Kimi Antonelli et Mercedes dominent le championnat
Lewis Hamilton est reparti de Madrid sans un seul point… et avec la conviction que le championnat est déjà joué. Contraint à l’abandon dès le 7e tour du Grand Prix d’Espagne à cause d’un problème de freins, le septuple champion du monde a dressé un constat sans détour : pour lui, Kimi Antonelli et Mercedes ne lâcheront plus les titres cette saison.
Antonelli, 20 ans, mainmise sur le championnat
Vingt ans, huit victoires en quatorze courses, et une autorité qui commence à peser lourd sur le paddock. Kimi Antonelli domine le classement général avec une avance qui ressemble déjà à un mur.
Après l’étape madrilène, l’Italien compte 101 points d’avance sur Lewis Hamilton, seulement troisième du championnat. Son plus proche rival n’est même pas le Britannique, mais son propre coéquipier chez Mercedes, George Russell, relégué à 81 longueurs.
La dynamique est implacable : Antonelli a mené le championnat pendant 13 Grands Prix consécutifs. Une semaine plus tôt, il était entré dans l’histoire en devenant le premier Italien depuis 1966 à remporter le Grand Prix national à Monza. Un symbole fort, un message encore plus brutal pour la concurrence.
Mercedes écrase aussi le classement constructeurs
Ce que Kimi Antonelli est en train de faire chez les pilotes, Mercedes le reproduit chez les constructeurs. L’écurie allemande possède déjà 145 points d’avance sur Ferrari, deuxième. Derrière, McLaren, tenant du titre, est encore 52 points plus loin, à distance respectable et, pour l’instant, incapable de menacer réellement.
Dans ce contexte, les mots de Hamilton prennent un relief particulier. L’homme aux sept couronnes, désormais chez Ferrari, voit son ancienne équipe filer vers un nouveau sacre avec son propre successeur au volant. Antonelli a en effet pris la place du Britannique chez Mercedes après la saison 2024. Le passage de témoin est brutal, presque théâtral.
Hamilton, départ canon, abandon sec
Sur la piste, la journée de Hamilton avait pourtant bien commencé. Parti quatrième, il s’était hissé au troisième rang dès le premier tour, profitant d’un départ tranchant. L’espoir d’un podium, voire mieux selon le déroulement stratégique, existait.
Tout s’est effondré au 7e tour. Problème de freins, voiture rentrée au garage, course terminée. Pour la première fois de la saison, Hamilton termine un week-end sans le moindre point. Un coup d’arrêt net dans sa tentative de rester accroché à la lutte au sommet.
À la sortie de la voiture, le constat a été lucide : stopper Antonelli et cette Mercedes-là relèvera de l’exploit. Hamilton a salué le travail de son ancienne équipe et la solidité de l’Italien, insistant sur la difficulté de les faire chuter cette année.
Même Verstappen et Norris baissent les yeux
Le sentiment d’impuissance ne touche pas que Hamilton. À Madrid, Max Verstappen, deuxième du Grand Prix avec Red Bull, a lui aussi reconnu qu’il ne croyait plus vraiment à un retour dans la course au titre. Le triple champion du monde pointe à 147 points d’Antonelli, un gouffre à ce stade de la saison.
Lando Norris, champion en titre avec McLaren, n’est guère mieux loti. Quatrième du général, il accuse 106 points de retard sur le jeune leader de Mercedes. Le Britannique a pourtant tenu à souligner la qualité des performances de l’Italien, impressionné par sa constance et son niveau de maîtrise.
Quand les champions en place commencent à parler de la couronne au passé, c’est que le rapport de forces a basculé.
Antonelli garde le pied sur l’accélérateur
Face à cette avalanche de compliments et à un avantage qui pourrait inciter à la gestion, Kimi Antonelli, lui, refuse de lever le pied. L’Italien martèle qu’il doit continuer à travailler, saisir chaque opportunité et rester concentré jusqu’au dernier tour de la saison.
Il sait que la Formule 1 punit la moindre complaisance. Il sait aussi que les grands champions se jugent à la façon dont ils ferment un championnat autant qu’à la manière dont ils l’ouvrent.
Le décor est planté : un prodige de 20 ans, un géant comme Mercedes redevenu intouchable, des légendes contraintes de reconnaître la supériorité du nouveau patron. La question n’est plus de savoir si Antonelli peut être champion, mais jusqu’où il va repousser les limites de cette première conquête.




