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Klopp écarte Adeyemi : un signal fort au débat en Allemagne

Karim Adeyemi regarde la prochaine trêve internationale depuis Barcelone. Son nom ne figure pas dans la liste des 24 joueurs retenus par Jürgen Klopp avec la sélection allemande, et la décision a immédiatement mis le feu au débat outre-Rhin.

L’attaquant du FC Barcelona arrive pourtant lancé. Sept contributions décisives cette saison – quatre buts, trois passes – en 14 matches officiels avec le champion d’Espagne, une intégration rapide sous les ordres de Hansi Flick, et l’impression d’avoir enfin trouvé une forme de continuité qui lui manquait tant à Borussia Dortmund.

Klopp, lui, a tranché autrement.

Un match référence… et une action qui reste en travers

Depuis son premier match avec l’Allemagne à l’automne 2021, Adeyemi a cumulé 13 sélections sans jamais s’imposer comme titulaire indiscutable. Sous Klopp, il a eu sa chance lors des deux premières rencontres du nouveau sélectionneur : 80 minutes, puis 15 minutes face aux Pays-Bas.

Roman Weidenfeller, qui connaît Klopp de l’intérieur pour avoir longtemps travaillé avec lui à Dortmund, n’a pas oublié le premier de ces deux matches. Sur le plateau de l’émission « Triple – Der Hagedorn-Fußballtalk » sur Sky, l’ancien gardien a rappelé un moment clé :

« Il a très bien commencé contre les Pays-Bas. Mais malheureusement il a expédié une énorme occasion au-dessus. Ça aurait pu être le but de la victoire pour l’Allemagne en Hollande. »

Une action manquée, lourde de symboles. Mais pour Weidenfeller, ce n’est pas là que se joue le vrai problème.

Selon le champion du monde 2014, c’est le travail sans ballon qui a coûté cher à Adeyemi : « Karim a réagi trop lentement, il ne revenait pas assez souvent. Et ça, Jürgen Klopp n’aime pas du tout. Bien sûr, Jürgen te laisse énormément de liberté vers l’avant, mais il faut toujours revenir. »

Weidenfeller va plus loin : « Je pense que ce sont ces petits détails qui finissent par agacer Jürgen, et c’est peut-être pour ça qu’il ne l’a pas appelé. Peut-être comme un petit avertissement. »

Un message plus qu’une simple absence ? L’interprétation fait son chemin.

De Dortmund à Barcelone, un virage dans la carrière

Le cas Adeyemi ne se lit pas seulement à travers deux matches de sélection. Son passage à Borussia Dortmund a laissé une impression mitigée : des éclairs, des périodes de haut niveau, puis de longs passages où il disparaissait du jeu.

L’été dernier, l’attaquant a tourné la page. Direction FC Barcelona contre 22 millions d’euros, pour retrouver Hansi Flick, l’entraîneur qui lui avait offert ses débuts avec la Mannschaft. Un pari fort, commenté avec scepticisme en Allemagne.

Dietmar Hamann l’a rappelé : « Il y a eu des voix critiques. Certains se sont demandé pourquoi Hansi Flick s’infligeait ça en amenant Adeyemi à Barcelona. Ils ont payé beaucoup d’argent pour lui, mais jusqu’ici il fait un travail remarquable. »

Hamann salue autant l’efficacité que l’attitude : « Il a marqué des buts importants et magnifiques, et il a aussi mis l’équipe au premier plan, dans une certaine mesure. Il faut faire ça quand on rejoint un club de classe mondiale comme FC Barcelona. À Dortmund, il a souvent connu des pics, mais il disparaissait aussi longtemps. Récemment, il est relativement constant. »

C’est justement cette constance nouvelle qui laissait penser que sa place en sélection était assurée.

Hamann « surpris » par le choix de Klopp

Avec ses sept actions décisives depuis le début de saison et sa vitesse dévastatrice, Adeyemi cochait de nombreuses cases pour les matches de Ligue des nations à venir, face à la Serbie le 13 novembre puis aux Pays-Bas le 16 novembre.

Hamann ne cache pas sa stupeur : « J’ai été surpris que Jürgen Klopp ne le prenne pas. On sait que la vitesse est une arme incroyable dans le football moderne. Quand on regarde la liste, il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont cette vitesse. »

Klopp a pourtant choisi une autre voie pour ses postes offensifs entre les lignes. Le sélectionneur a retenu Said El Mala (1. FC Köln), Derry Scherhandt (SC Freiburg), Florian Wirtz (Liverpool), Lennart Karl (Bayern Munich), Brajan Gruda (RB Leipzig) ainsi que le novice Wael Mohya (Borussia Mönchengladbach) pour les rôles de milieu offensif.

Un casting qui privilégie diversité de profils, créativité et volume de jeu. Adeyemi, lui, reste à la porte, malgré une arme rare : cette capacité à faire exploser une défense sur une accélération.

Un avertissement à temps ou un tournant durable ?

Après quatre rencontres de Ligue des nations, l’Allemagne pointe à la troisième place de son groupe avec cinq points, à trois longueurs des Pays-Bas et de la Grèce. Seuls les deux premiers verront le tour suivant. La marge d’erreur se réduit.

Dans ce contexte, chaque choix de Klopp pèse un peu plus lourd. L’absence d’un attaquant en forme dans un grand club comme Barcelona n’est pas un détail, surtout quand la question de la profondeur offensive et de la vitesse se pose déjà dans l’opinion publique.

Reste à savoir comment Adeyemi répondra à ce signal. À Barcelone, sous la houlette de Flick, il dispose de la scène idéale pour prouver qu’il peut allier explosivité, efficacité… et discipline défensive.

Si Klopp voulait lancer un avertissement, il est reçu cinq sur cinq. La suite, elle, se jouera autant sur la pelouse de Barcelona que dans le bureau du sélectionneur avant les prochaines listes.