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Kimi Antonelli remporte la première course au Madring

Kimi Antonelli a choisi son moment. Et son circuit.

Pour la toute première course de Formule 1 disputée au Madring, l’Italien a inscrit son nom tout en haut de l’affiche, profitant d’un coup du sort stratégique qui a brisé les espoirs de Lando Norris et de McLaren. Une victoire construite dans l’ombre, arrachée en quelques tours décisifs, et jamais vraiment menacée une fois la tête récupérée.

Norris contrôle… jusqu’au drame stratégique

Au départ, tout semblait écrit pour Norris. Parti depuis la pole, le pilote McLaren s’envole proprement et contient Kimi Antonelli, pourtant très agressif dans le premier tour. Deux fois, l’Italien se retrouve brièvement devant, deux fois il doit rendre la position après être sorti des limites de la piste. Norris reprend les commandes, impose son rythme, gère.

La course se tend d’un coup au virage 20. Lance Stroll gare son Aston Martin dans la zone de dégagement. Voiture à l’arrêt, neutralisation virtuelle. Le moment charnière.

Norris vient tout juste de dépasser l’entrée des stands. Trop tard. Derrière, Antonelli, Max Verstappen et George Russell plongent immédiatement pour leur arrêt sous régime de voiture de sécurité virtuelle. Cadeau stratégique : moins de temps perdu, positions potentiellement gagnées.

Un tour plus tard, Norris s’arrête à son tour. Mauvais timing, mauvais arrêt. Sept secondes immobiles. Une éternité. Quand la McLaren ressort, la piste est repassée sous drapeau vert, le bénéfice du VSC a disparu et le Britannique s’est fait doubler par Antonelli, Verstappen et Russell. La victoire lui échappe en quelques instants.

Leclerc en paravent, Antonelli en patron

Devant, un autre homme s’invite dans l’équation : Charles Leclerc. Le Monégasque ne s’arrête pas et s’installe en tête, en décalage stratégique, chaussé de pneus durs qu’il pousse loin, très loin. Il mènera plus de tours que quiconque dans cette course, espérant un nouveau neutralisation qui ne viendra jamais.

Pendant ce temps, Antonelli gère. Il sait que la vraie tête de course est pour lui, une fois Leclerc rentré. Quand la Ferrari finit enfin par abandonner ses gommes dures au 48e des 57 tours, l’Italien hérite officiellement du leadership. Il ne le lâchera plus.

Rien de spectaculaire, pas de manœuvre kamikaze. Juste un rythme solide, une gestion propre, la froideur d’un pilote qui ne tremble pas au moment de signer sa première grande victoire sur une scène inédite.

Verstappen frustré, Red Bull sous tension

Max Verstappen, lui, aura vécu une course aussi intense que frustrante. Dès le premier tour, il se montre incisif : il déborde Antonelli et Lewis Hamilton pour se hisser derrière Norris. Mais l’action suivante tourne au casse-tête.

Pour éviter la Ferrari de Hamilton au premier chicane, Verstappen coupe et dépasse Norris hors trajectoire normale. Il prend la tête en piste, mais Red Bull lui ordonne de rendre la position à Hamilton, décision qui le fait chuter… et l’expose à Antonelli. En restituant le gain, il perd aussi face à l’Italien.

La radio s’enflamme. Verstappen fulmine, juge la situation grotesque, parle de course de « Mickey Mouse ». Le ton est donné : il se battra jusqu’au bout, mais avec la sensation d’avoir laissé passer une occasion par décision d’équipe.

La suite est plus linéaire pour lui : deuxième derrière Antonelli, incapable de revenir suffisamment pour porter une attaque réelle, mais assez rapide pour contenir le retour de Norris dans les derniers tours.

Hamilton abandonne, Norris s’arrache pour le podium

Pour Hamilton, la course tourne court. Des soucis de freins mettent fin à son Grand Prix bien avant le drapeau à damier. Un abandon sec, sans éclat, dans une course où il n’aura jamais pu réellement peser.

Norris, lui, refuse de lâcher. Relégué derrière Verstappen après le mauvais arrêt, il remonte, se rapproche, met la pression. Dans l’avant-dernier tour, il tente le tout pour le tout alors que les deux leaders prennent un tour à Arvid Lindblad et Nico Hülkenberg, en pleine bagarre.

Verstappen coupe une nouvelle fois une chicane pour se protéger, l’incident est noté pour sortie des limites de piste et possible avantage gagné. Mais la direction de course tranche vite : aucune suite. Norris doit se contenter de la troisième place, avec le sentiment amer d’avoir perdu une victoire qui lui tendait les bras.

Ferrari sans miracle, Russell paye cher son deuxième arrêt

Derrière ce trio, Charles Leclerc termine au pied du podium. Sa stratégie décalée n’a pas été récompensée : pas de voiture de sécurité, pas de neutralisation tardive, seulement la froide réalité du chronomètre. Longtemps en tête, mais jamais réellement en position de gagner, il doit se satisfaire de la quatrième place.

George Russell complète le top 5 après un deuxième arrêt qui lui coûte cher. Le Britannique avait profité du VSC pour doubler Norris, mais ce choix de repasser par les stands plus tard le renvoie derrière la McLaren à l’arrivée. Une course solide, mais sans éclat.

Lawson se révèle, Colapinto brille, Lindblad s’endurcit

Plus loin, la journée sourit à Liam Lawson. Remplaçant chez Red Bull, il signe son meilleur résultat jusque-là avec une sixième place méritée. Course propre, rythme constant, aucun faux pas : un message clair envoyé au paddock.

Juste derrière, Franco Colapinto s’offre un coup d’éclat. Il sort vainqueur d’une féroce bataille du milieu de peloton et termine devant Oscar Piastri, pourtant au volant d’une McLaren plus rapide sur le papier. Une performance qui ne passera pas inaperçue.

Arvid Lindblad décroche la neuvième place pour Racing Bulls au terme d’un duel serré avec l’Audi de Nico Hülkenberg. Troisième arrivée dans les points sur les quatre dernières courses : le jeune pilote s’installe doucement mais sûrement comme un habitué du top 10.

Sainz brisé à domicile, journée noire pour plusieurs

La fête espérée pour Carlos Sainz tourne court. Le héros local abandonne, non sans avoir écopé d’une pénalité de cinq secondes pour un accrochage avec son compatriote Fernando Alonso. Une course à oublier, dans un week-end où l’Espagnol espérait briller devant son public.

Sergio Perez, au volant de la Cadillac, ne voit pas non plus l’arrivée. Lance Stroll, lui, aura été l’élément déclencheur de toute l’histoire de ce Grand Prix en immobilisant son Aston Martin au mauvais endroit, au mauvais moment, pour Norris.

Au Madring, la première page de l’histoire de la Formule 1 porte donc un nom : Kimi Antonelli. Une victoire née d’un instant de chaos et d’un sang-froid implacable. Reste une question, déjà : était-ce un coup d’éclat isolé… ou le début d’un basculement durable dans la hiérarchie du plateau ?