Lavia, guidé par Hazard, écrit son histoire à Chelsea
Romeo Lavia, guidé par l’ombre bienveillante d’Eden Hazard, commence enfin à écrire sa propre histoire à Stamford Bridge. Le milieu belge, longtemps freiné par les blessures, vit sa période la plus aboutie sous le maillot de Chelsea, porté par un mentor qui connaît chaque centimètre carré de cette pelouse.
Hazard, retour d’un roi et déclic pour Lavia
Samedi, Chelsea a dominé Manchester United (2-0) en Premier League. Une victoire solide, presque maîtrisée. Mais pour Lavia, l’essentiel ne se jouait pas seulement dans les duels ou les passes cassant les lignes.
Dans les tribunes, un visage a tout changé : Eden Hazard.
L’ancien numéro 10, 110 buts, deux titres de champion et sept saisons à illuminer l’ouest londonien, était de retour à Stamford Bridge. Après le coup de sifflet final, il est descendu saluer le vestiaire. Une scène simple, mais lourde de sens pour son jeune compatriote.
Les deux hommes se connaissent bien. La relation ne date pas de ce week-end, et Lavia ne le cache pas. Il parle d’un lien fort, presque naturel, avec celui qui a porté le maillot bleu avant lui. Voir Hazard, 35 ans, le féliciter au bord de la pelouse a agi comme un accélérateur.
« C’est une figure très importante pour moi. On parle beaucoup », confie Lavia au site officiel du club. Il raconte ce regard, ce mélange de fierté et de satisfaction qu’il a cru lire chez l’ancien ailier. « Je voyais dans ses yeux qu’il était heureux pour moi et fier. Ça me donne une motivation supplémentaire. »
Un échange de quelques minutes, mais pour un joueur en pleine reconstruction, le message vaut plus qu’un long discours.
De l’infirmerie au cœur du jeu
Lavia n’a pas eu le droit au moindre cadeau depuis son arrivée à Chelsea en 2023, contre 53 millions de livres. Le transfert devait l’installer comme une pièce maîtresse de l’avenir du club. Il a d’abord été un calvaire.
Les pépins physiques se sont enchaînés, les minutes de jeu, elles, se sont faites rares. Une frustration permanente, une saison tronquée, et ce sentiment d’être toujours en décalage par rapport au projet.
Cette période semble enfin derrière lui.
Le milieu de 22 ans figure désormais dans chaque groupe de Premier League depuis le début de la saison. Mieux encore, il vient d’enchaîner deux rencontres complètes : 90 minutes contre Liverpool en Carabao Cup, puis 90 minutes face à Manchester United en championnat. Deux matches pour reprendre du rythme, deux matches pour montrer pourquoi Chelsea a tant insisté pour le recruter.
« Tant que je me sens bien, je ferai tout pour aider l’équipe à obtenir des résultats », assure-t-il. Il se dit heureux de ses performances actuelles, mais refuse toute complaisance. « Je suis encore jeune et il y a beaucoup de domaines dans lesquels je peux progresser. On essaie de cocher ces cases pendant la semaine. C’est un processus. »
Les mots sont simples, mais ils collent à ce que l’on voit sur le terrain : un joueur qui gagne en volume, en justesse, et qui commence à imposer son tempo dans l’entrejeu. Lavia insiste aussi sur le travail collectif réalisé au club, avec les staffs et l’encadrement, qu’il estime « sur la bonne voie ». Pour lui, l’enjeu est clair : garder ce cap, ne pas lever le pied.
Un Chelsea relancé, un Lavia relancé
Sous les ordres de Xabi Alonso, Chelsea a retrouvé une ossature et une idée claire de jeu. Après neuf journées, le club pointe à la quatrième place avec 16 points, un début de saison enfin en phase avec ses ambitions européennes.
Dans ce contexte, la montée en puissance de Lavia tombe au bon moment. Le Belge vient de regagner sa place en sélection nationale, une reconnaissance supplémentaire de ses progrès. Sa capacité à couvrir le terrain, à récupérer haut et à lancer les offensives donne à Alonso une arme précieuse dans un secteur clé.
La dynamique est là. Le défi, désormais, est de la faire durer.
Sunderland, Leeds… et la suite
Le calendrier ne laisse aucun répit. Chelsea se déplace dimanche sur la pelouse de Sunderland, lanterne rouge, un match piégeux face à une équipe qui joue déjà gros. Pour un collectif qui vise solidement le top 4, ce sont précisément ces rendez-vous qu’il ne faut pas gâcher.
Après la trêve internationale, Stamford Bridge accueillera un choc à haute intensité face à Leeds. Un test de caractère, un test de constance. Lavia, lui, s’y présentera avec un statut renforcé, bien installé dans le onze et dans le cœur du projet.
Il avance, épaulé par l’héritage d’Eden Hazard mais déterminé à tracer sa propre route. La question n’est plus de savoir s’il appartient à ce niveau. Elle est désormais de mesurer jusqu’où il peut emmener ce Chelsea en reconstruction.




