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Liam Lawson réalise son meilleur résultat chez Red Bull au Grand Prix de Madrid

Liam Lawson n’a pas gagné à Madrid. Mais il a clairement gagné quelque chose. De la consistance, du crédit, et un nouveau repère dans sa progression.

Parti huitième sur le tout nouveau tracé du Madring, le Néo-Zélandais de 24 ans a coupé la ligne en sixième position, son meilleur résultat sous les couleurs Red Bull et une copie conforme de sa performance à Silverstone plus tôt dans l’année. Huit points de plus dans la besace, et une neuvième place au classement des pilotes avec 59 unités, à 12 longueurs d’Isack Hadjar.

Pour lui, la soirée laisse un léger goût d’inachevé, mais pas de regrets majeurs.

« Depuis l’endroit où on partait, c’était une course correcte, a résumé Lawson. C’était juste super difficile de dépasser. On a tenté une stratégie alternative en pneus durs, mais la VSC ne nous a pas aidés. J’étais un peu tout seul, honnêtement. Ça aurait été bien de se qualifier plus haut, mais vu notre position de départ, c’était une course correcte. »

Antonelli profite du coup du sort, Norris perd tout en un virage

La course s’est jouée sur un détail. Un tour. Un timing. Celui de la Virtual Safety Car déclenchée au 15e passage, lorsque l’Aston Martin de Lance Stroll s’est immobilisée sur la piste avec un problème de freins.

Jusque-là, Lando Norris contrôlait les débats depuis la pole. Kimi Antonelli, placé dans son sillage, attendait l’ouverture. Elle est venue… des stands.

L’Italien, déjà vainqueur le week-end précédent à domicile à l’Italian GP, plonge immédiatement pour changer de pneus. Norris, lui, a déjà dépassé l’entrée des stands. Impossible de revenir en arrière. McLaren le rappelle au tour suivant, mais la VSC est levée. Le Britannique perd un temps précieux, ressort cinquième, plombé en plus par un arrêt plus lent que prévu à cause d’un souci sur la roue avant droite.

La bascule est brutale. Antonelli, lui, ne se fait pas prier. Il ressort devant, gère son rythme, et file vers une deuxième victoire consécutive, la huitième de sa saison.

À la radio, l’Italien ne fanfaronne pas : « Chanceux avec la Virtual Safety Car, je me sens un peu mal pour Lando. Course très solide, week-end solide, on continue à pousser. »

Plus tard, il insiste : « C’est bien de gagner, mais ça ne fait pas aussi plaisir parce que je pense que Lando méritait de gagner aujourd’hui. Mais au final, on prend. »

On prend, et on s’envole. Antonelli creuse encore l’écart au championnat : il compte désormais 81 points d’avance sur son coéquipier chez Mercedes, George Russell, qui termine cinquième à Madrid, alors qu’il reste neuf courses au calendrier.

Verstappen en arbitre, Norris rage, Leclerc piégé par sa stratégie

Derrière Antonelli, Max Verstappen s’intercale en deuxième position, devant Norris, troisième et furieux contre le sort. Le Néerlandais a dû, lui aussi, rendre une position en début de course après être passé hors piste face à Lewis Hamilton, mais il s’est rapidement replacé dans le bon wagon.

Norris, lui, résume sa soirée en une phrase : « Insanely unlucky » avec la voiture de sécurité virtuelle. Il détaille : il est le seul du groupe de tête à ne pas pouvoir s’arrêter sous VSC, voit tous ses rivaux en profiter, et se retrouve condamné à la poursuite.

« Bien sûr, j’ai l’impression que je méritais plus, explique-t-il. Il n’y avait rien que je puisse faire. Félicitations à Kimi et Max, ils ont fait une bonne course. Juste la chance qui n’était pas de notre côté. Une course dure, une de celles qui t’échappent. »

Charles Leclerc, lui, a tenté le coup de poker inverse. Le Monégasque choisit de rester en piste pendant la VSC, grimpe en tête sur une stratégie décalée et mène une grande partie de la course. Mais les pneus finissent par lâcher. Il doit s’arrêter tard pour son changement obligatoire, abandonne la première place et glisse finalement au quatrième rang.

Hamilton s’arrête, l’Espagne grince, le Madring se révèle

Pour Lewis Hamilton, le Grand Prix tourne court. Le septuple champion du monde, déjà en difficulté à l’Italian GP où il n’avait pu faire mieux que sixième après un accrochage avec Leclerc, ne boucle que sept tours à Madrid. Problème de freins, retour au garage, rideau.

Sur le plan sportif, le nouveau tracé madrilène a très vite imposé sa loi : peu d’opportunités de dépassement, un départ crucial, et une fenêtre stratégique minuscule autour de la VSC. Dès le premier virage, Antonelli attaque Norris, coupe le virage pour éviter le contact, prend l’avantage… avant de devoir rendre la position. Verstappen vit le même scénario face à Hamilton, contraint lui aussi de redonner sa place après avoir gagné un peu trop de terrain hors piste.

Au-delà de la piste, l’Espagne a vécu un retour contrasté de la Formule 1 dans la région de Madrid, 45 ans après le dernier Grand Prix disputé à Jarama en 1981. Les organisateurs annoncent près de 350 000 spectateurs sur l’ensemble du week-end, un succès populaire net. Dans les rues du nord de la capitale, quelques centaines de riverains manifestent pourtant avant le départ, vêtus de T-shirts jaunes, pancartes « Stop Formula 1 in Madrid » à la main. Bruit, fermetures de routes, impact environnemental : la contestation s’invite à la fête, alors que la course est contractuellement installée pour dix ans dans la capitale.

Alonso et Sainz se percutent, un Grand Prix à oublier pour l’Espagne

Sur la grille, ils n’étaient que deux à porter les espoirs locaux : Fernando Alonso et Carlos Sainz. Leur course s’est transformée en cauchemar dès les premiers tours.

Partis en fond de grille, les deux Espagnols se touchent rapidement. Alonso accuse : « Il m’a serré contre le mur. Au départ, il a déjà percuté deux voitures, et maintenant il me serre au freinage. » Sainz, déjà impliqué dans d’autres contacts après un envol très agressif, écope de cinq secondes de pénalité pour l’incident avec Alonso avant d’abandonner plus tard sur problème mécanique. Grand Prix à oublier, malgré la présence en tribune d’un spectateur de prestige, le roi Felipe VI.

Lawson progresse, Antonelli s’envole, cap sur Bakou

Au bout d’un week-end dense, le tableau est clair. Antonelli enchaîne, Verstappen reste là, Norris fulmine, Leclerc cherche encore la bonne fenêtre stratégique, Hamilton doute, l’Espagne grince… et Liam Lawson, lui, continue de grimper, silencieusement mais sûrement.

Sixième place, meilleur résultat chez Red Bull, régularité qui s’installe et 59 points désormais au compteur. Le Kiwi ne fait pas de bruit, mais il s’installe dans le paysage.

La caravane file maintenant vers Bakou pour l’Azerbaijan Grand Prix. Antonelli peut-il continuer sa série au pied des remparts, ou le vent finira-t-il par tourner en faveur de Norris et des autres prétendants ?

Liam Lawson réalise son meilleur résultat chez Red Bull au Grand Prix de Madrid