logo

Gasly en pole à Monza : Piastri pénalisé

À Monza, la foudre Gasly, le coup de frein pour Piastri

Pierre Gasly a choisi le bon circuit pour frapper un grand coup. Quatre ans après sa victoire folle à Monza, le Français a décroché sa toute première pole position en carrière, au terme d’une qualification renversante, où les favoris ont plié sous la pression.

Pendant que le paddock attendait un duel classique entre Mercedes, Red Bull et Ferrari, c’est l’Alpine de Gasly qui a surgi, parfaitement lancée dans l’aspiration italienne. Chrono final : 1’21’’786. Six centièmes devant George Russell, pourtant persuadé d’avoir fait le tour qu’il fallait.

Gasly avait déjà donné le ton plus tôt dans la séance : meilleur temps en Q1, quatrième en Q2. Rien d’un éclair isolé. Quand il s’élance pour son dernier tour rapide, il est le dernier des prétendants en piste. Les secteurs s’allument, la tension grimpe, puis la radio confirme : pole. Dans le garage Alpine, les mécaniciens explosent. La veille, le Français avait encore en travers de la gorge la perte de sa troisième place au Grand Prix de Monaco en juin dernier. Monza lui offre une revanche de luxe.

« Neuf ans que je cours après une pole », glisse-t-il, lucide sur le chemin parcouru. Première victoire ici, première pole ici. Le lien entre Gasly et ce circuit se renforce encore un peu plus.

Derrière lui, Russell ne cache pas sa frustration. Le prétendant au titre pensait tenir la corde, avant de voir son tour perturbé par Max Verstappen au moment d’ouvrir sa tentative. Il limite les dégâts, mais doit s’incliner devant la vitesse d’Alpine. Le Britannique raconte même avoir perdu contre Gasly à un jeu d’échecs un quart d’heure avant la qualif. Il espérait prendre sa revanche en piste. Le Français lui a refusé ce plaisir.

La pénalité qui change tout pour Piastri

Sur la feuille de temps brute, Oscar Piastri avait signé le troisième chrono. Sur la grille, l’Australien ne sera pourtant que sixième. Les commissaires l’ont jugé coupable d’avoir gêné Liam Lawson en qualifications. Résultat : trois places de pénalité pour le pilote McLaren.

Coup dur. Piastri, solide septième du championnat pilotes, se retrouve repoussé en troisième ligne, aux côtés d’un certain Max Verstappen, quadruple champion du monde chez Red Bull. Une compagnie prestigieuse, mais une occasion manquée de partir juste derrière la pole.

Cette sanction redessine complètement le haut de la grille. Ferrari récupère la deuxième ligne, avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton alignés derrière Gasly et Russell. Une première ligne inattendue, une deuxième ligne au parfum de prestige, et juste derrière, un duo Piastri–Verstappen prêt à profiter du moindre chaos au premier virage.

Ferrari en embuscade, Antonelli relégué

Pour Ferrari, l’affaire est presque idéale. Monza, la maison, les tifosi en fusion, et deux voitures placées pour harceler la pole au départ. Leclerc et Hamilton n’ont pas trouvé la réponse au tour parfait de Gasly, mais la course s’annonce longue, tactique, et la Scuderia sait que l’aspiration de la longue ligne droite peut tout rebattre dès l’extinction des feux.

Plus loin, le leader du championnat, Kimi Antonelli, n’a pas pu peser sur la lutte pour la pole. Le pilote Mercedes, installé confortablement en tête du classement avec 59 points d’avance sur Russell et Hamilton, n’a signé que le septième temps. Et encore : il reculera sur la grille en raison de pénalités moteur, condamné à remonter le peloton depuis l’arrière.

Le décor est planté : Gasly en pole surprise, Russell frustré mais menaçant, Ferrari en chasse, Piastri puni, Verstappen tapi en embuscade, Antonelli lancé dans une mission de remontée. Monza aime les scénarios fous. Celui-ci a déjà commencé avant même le départ.