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Europa League : le retournement de Celtic grâce à Martin O’Neill

Celtic avait un pied dans l’abîme européen. Il repart de Celtic Park avec un souffle nouveau, une victoire 3-2 contre Besiktas et la sensation d’avoir enfin retrouvé son équipe.
Au cœur de ce retournement : trois changements, un banc décisif et un entraîneur qui a frappé juste.

Un penalty qui semblait tout faire basculer

Le décor, d’abord. Une soirée du 5 novembre, un Celtic Park sous tension, une équipe écossaise au fond du classement de l’Europa League, lestée par quatre défaites européennes consécutives. Une cinquième aurait écrit une page noire de l’histoire du club.

Le match démarre pourtant avec des promesses. Sebastian Tounekti dynamite son couloir, trouve Benjamin Nygren dans la surface à la 8e minute, mais la frappe fuit le cadre. Kasper Hogh attend son centre au point de penalty à la 26e, un défenseur de Besiktas s’interpose au dernier moment.
Le public gronde, mais il y a du jeu, de l’allant. Rien au tableau d’affichage.

Au retour des vestiaires, James Forrest donne le premier frisson cadré de la soirée pour les locaux. Il repique, déclenche à ras de terre, Alexander Nubel se couche (50e). Deux minutes plus tard, le match bascule à l’autre bout du terrain : Jordan Lotomba se jette sur Ernest Poku dans la surface. Tacle inutile, sanction immédiate. Penalty pour Besiktas.

Sam Johnstone repousse la tentative de Junior Olaitan, mais l’attaquant suit et conclut du gauche (54e). 0-1.
À cet instant, l’ombre d’une cinquième défaite plane lourdement sur le stade.

O’Neill retourne la table

Lotomba tente de se racheter en traversant le terrain ballon au pied à la 59e, sans parvenir à frapper. Le signe d’une équipe qui ne renonce pas, mais qui manque de tranchant.

Martin O’Neill, lui, ne tergiverse plus. Juste après l’heure de jeu, il lance Callum Osmand, Camilo Duran et Colby Donovan. Trois noms, trois paris. Trois réponses.

Le premier ballon d’Osmand est un coup de canon. Service, contrôle, frappe : le ballon finit au fond, Nubel est battu, Celtic Park explose (65e). Égalisation avec son tout premier contact.
Le match vient de changer de mains.

Besiktas vacille. Liam Scales oblige Nubel à une claquette sur une tête déviée (67e). Le public sent le vent tourner, O’Neill aussi. Ses entrants courent, pressent, libèrent les anciens. Le bloc remonte de dix mètres.

La récompense tombe à la 79e minute. Osmand, encore lui, glisse une passe lumineuse dans le dos de la défense. Camilo Duran se présente face au gardien, le contourne avec sang-froid et conclut. 2-1.
Le banc a retourné la soirée.

Un coup de massue… puis un dernier rugissement

On croit alors Celtic en contrôle. Mauvais calcul. Besiktas, jusqu’ici discret offensivement, trouve une dernière fenêtre.

Orkun Kokcu entre en jeu et, cinq minutes plus tard, frappe la rencontre en plein cœur. À 25 mètres, plein axe, il arme, vise le petit filet. Sa frappe fuse et se loge dans le coin inférieur (85e). 2-2, silence glacé dans les tribunes.

Tout semblait à refaire.

Mais cette fois, Celtic refuse le scénario cruel. Deux minutes seulement après ce coup de massue, Kieran Tierney prend ses responsabilités sur le côté. Ballon porté, regard levé, passe parfaitement dosée pour Duran. L’attaquant temporise, fixe, et pique du bout du pied le ballon au fond (87e). 3-2.

Le stade se déchaîne. Duran signe un doublé, Osmand affiche un but et une passe décisive, et la soirée bascule définitivement du côté vert et blanc.

Une équipe transformée, un vestiaire relancé

La métamorphose de la seconde période tranche avec les deux derniers mois, comme le souligne l’analyse venue des tribunes : volume de course, agressivité, qualité technique, tout ce qui manquait réapparaît soudain.
Les cadres répondent présents, les nouveaux s’affirment. Tierney rayonne, la défense tient dans les moments chauds, Colby Donovan se met au diapason, Mika Baur rayonne dans l’entrejeu.

Martin O’Neill, lui, savoure sans se perdre dans les détails tactiques. Il insiste sur l’essentiel : le caractère, la réaction, la plateforme que cette victoire peut offrir pour la suite de l’Europa League. Son message est clair : l’équipe s’est offerte une chance. Rien de plus, mais rien de moins.

Celtic reste englué dans la deuxième moitié de tableau de la compétition, loin des certitudes et encore à bonne distance des qualifiés. Il reste quatre matches pour renverser la donne et transformer ce sursaut en véritable série.

Mais un soir de cinquième novembre, alors qu’un penalty concédé semblait condamner tout un automne européen, Celtic a choisi de se rebeller.
La question, désormais, n’est plus de savoir pourquoi cette réaction est arrivée si tard. Elle est de voir jusqu’où ce club peut aller maintenant qu’il a enfin rallumé la flamme.