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Lewis Hamilton sous le feu des critiques après son crash en Espagne

Lewis Hamilton est sorti du circuit, mais pas de la polémique. À la Madring, lors de la dernière séance d’essais avant le Grand Prix d’Espagne, ce n’est pas tant son crash qui a fait grincer des dents que ce qui a suivi. Son attitude en piste après l’impact a déclenché une salve de critiques, notamment depuis la cabine de commentaires de Sky Sports F1.

L’incident survient alors que le pilote Ferrari est lancé sur un tour rapide. À la dernière courbe, il perd l’arrière, file tout droit et enfonce le nez de sa monoplace dans les barrières. Drapeau rouge immédiat. Rien d’inhabituel jusque-là pour un samedi matin agité.

Hamilton parvient pourtant à enclencher la marche arrière, se dégage du mur et repart. Problème : sur ce tracé, le Madring, la voie des stands se trouve à l’autre bout du circuit. Pour rejoindre les garages, il doit donc effectuer un tour complet… avec une voiture loin d’être intacte.

Et c’est là que tout dérape vraiment.

Le museau de la Ferrari est brisé. Le plancher avant est coincé sous la voiture. En roulant au ralenti, Hamilton traîne littéralement son aileron sur l’asphalte : gerbes d’étincelles sous le châssis, fumée épaisse qui s’échappe du pneu avant droit, laminé par le carbone arraché. Le caoutchouc chauffe, souffre, puis cède. Crevaison.

À la radio, le ton monte rapidement côté stand. Son ingénieur le prévient, à plusieurs reprises : il doit s’arrêter.

« Stoppe dans l’endroit le plus sûr, dans la zone la plus sûre possible », lui intime son ingénieur de course.

La réponse du septuple champion du monde tombe, sèche, déterminée : s’il peut ramener la voiture, il le fera. Sinon, il promet de s’arrêter « en sécurité ». Mais il continue.

Nouveau message depuis le muret Ferrari : l’équipe l’informe clairement d’une crevaison à l’avant droit et lui ordonne de couper court. « Arrête la voiture. » Hamilton réplique qu’il le voit, qu’il en est conscient. Pourtant, il poursuit encore quelques instants, avant de finalement céder et de garer la Ferrari sur le bas-côté. Il s’extrait de l’habitacle, session terminée.

Cette résistance aux consignes de son équipe, alors que la monoplace est manifestement en état dangereux, fait immédiatement réagir les commentateurs de Sky Sports F1. David Croft, la voix principale de la chaîne, ne mâche pas ses mots. Pour lui, la règle est claire : on ne roule pas avec une voiture en condition non sûre. Il souligne que l’équipe lui a demandé à deux reprises de s’arrêter, et que le pilote a choisi de continuer avant de finalement obtempérer. De quoi, selon lui, attirer un regard « très sérieux » de la direction de course.

À ce stade, aucune enquête n’a encore été annoncée par la direction de course, mais le débat est lancé.

À ses côtés, Anthony Davidson pointe un autre angle : la communication de Ferrari. Pour l’ancien pilote, l’écurie aurait dû être plus directe, plus explicite. Il estime que l’équipe aurait dû préciser à Hamilton que l’aileron avant se trouvait coincé sous la voiture et que le directeur de course risquait de sanctionner ce comportement.

Davidson insiste aussi sur l’exemplarité. Pour lui, l’image envoyée aux jeunes pilotes est désastreuse : on ne force pas le retour aux stands avec une voiture dans cet état, surtout avec des commissaires potentiellement en piste. Il évoque le scénario du pire : la pièce qui se glisse complètement sous la voiture, soulève l’avant, enlève toute direction, au milieu d’une zone où des personnes travaillent sur le circuit.

Les lignes directrices de la FIA en matière de pénalités sont claires : rouler avec une monoplace jugée dangereuse peut valoir au pilote un simple avertissement, mais aussi une pénalité sur la grille de départ, selon la gravité retenue par les commissaires.

Reste à savoir jusqu’où les instances iront avec un septuple champion du monde qui, cette fois, a clairement choisi de défier la voix venue du stand.