J’ai décidé d’arrêter le basket pour plusieurs raisons. Je veux rentrer à la maison et être avec toi. Je vais m’occuper de toi et laisser la place aux autres. Je pense que j’ai fait mon temps », explique-t-il à son fils, presque comme s’il lui confiait un secret de vestiaire. « Mon temps avec la France s’est terminé il y a deux ans. Et la NBA, c’est fini aussi. Quand tu as joué autant que moi, à un moment, il faut savoir quand s’arrêter… J’ai fait tout ce que j’avais à faire. »

Un départ sans fracas, mais avec du poids. Beaucoup de poids.

De la France à Portland, le grand saut

Avant les projecteurs de la NBA, Batum a fait ses gammes dans le championnat de France, deux saisons qui ont suffi à attirer l’œil des recruteurs américains. Drafté au premier tour par les Portland Trail Blazers, il débarque dans une ligue qui, à l’époque, n’ouvre pas encore grand ses portes aux profils polyvalents venus d’Europe.

À Portland, où il passe sept saisons, il se taille une réputation de joueur complet, capable de défendre, de créer, de tirer, de s’adapter. Ailier de 2,01 m, longiligne, intelligent, il devient ce coéquipier que tout coach veut avoir sur le parquet quand le match se joue sur les détails.

Puis vient Charlotte. Six saisons avec les Hornets, dans un rôle plus important, plus exposé aussi. Les responsabilités augmentent, les statistiques suivent. Batum ne sera jamais une superstar médiatique, mais il s’impose comme une pièce centrale, un de ces joueurs qui font tourner une équipe sans forcément occuper la une.

Los Angeles, la dernière grande scène

La fin de carrière se joue en grande partie à Los Angeles, sous le maillot des Clippers. Sur ses six dernières saisons NBA, il en passe la majorité en Californie, avec une courte parenthèse à Philadelphia en 2023-24.

À ce stade, Batum n’est plus le jeune ailier à développer, mais le vétéran respecté, le joueur de devoir que l’on envoie sur la meilleure menace adverse, celui qui écarte le jeu avec son tir extérieur et fluidifie les attaques avec sa lecture. Un rôle discret en apparence, essentiel en réalité.

Sur l’ensemble de sa carrière en NBA, les chiffres racontent une histoire claire : 9,6 points, 4,7 rebonds, 3,0 passes décisives de moyenne, avec 37 % de réussite à trois points. Des statistiques solides, constantes, à l’image de son jeu.

Le pilier des Bleus

Si son temps avec l’équipe de France s’est achevé il y a deux ans, son empreinte avec les Bleus reste considérable. Batum a été l’un des piliers d’une génération qui a replacé la France tout en haut de la scène internationale.

Il fait partie de ces cadres qui ont accompagné les Bleus jusqu’aux médailles d’argent aux Jeux olympiques de 2020 et 2024. Deux finales perdues, certes, mais deux campagnes qui ont confirmé la place de la France dans le gratin mondial. Dans ces épopées, Batum n’a pas seulement apporté des points ou des rebonds. Il a apporté des stops défensifs, du leadership, cette capacité à faire la bonne action au bon moment.

Son contre mythique restera pour d’autres récits. Ici, ce sont les médailles qui parlent : argent à Tokyo, argent à Paris, symbole d’une longévité rare au plus haut niveau.

« Savoir quand s’arrêter »

Dans sa vidéo, Batum insiste sur cette idée simple et dure à la fois : savoir dire stop. « Quand tu as joué autant de basket que moi, à un moment, tu dois savoir quand t’arrêter », glisse-t-il à Ayden. Derrière la formule, il y a les kilomètres avalés, les saisons enchaînées, les étés sacrifiés pour le maillot bleu, les voyages, les blessures, les attentes.

Il ne s’attarde pas sur les regrets. Il parle de transmission, de laisser la place « aux autres ». Une phrase qui résonne dans une période où une nouvelle génération française frappe à la porte de la NBA et du très haut niveau international.

Batum quitte la scène sans grand discours ni cérémonie officielle. Il la quitte comme il a souvent joué : avec justesse, sans chercher la lumière pour elle-même. La NBA est derrière lui, l’équipe de France aussi. Reste une question, désormais : que fera ce cerveau de basket, cette vision du jeu, une fois rangés les baskets pour de bon ?