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James Wiseman et Mike Brown : un défi pour les Knicks

James Wiseman arrivera au camp des New York Knicks avec un contrat modeste, un dossier médical chargé… et un atout qui change tout : l’entraîneur en chef sait déjà exactement quel joueur il est.

Selon Marc Stein (The Stein Line), Mike Brown reste un fervent partisan de Wiseman. Ce lien personnel donne un relief particulier à un camp d’entraînement qui, sur le papier, ressemble à un exercice classique pour les champions en titre, avec cinq vétérans invités via des contrats Exhibit 9.

Dans ce groupe, la bataille est claire : James Wiseman et Drew Eubanks pour une place dans la rotation au poste de pivot. Bruce Brown, John Konchar et Ochai Agbaji, eux, se disputent une place sur les lignes extérieures.

Un coach qui connaît le dossier par cœur

Mike Brown n’a pas besoin de vidéos récentes pour se faire une idée. Il était assistant de Steve Kerr aux Golden State Warriors lors des deux premières saisons de Wiseman. Il a vu de près ce qui avait fait de lui le choix n°2 de la draft 2020. Le toucher, la mobilité, le gabarit de 7 pieds, les flashs de domination. Il a aussi vu le reste : les coupures, les arrêts, le rythme brisé.

Rappel brutal : Wiseman tourne à 11,5 points et 5,8 rebonds en tant que rookie, avant qu’une blessure au genou ne mette fin à sa saison. Il manque ensuite toute la saison 2021-22, est envoyé à Detroit en février 2023, puis tente de relancer sa carrière à Indiana. Cette tentative dure cinq minutes. Rupture du tendon d’Achille gauche lors du match d’ouverture 2024-25.

À 25 ans, il reste un mystère autant qu’une promesse. Le corps est là, les outils physiques aussi. Ce qui manque, c’est la continuité. Sa disponibilité, sa concentration défensive, sa capacité à enchaîner les bonnes séquences sur plusieurs semaines, pas seulement quelques possessions.

Le soutien de Brown ne lui offrira pas une place garantie. Mais il lui assure quelque chose de rare à ce niveau : une vraie écoute. Un coach qui ne se base pas sur quelques entraînements de septembre, mais sur des années de souvenirs, de réunions vidéo et de travail en coulisses.

Un trou réel derrière Towns et Drummond

New York n’ouvre pas cette porte par charité. Il y a une logique sportive évidente.

Karl-Anthony Towns et Andre Drummond verrouillent le haut de la rotation au poste 5. Mais les départs de Mitchell Robinson et Ariel Hukporti ont laissé un vide très concret : aucun troisième pivot établi. Derrière les deux cadres, c’est le grand flou.

Dans ce contexte, Wiseman apporte quelque chose que personne ne peut inventer : la taille, la menace verticale au cercle, le rebond au-dessus de la mêlée. Eubanks, lui, mise sur autre chose : huit saisons de vécu NBA, une fiabilité défensive plus lisible, un plancher de performance plus prévisible.

Tout se jouera sur la hiérarchie des priorités. Protéger le secteur intérieur en misant sur un troisième pivot, ou renforcer encore les ailes avec Bruce Brown, Konchar ou Agbaji, capables d’apporter défense sur le périmètre et expérience en sortie de banc.

La marge de manœuvre est étroite. Les Knicks peuvent porter 15 contrats standards, mais prévoient de commencer la saison avec 14 joueurs, sauf nouveau mouvement pour alléger la masse salariale. Avec 13 contrats garantis déjà signés, un seul siège devrait rester libre au moment du coup d’envoi le 21 octobre.

Un précédent qui donne des idées

New York a déjà joué ce jeu-là. L’an passé, la franchise avait lancé un camp très concurrentiel avec Landry Shamet, Malcolm Brogdon, Garrison Mathews, Matt Ryan et Alex Len. La retraite surprise de Brogdon a ouvert une brèche. Shamet s’y est engouffré, s’est imposé dans la rotation du titre, puis a décroché un contrat de quatre ans à 24 millions de dollars.

C’est exactement le scénario que Wiseman regarde aujourd’hui. Une invitation en apparence banale, qui peut se transformer en renaissance de carrière si tout s’aligne : le corps, la défense, l’acceptation d’un rôle limité mais crucial.

Mike Brown lui offre le point de départ, la confiance initiale, le bénéfice du doute que peu de franchises lui accorderaient encore. À Wiseman, désormais, de prouver que son histoire en NBA n’est pas déjà écrite au passé. Une place à New York, un soir d’ouverture au Madison Square Garden, vaudrait bien plus qu’un simple contrat minimum : ce serait la preuve qu’il a enfin cessé de lutter contre son propre corps pour redevenir, enfin, un joueur de basket à part entière.