Mondial de Basket Féminin 2023 : Les Étoiles Sans A’ja Wilson ni Kelsey Plum
À Berlin, un Mondial sans A’ja Wilson ni Kelsey Plum… mais pas sans étoiles
Kara Lawson n’a pas perdu de temps à se lamenter. Privée d’A’ja Wilson et de Kelsey Plum pour raisons de santé, la sélectionneuse de Team USA a vite posé le décor : le monde a rattrapé son retard, et ce Mondial sera le plus difficile à gagner depuis longtemps.
Wilson, MVP du dernier Mondial et reine des Jeux de Paris 2024, reste à la maison. Plum, héroïne de la finale olympique avec ses 12 points décisifs, aussi. Pourtant, le poids de l’attente ne disparaît pas. Il glisse simplement sur d’autres épaules, dans un tournoi qui réunira, à partir du 4 septembre à Berlin, les 16 meilleures nations et une concentration de talent rarement vue.
Parmi elles, dix joueuses se détachent déjà. Dix repères, dix menaces, dix phares dans un tableau final qui s’annonce dense.
10. Han Xu, la tour de contrôle chinoise
À 2,06 m, Han Xu n’entre jamais discrètement dans un gymnase. La pivot chinoise dispute son troisième Mondial, forte d’un passage remarqué au tournoi qualificatif de Wuhan en mars, conclu à 12,4 points et 5,6 rebonds de moyenne, avec un titre de joueuse du match face au Brésil.
À son âge – 26 ans – elle combine déjà taille, toucher et expérience. Et pourtant, elle ne sera peut-être pas le casse-tête principal de Team USA lors du match d’ouverture contre la Chine. Le secteur intérieur chinois aligne aussi Li Yueru, pivot de 2,01 m des Dallas Wings, et la prodige de 19 ans Zhang Ziyu, annoncée à 2,18 m et éligible pour la draft WNBA 2027. Un frontcourt qui change immédiatement l’échelle du tournoi.
9. Megan DiLeo, l’âme offensive de l’Espagne
Les classements FIBA placent l’Espagne au 3e rang mondial. Une ambition chiffrée qui repose en grande partie sur Megan DiLeo.
À Paris 2024, la pivot de 1,93 m a dominé les feuilles de stats espagnoles : 18,0 points et 9,3 rebonds par match. Elle surfe aujourd’hui sur la meilleure saison WNBA de sa carrière avec Portland Fire, et s’apprête pourtant à découvrir le Mondial pour la première fois.
Autour d’elle, un groupe jeune avec Awa Fam et Maria Conde. DiLeo en sera l’ancre, le point de fixation, la joueuse qui doit transformer le potentiel en podium.
8. Julie Allemand, cerveau du jeu belge
On parle beaucoup d’Emma Meesseman, à juste titre. Mais la clé du tempo belge s’appelle Julie Allemand.
La meneuse de Toronto Tempo arrive à Berlin en statut de point guard de référence mondiale. MVP du tournoi de qualification du Mondial 2026 à Wuhan, elle y a tourné à 9,4 points, 5,6 passes et 3,4 interceptions. Un match contre le Soudan du Sud a même inscrit son nom dans les livres d’histoire : 7 interceptions, record absolu sur un match de qualifications.
Avec Fenerbahçe, elle a été élue MVP du Final Six de l’EuroLeague Women 2025-26, qu’elle a remporté. Avec la Belgique, elle a accompagné les Cats vers l’or à l’EuroBasket 2023 et 2025, avec une place dans le cinq majeur à chaque fois. Une meneuse qui ne brille pas qu’aux chiffres, mais qui structure tout ce qui se passe autour d’elle.
7. Mai Yamamoto, la dynamite japonaise
À Las Vegas, Mai Yamamoto est devenue la nouvelle coqueluche des Aces. Sur la scène FIBA, elle est déjà une habituée. Sept compétitions seniors, dont le Mondial 2022 et les Jeux de Paris 2024.
Face aux États-Unis à Paris, elle a signé 17 points, 3 rebonds et 5 passes dans une lourde défaite (102-76), mais son impact a sauté aux yeux. Le Japon connaît la marche à suivre : or à la FIBA Asia Cup 2021, argent en 2023, avec Yamamoto au cœur du projet.
Son arme ? Un tir à deux mains d’une régularité presque déroutante. Elle a planté à 64 % à trois points lors du tournoi de qualification olympique 2024, puis à 50 % lors du tournoi qualificatif du Mondial à San Juan. Laisser un centimètre à cette shooteuse de 1,63 m, c’est souvent payer cash.
6. Ezi Magbegor, la puissance tranquille de l’Australie
L’Australie vise un troisième podium international consécutif. Au centre du projet, une intérieure de Seattle Storm : Ezi Magbegor.
Sa performance dans le match pour le bronze aux Jeux de Paris a marqué les esprits. Record d’efficacité sur un match dans l’histoire du basket féminin olympique : 30 points à 12/17 au tir, 13 rebonds. Une démonstration de ce que la pivot de 1,93 m peut imposer quand elle prend le contrôle d’une rencontre.
Dans un tournoi où chaque possession intérieure comptera, Magbegor représente pour les Opals bien plus qu’une option : une assurance de rester dans la conversation pour les médailles.
5. Leonie Fiebich, le visage de l’Allemagne hôte
Pour l’Allemagne, Leonie Fiebich n’est pas simplement une star. Elle est le symbole d’une génération qui veut exister à domicile.
L’ailière de 1,93 m, joueuse des New York Liberty, apporte longueur, adresse extérieure et impact défensif. Sa trajectoire récente parle d’elle-même : lors du tournoi de qualification olympique, elle a porté l’Allemagne avec 18,0 points et 7,3 rebonds par match, ouvrant la route vers une participation historique aux Jeux de Paris 2024.
À Berlin, chaque tir longue distance de Fiebich fera monter le volume dans la salle. Et chaque erreur défensive sur elle pourra coûter cher à l’adversaire.
4. Caitlin Clark, le phénomène sous les projecteurs
Caitlin Clark n’a pas encore joué une minute en Coupe du monde, et pourtant, c’est déjà la joueuse la plus observée du tournoi. Sa première avec Team USA au Mondial sera scrutée dans le moindre détail.
La star d’Indiana Fever arrive avec un message déjà envoyé à San Juan : MVP du tournoi de qualification du Mondial, alors qu’elle n’a débuté que l’un des cinq matchs de Team USA. Bilan pour la meneuse de 1,83 m : 58 points et 32 passes, meilleurs totaux de l’équipe.
Elle ne sera pas seulement un aimant à caméras. Elle sera aussi le baromètre de la fluidité offensive américaine, dans un groupe privé de Wilson et Plum.
3. Gabby Williams, la plaie ouverte de la France
Gabby Williams porte aujourd’hui la bannière de la France. Avec Golden State Valkyries et Fenerbahçe, elle a déjà prouvé qu’elle savait gagner. Avec les Bleues, elle veut effacer une cicatrice.
En 2024, elle a reçu le Trophée Alain Gilles, récompensant le meilleur basketteur ou la meilleure basketteuse française de l’année. Elle a aussi été élue MVP de la FIBA Europe SuperCup après avoir guidé Fenerbahçe au titre continental.
Puis est venue la finale olympique à Paris. 19 points pour Williams contre Team USA, une France battue 67-66, et ce tir au buzzer qui aurait pu envoyer le match en prolongation. Jugé à deux points plutôt qu’à trois. Un centimètre, une ligne, et une médaille d’or qui s’envole.
Avec deux Coupes du Président en Turquie, un titre d’EuroLeague, un trophée de MVP du Final Four et deux distinctions de meilleure défenseure de l’EuroLeague, Williams, 1,80 m, arrive au Mondial avec un supplément de rage. Une joueuse qui change le ton d’un match à elle seule.
2. Emma Meesseman, l’obsession or du « Belgian Cats »
Emma Meesseman n’a plus rien à prouver. Mais elle a encore quelque chose à gagner.
L’ailière-forte de 1,93 m des New York Liberty présente l’un des palmarès internationaux les plus fournis de sa génération : multiples titres à l’EuroBasket, deux sacres avec les Belgian Cats, deux trophées consécutifs de MVP de l’EuroBasket, et tout récemment, un nouveau titre européen en 2025, encore accompagné du titre de MVP.
Elle a déjà conquis la WNBA, avec un trophée de MVP des Finals en 2019 sous le maillot des Mystics. À 33 ans, il lui manque une ligne à son CV : l’or en Coupe du monde. Berlin peut devenir le théâtre de cette dernière conquête.
1. Breanna Stewart, la colonne vertébrale de Team USA
Sans A’ja Wilson, les yeux se tournent naturellement vers Breanna Stewart. L’ailière de 1,91 m des New York Liberty porte depuis des années l’excellence au plus haut niveau.
Son histoire avec Team USA est déjà légendaire. MVP des Jeux de Tokyo 2020, MVP du Mondial 2018, membre du cinq majeur à la Coupe du monde 2022 et aux Jeux de Paris 2024. Elle se présente à Berlin avec la possibilité d’écrire une page unique : égaler Sue Bird, aujourd’hui directrice de Team USA, seule joueuse de l’histoire à avoir remporté quatre titres mondiaux.
Un nouveau sacre ferait d’elle la deuxième à atteindre cette marque. Un autre trophée de MVP la placerait aussi comme première joueuse à être sacrée deux fois meilleure joueuse de Coupe du monde.
Le décor est planté. Le Mondial s’ouvre sans Wilson ni Plum, mais avec une armée de talents prêts à bousculer la hiérarchie. La question n’est plus de savoir si le monde a rattrapé Team USA. Elle est de savoir qui, à Berlin, osera le prouver.




