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Les États-Unis conservent leur domination en battant la France en finale

Les Américaines ont vacillé, mais elles n’ont pas cédé. Menées, bousculées, parfois à la limite de la rupture, elles ont fini par faire ce qu’elles savent faire mieux que quiconque : étouffer l’adversaire et repartir avec l’or. Vainqueurs 97-79 de la France, les États-Unis décrochent un cinquième titre mondial consécutif et prolongent une invincibilité ahurissante de vingt ans sur les grandes scènes internationales, Jeux olympiques et Coupes du monde confondus.

Même affiche que lors de la finale olympique 2024, même verdict. Mais l’histoire, cette fois, a pris des détours beaucoup plus dangereux pour les tenantes du titre.

Une France déchaînée, un gouffre de 14 points

Le début de match a longtemps ressemblé au scénario rêvé pour la France. Portées par une énergie féroce, les Bleues ont rapidement cassé le rythme américain, gagné les duels, pris confiance. Les États-Unis, pourtant archi-favorites et invaincues en Coupe du monde depuis 2006, ont semblé lourdes, imprécises, presque nerveuses.

Breanna Stewart, capitaine et meilleure marqueuse de la rencontre avec 22 points, avait bien posé les premières bases américaines, offrant rapidement un matelas de cinq unités. Mais ce semblant de contrôle a volé en éclats.

La France a trouvé la mire à trois points, d’un coup. Emmenées par une Gabby Williams incandescente, les Tricolores ont lancé un incroyable 21-2. Les tirs lointains tombaient, les transitions fusaient, la défense américaine reculait. Le tableau d’affichage s’est emballé : +14 pour la France, tôt dans le deuxième quart-temps. Une gifle. Une vraie.

Dans les tribunes, on commençait à y croire. Face à une équipe américaine apparue prenable tout au long du tournoi – déjà mise en danger par l’Italie, puis par l’Espagne en demi-finales – la France tenait peut-être le match de sa vie.

Le tir de Clark qui change tout

Mais les États-Unis ne lâchent jamais une finale sans lutter jusqu’au bout. Point par point, possession après possession, elles ont grignoté ce retard. Rien de spectaculaire au départ, juste du sérieux, de la rigueur, de la défense. Le tempo a ralenti, la France a cessé de courir aussi librement.

Et juste avant la pause, le moment qui bascule une soirée : Caitlin Clark, déjà décisive la veille, a planté un trois points au buzzer. Un tir « massivement important », comme il restera sans doute dans les mémoires, qui ramène les Américaines à seulement deux longueurs à la mi-temps.

De +14 à +2. Le tableau d’affichage disait une chose simple : les Bleues avaient laissé la porte entrouverte.

Le troisième quart, là où les États-Unis tuent les rêves

Au retour des vestiaires, la machine américaine s’est enfin mise à tourner à plein régime. Défense agressive, mains dans les lignes de passe, rebonds sécurisés, contre-attaques tranchantes : l’identité de ce programme, bâtie sur deux décennies de domination, a resurgi.

La France a pris la vague. 30-12 pour les États-Unis dans ce troisième quart-temps. Une démonstration.

Les pertes de balle françaises se sont enchaînées, les choix sont devenus plus précipités, la lucidité s’est évaporée. L’envie de revanche – après la défaite d’un point en finale olympique à Paris – s’est peu à peu transformée en crispation. Les Américaines, elles, ont senti le sang.

Deux tirs primés successifs de Kahleah Copper et Jackie Young ont donné un avantage de 58-51 à Team USA. À partir de là, le match a changé de dimension. Les championnes en titre n’ont plus jamais regardé derrière elles.

Clark enfonce le clou, la défense ferme le rideau

Au début du quatrième quart-temps, Caitlin Clark a frappé encore de loin. Nouveau trois points, et l’écart est monté à 19 unités. Le symbole est cruel pour la France : l’équipe qui avait tant brillé derrière l’arc en première période s’est retrouvée punie par la précision extérieure américaine.

En face, la défense des États-Unis a verrouillé. Les Françaises ont buté, encore et encore, sur un mur collectif infatigable. Plus de couloirs de pénétration, moins de tirs ouverts, presque plus d’insouciance. La médaille d’or s’éloignait, inexorablement.

La France devra se contenter de l’argent. Une médaille historique, puisque c’est son meilleur résultat en Coupe du monde, mais teintée d’un immense regret après avoir compté 14 points d’avance dans une finale qu’elle avait semblé contrôler.

Les États-Unis, eux, ajoutent une nouvelle ligne à une dynastie déjà monumentale. Cinq titres mondiaux d’affilée, aucune défaite en Coupe du monde depuis 2006, aucune dans un grand tournoi depuis vingt ans. Une domination qui écrase tout.

L’Espagne se console avec le bronze

Un peu plus tôt, l’Espagne avait ouvert la journée en s’offrant une médaille de bronze méritée. Encore marquées par leur défaite de justesse face aux États-Unis en demi-finale – un match où elles avaient réussi à revenir à 58-58 avant de céder sur la fin –, les Espagnoles ont parfaitement réagi.

Face à l’Allemagne, pays hôte, limité mais courageux et qui atteignait pour la première fois le dernier carré en tant que nation unifiée, elles ont maîtrisé leur sujet de bout en bout pour s’imposer 81-58.

Iyana Martin a brillé, meilleure marqueuse avec 20 points et à une seule passe décisive d’un double-double, grâce à ses neuf offrandes. Une prestation complète, à l’image d’une équipe qui a frôlé l’exploit contre les Américaines et qui repart malgré tout avec une médaille autour du cou.

Au sommet, rien ne bouge : les États-Unis continuent d’écrire une ère. La vraie question désormais n’est plus de savoir qui peut les battre sur un match, mais qui osera, un jour, les déloger de leur trône.