Jeux asiatiques Aichi-Nagoya 2026 : tensions autour du cricket
Les terrains de cricket des Jeux asiatiques Aichi-Nagoya 2026 se retrouvent déjà au centre du débat. Pas pour un exploit sportif, mais pour des doutes lourds sur la qualité des installations et l’hébergement des équipes. À un peu plus de deux ans de l’événement, la confiance des grandes nations asiatiques vacille.
Les « big boys » froncent les sourcils
Lors de la récente réunion de l’Asian Cricket Council (ACC) à Bangkok, le ton est monté. Les inquiétudes ne viennent pas des petites fédérations. Elles viennent, comme le résume une source, « des big boys » : Inde, Pakistan, Sri Lanka, Bangladesh, Afghanistan. Les cinq nations de Test du continent.
Dix équipes masculines, huit équipes féminines sont attendues au Japon. Mais les options posées sur la table pour les accueillir font grincer des dents.
- loger en ville et faire l’aller-retour vers le terrain en shinkansen,
- dormir sur un bateau amarré à proximité,
- ou accepter des tentes « haut de gamme » en guise d’hébergement.
Pour des sélections composées de stars habituées aux standards internationaux les plus élevés, le tableau passe mal. Dans plusieurs fédérations, on estime que l’ACC, présidée par le Pakistanais Mohsin Naqvi, a tardé à se saisir du dossier. Pendant que d’autres instances continentales ont verrouillé depuis longtemps les réservations pour leurs délégations, le cricket asiatique semble avoir pris du retard.
Un terrain qui se construit encore
Le terrain lui-même n’apaise pas les tensions. Il s’agit d’une installation provisoire, sans véritables vestiaires, rappelant davantage les infrastructures de certains pays Associés que celles d’un grand rendez-vous multisports.
Le directeur général de l’ICC, Sanjog Gupta, a récemment publié une vidéo du site. On y voit un carré de jeu verdoyant, une pelouse qui prend forme, mais aussi un chantier encore ouvert. Son message se veut optimiste, mais prudent : le terrain est « presque prêt » pour être dévoilé aux Jeux, tout en reconnaissant que des travaux restent à mener avant d’accueillir 10 équipes masculines, 8 équipes féminines, les officiels et les supporters.
Le site officiel des Jeux présente le lieu comme un parc sportif situé à Nisshin City, doté d’un terrain de cricket spécialement développé pour l’événement. Il s’agira seulement du deuxième complexe au Japon à disposer d’une piste en gazon naturel conforme aux exigences des compétitions internationales. En mai, le pays y a déjà accueilli un tournoi de qualification de l’ICC, signe que la structure peut fonctionner… mais à quel niveau d’exigence pour un tournoi continental majeur ?
Inspections en urgence, doutes persistants
Face à la montée des critiques, un membre de l’ACC a confirmé à Cricbuzz qu’une délégation sera envoyée pour inspecter les lieux. Mais au sein de l’instance, une impression domine : le calendrier se resserre dangereusement.
En Inde, le sujet a déjà atterri sur la table du BCCI et de l’Indian Olympic Association (IOA). Selon des sources internes, un membre de l’équipe opérationnelle du BCCI devait se rendre au Japon pour évaluer les préparatifs sur place. À ce début de semaine, aucune confirmation de son voyage effectif n’avait filtré.
Cricbuzz a tenté de joindre le directeur général de la Japan Cricket Association, Alex Miyaji. Aucune réponse n’était encore parvenue.
L’Inde envoie ses stars, pas ses doublures
Sur le plan sportif, le contraste est saisissant : pendant que les installations interrogent, les sélections se renforcent. Le BCCI a choisi d’envoyer des équipes indiennes au complet, dirigées par leurs capitaines habituels, Shreyas Iyer pour les hommes et Harmanpreet Kaur pour les femmes.
Certaines rumeurs évoquaient l’envoi de sélections B. À la publication de ce rapport, rien ne va dans ce sens. Les officiels insistent : il est trop tard pour bouleverser les listes, sauf blessure. C’est déjà le cas de Jemimah Rodrigues, contrainte au forfait et remplacée par Pratika Rawal.
Le message est clair : l’Inde traite le tournoi comme un rendez-vous majeur. Ce qui renforce mécaniquement la pression sur les organisateurs japonais et sur l’ACC.
Un calendrier serré, une question ouverte
Le tournoi de cricket, au format T20, démarrera le 17 septembre, soit deux jours avant la cérémonie officielle d’ouverture des Jeux (prévue du 19 septembre au 4 octobre). La finale féminine se jouera le 22 septembre, le match pour l’or chez les hommes le 3 octobre.
Une rencontre amicale entre l’équipe masculine indienne et le Japon est évoquée pour le 22 septembre. Ni le BCCI ni la JCA ne l’ont confirmée à ce stade.
Les dates sont posées, les équipes se préparent, les billets d’avion se réservent. Reste une question, simple et brutale : les terrains et les hébergements seront-ils au niveau des ambitions affichées par le cricket asiatique quand le premier T20 sera lancé à Nisshin City ?




