Ian Garry prêt pour une revanche après sa défaite contre Makhachev
Ian Garry refuse de baisser les yeux. Vingt-deux jours seulement après avoir vu son rêve de ceinture s’écraser sur la réalité Islam Makhachev à l’UFC 330, le poids Welter irlandais parle déjà comme un homme prêt à repartir au feu. Battu par décision unanime à Philadelphie, il a quitté la cage sans le titre… mais pas sans ses certitudes.
Pendant près de trois semaines, "The Future" s’est fait discret. Une réaction à chaud, quelques photos de famille sur Instagram, puis le silence. Le temps de digérer, de revoir cinq rounds face à l’un des monstres de l’histoire de l’UFC, de mesurer ce qui a manqué.
Ce silence s’est brisé à la veille du combat d’adieu de Katie Taylor. Devant les micros, Garry a retrouvé sa voix, son ton, et surtout son audace.
Fier… et déjà prêt pour une revanche
Interrogé sur ce qu’il retient de cette première tentative pour détrôner Makhachev, Garry n’a pas cherché d’excuses. Il a parlé d’orgueil. Le sien. Celui de son équipe. Celui de sa préparation.
Il se dit « fier et heureux » de sa performance, fier du camp mené avant le combat, fier de la manière dont il a poussé Makhachev « jusqu’au fil » sur cinq rounds. Mais la fierté ne masque pas la frustration. Le résultat le « dérange », admet-il. C’est la loi du jeu : on grimpe, on chute, on remonte. Et à 28 ans, il se voit encore dix ans au plus haut niveau pour prouver qu’il fait partie « des hommes les plus dangereux qui marchent sur cette terre ».
Pour lui, la marge n’est pas abyssale. Elle est technique, précise, presque chirurgicale.
Le regret : trop peu de volume, pas assez de venin
Garry ne réécrit pas le combat. Il ne prétend pas avoir été volé. Il sait où il a pêché. À l’écouter, le tournant est simple : il n’a pas assez lâché les chevaux.
Selon lui, la clé se résumait à plus de volume, plus de coups, plus de jambes, plus de poison dans les frappes au visage. Des low kicks qui n’ont pas assez claqué, des combinaisons qui n’ont pas assez débordé le champion. Il ne parle pas d’un tout autre combat, mais d’une version plus agressive de lui-même.
Et là où d’autres se contenteraient de regrets, lui franchit une ligne que beaucoup jugeront téméraire : à ses yeux, s’il retrouvait Makhachev « maintenant », il le battrait. Pas demain, pas dans un an. Maintenant.
Cette conviction, il la revendique. Elle ne vient pas de nulle part, insiste-t-il. Elle s’enracine dans la confiance absolue qu’il place en son équipe, en sa préparation, en sa capacité à corriger ses erreurs. Il dit vouloir remonter dans la cage « demain » pour tout recommencer.
Entre confiance totale et déni du réel
Il existe une frontière ténue entre la foi inébranlable et l’illusion. Les grands champions vivent souvent sur cette ligne. Garry ne fait pas exception.
Le monde entier a vu le combat. Makhachev a conservé sa ceinture, et les juges n’ont pas tremblé au moment de rendre leur verdict. Sur cinq rounds, l’Irlandais a tenu, a résisté, a montré qu’il appartenait à l’élite. Mais il a perdu, clairement. La marche restait un peu trop haute ce soir-là.
Imaginer une revanche immédiate relève donc du fantasme. L’UFC ne lui offrira pas un retour direct vers le trône. La route repassera par la file d’attente, par les autres cadors de la catégorie Welter, par des soirées où il faudra gagner sans trembler pour mériter une seconde chance.
Et c’est là que tout se joue désormais.
Dix ans pour prouver qu’il a raison
Le temps, pour une fois, joue pour lui. À 28 ans, Garry reste solidement installé dans le haut du classement. Il a montré qu’il n’était pas écrasé par la pression d’un combat pour le titre, ni par l’aura de Makhachev. Il a prouvé qu’il pouvait partager cinq rounds avec l’un des plus grands de l’histoire récente de l’UFC sans s’effondrer.
Il ne lui manque pas la voix, ni la confiance. Ce qui lui manque, c’est une nouvelle série de victoires. Une vraie. Celle qui oblige l’UFC à le rappeler, à le remettre dans le décor des ceintures, des conférences de presse de champions, des affiches en tête d’événement.
Garry assure qu’il veut revenir « le plus vite possible ». Il n’attend plus qu’un coup de fil, un nom, une date. Peu importe l’adversaire, répète-t-il : il veut du combat, du rythme, des occasions de montrer qu’il a corrigé ce qu’il n’a pas fait contre Makhachev.
La confiance, lui, n’en manque pas. La question est ailleurs désormais : saura-t-il transformer cette certitude intime en preuves brutales, sous les lumières, avant que la porte d’une deuxième chance ne se referme pour de bon ?




