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Lando Norris domine les essais libres au Brésil, Verstappen en colère

Lando Norris a lancé le week-end brésilien comme il aime le faire : à l’attaque, en haut de la feuille des temps. En 1’11’’717 avec les pneus tendres, le pilote McLaren a signé la meilleure référence de la première séance d’essais libres, devant Kimi Antonelli, Max Verstappen et Lewis Hamilton. Quatre voitures, quatre équipes, moins de trois dixièmes entre les trois premiers : le décor est planté.

Norris a devancé Antonelli de 0’’082, une broutille à cette échelle, mais suffisamment pour rappeler que McLaren reste une menace partout, sur un tour comme en rythme de course. Derrière, Verstappen a concédé 0’’236, Hamilton 0’’324. Les quatre grandes équipes se tiennent, la marge de manœuvre est infime.

Sur le tableau d’affichage, la hiérarchie reste serrée. Dans le cockpit de la Red Bull, l’ambiance l’est beaucoup moins.

Verstappen, la colère au bout du volant

La séance de Verstappen a surtout été marquée par la radio. Et elle a crépité. Le triple champion du monde a de nouveau pesté contre un vieux mal de la RB22 : les rétrogradages.

« Inacceptable, mec. Inacceptable, ces rétrogradages. What the **** ? » lâche-t-il, furieux, dans son casque. Quelques minutes plus tard, un autre problème vient s’ajouter à la liste : « Il y a quelque chose qui ne va pas avec ma direction. C’est de plus en plus dur de tourner le volant. »

Le chrono reste solide, troisième temps et dans le match. Mais le ton dit tout : Verstappen n’a aucune envie de composer avec des faiblesses techniques sur un week-end où la concurrence se montre déjà menaçante.

Hamilton, lui, place sa Ferrari au quatrième rang, à trois dixièmes, dans le sillage des meilleurs. George Russell complète un top 5 groupé, à 0’’386 de Norris, avec une Mercedes qui paraît immédiatement dans la fenêtre de performance.

Virage 1, juge impitoyable

Sur la piste, un point focal : le premier virage. Les blocages de roues se sont enchaînés, lourds, spectaculaires, pour les vétérans comme pour les débutants. Le freinage en descente, typique d’Interlagos, n’a fait aucun cadeau.

Colton Herta en a offert l’exemple le plus frappant avec un énorme plat au freinage du virage 1, sans autre conséquence qu’un nuage de fumée et un train de pneus bien entamé. Sa séance est restée propre par ailleurs, ce qui pourrait avoir des implications majeures pour son avenir : sauf surprise réglementaire, ce roulage sans incident devrait lui permettre de décrocher le dernier point manquant pour sa superlicence FIA. De quoi le rendre éligible à un baquet F1 dès 2027 si Cadillac décide de le promouvoir.

Il termine toutefois 20e, à 2’’558 de Norris et à 0’’904 de son équipier Valtteri Bottas.

Camara débute à domicile, Minì s’illustre

Le Brésil a aussi vibré pour un autre nom : Rafael Câmara. Le futur titulaire Haas pour 2027 a fait ses grands débuts en F1 devant son public, propulsé en piste ce week-end après la rupture entre Esteban Ocon et l’équipe américaine.

Le leader du championnat de Formula 2 a vécu une entrée en matière discrète mais propre : 18e temps, à 1’’979 de Norris et près de neuf dixièmes derrière Oliver Bearman dans l’autre Haas. Rien de flamboyant, mais aucune erreur majeure dans une séance où beaucoup ont mordu la poussière au virage 1.

Gabriele Minì, lui, a fait mieux que simplement apprendre. Installé dans l’Alpine, l’Italien a signé un très solide septième temps en 1’12’’569, se permettant le luxe de devancer Franco Colapinto de 0’’085. Minì termine premier rookie et premier pilote d’essais au classement, dans le sillage direct d’Isack Hadjar, sixième avec la Red Bull.

Derrière, les autres jeunes pousses restent hors du top 10 mais signent des références intéressantes. Leonardo Fornaroli place la seconde McLaren au 11e rang, à 1’’116 de Norris. Luke Browning se classe 17e, à seulement 0’’080 d’Alex Albon, ce dernier ayant été ralenti par un problème mécanique sur la Williams.

Des galères techniques pour Beganovic et Slater

Tout le monde n’a pas eu le luxe d’enchaîner les tours. Dino Beganovic et Freddie Slater ont payé le prix fort de soucis techniques. Ferrari pour le premier, Audi pour le second : deux voitures coupées dans leur élan.

« La voiture vient juste de s’éteindre », explique Slater à la radio, provoquant un drapeau rouge après seulement 12 minutes de séance. Au final, Beganovic boucle 11 tours, Slater seulement 7. Sans relais en pneus tendres, ils ferment la marche : 21e pour Beganovic en 1’14’’357 avec les gommes dures, 22e pour Slater en 1’14’’966, lui aussi en pneus durs.

Devant eux, la zone médiane reste dense. Gabriel Bortoleto hisse l’Audi au huitième rang, devant Colapinto et Liam Lawson, dixième avec la RB. Fernando Alonso se contente du 13e temps pour Aston Martin, juste devant Arvid Lindblad, autre représentant Racing Bulls dans le top 15. Lance Stroll ne fait pas mieux que 19e.

La première photographie du week-end brésilien raconte une chose : les écarts sont serrés, les gros bras sont déjà au rendez-vous, et la nouvelle génération frappe à la porte avec insistance. Norris a pris la main. Reste à savoir qui osera la lui arracher quand il faudra tout mettre sur la table.