Monza : Gasly en pole, Piastri rétrogradé après incident
Le temple de la vitesse a encore frappé. À Monza, là où les carrières basculent en un tour parfait ou un léger contretemps, Pierre Gasly a arraché sa toute première pole en Formule 1. Et pendant que le Français savourait, Oscar Piastri, lui, voyait sa soirée se retourner.
Oscar Piastri s'élancera finalement sixième, puni de trois places sur la grille pour avoir gêné Liam Lawson.
Gasly, neuf ans d’attente pour un tour parfait
1:21.786. Un chiffre, un tour, un cri dans la radio. Gasly explose : « Let’s go ! Been waiting for that one! » Neuf ans qu’il chasse cette pole. Neuf ans à se rapprocher sans jamais toucher le sommet. À Monza, le déclic.
Le pilote Alpine claque son meilleur chrono en Q3, devant George Russell (1:21.846) et Piastri (1:21.966). Le décor est presque surréaliste : une Alpine en pole, une Mercedes en première ligne, et les gros bras du championnat repoussés.
Pour Gasly, le symbole est immense. Son unique victoire en F1 ? Ici, déjà, à Monza. Et il le rappelle sans forcer le trait : « Gagner ma première course à Monza, obtenir ma première pole sur ce circuit, c’est quelque chose de spécial. » La boucle n’est pas bouclée, mais elle se resserre.
Russell lui-même avoue sa surprise : Alpine n’était pas vraiment dans les calculs. « Honnêtement, on ne pensait pas qu’ils étaient dans le coup, ça montre le travail qu’il a fait », glisse le Britannique. Quand le paddock tombe des nues, c’est souvent que le tour a été vraiment grand.
Piastri, de l’euphorie à la sanction
Sur le papier, la journée de Piastri avait tout pour sourire. Un rythme solide, un tour de Q3 propre, une troisième place méritée. Mais Monza ne pardonne pas les imprécisions, surtout dans le trafic.
Tout bascule en Q2. L’Australien sort des stands, prévenu à la radio de l’arrivée de Liam Lawson et Max Verstappen. Il doit freiner fort pour s’écarter de la trajectoire de Verstappen, se retrouve planté dans un angle mort, presque immobile, au mauvais endroit, au pire moment.
Lawson déboule dans la première chicane, lancé dans son dernier tour rapide. Devant lui, la McLaren de Piastri traîne. Le Néo-Zélandais explose à la radio : « Dude, what the f--k?! » L’instant est clair, la direction de course ne mettra pas longtemps à trancher.
Trois places de pénalité. De troisième à sixième sur la grille.
Piastri ne se défausse pas, mais raconte la scène à sa manière : « C’était une situation compliquée à gérer. Je sortais des stands, on m’a dit que Lawson et Verstappen arrivaient, j’ai dû freiner très fort pour me sortir de la trajectoire de Max, et je me suis retrouvé dans une position très délicate avec Liam. » Une explication, pas une excuse. Les commissaires, eux, n’ont pas tremblé.
McLaren dans le coup, mais bousculée
Malgré la sanction, le rythme de Piastri reste une bonne nouvelle pour McLaren. L’Australien le sait : « Les choses vont un peu mieux ce week-end. Les temps au tour n’ont pas été spectaculaires en essais parce que c’était assez chaotique. »
En qualifications, l’écurie a mieux géré le fameux « train » de Monza, ce long serpent de voitures cherchant l’aspiration parfaite sur la ligne droite. « On s’est mis au bon endroit pour avoir un bon slipstream, et c’est tout ce dont on avait besoin. On s’est placés comme il fallait et je pense avoir bien exécuté mon tour », résume Piastri.
Lando Norris, lui, n’a pas réussi à suivre tout à fait le rythme en Q3. Son meilleur chrono reste un 1:22.067 signé en Q2, insuffisant pour se mêler à la bataille de la toute première ligne. Dans un week-end où Alpine surgit devant, où Mercedes s’accroche et où Red Bull n’est pas en position dominante habituelle, chaque dixième coûte très cher.
Une grille renversée pour un Grand Prix explosif
Derrière Gasly en pole, Russell s’élancera deuxième. Charles Leclerc prendra le départ depuis la troisième place, Lewis Hamilton depuis la quatrième, Max Verstappen depuis la cinquième. Piastri, lui, partira sixième, coincé au cœur d’un peloton où le moindre freinage tardif peut faire basculer une course.
Monza adore ce genre de scénario : un outsider en pole, des favoris éparpillés, des pénalités qui rebattent les cartes et des ego à contenir au premier virage.
Gasly a déjà gagné ici. Il sait ce que représente un dimanche parfait dans le Parc royal. La question, désormais, est simple : cette pole marque-t-elle un simple éclair de génie, ou le début d’un vrai retour d’Alpine dans la lumière ?




