Espanyol s’impose à La Cerámica malgré Villarreal
Entre un entraîneur limogé et un nouveau coach encore suspendu, Espanyol aurait pu se perdre dans le tumulte. Au lieu de ça, le club catalan a signé un succès aussi précieux qu’inespéré sur la pelouse de Villarreal (0-1), porté par la tête de Leandro Cabrera et les gants d’Ángel Fortuño.
Sur le banc, pas de Manolo González, congédié trois jours plus tôt après une série catastrophique en Liga. Pas encore d’Eder Sarabia, officiellement nommé mercredi 28 octobre mais cloué en tribune par une suspension de deux matches. C’est donc Sergio García, coach de l’équipe réserve, qui a mené la troupe au Estadio de la Cerámica pour ouvrir cette journée de championnat. Baptême du feu, et victoire au bout.
Villarreal domine, Espanyol frappe
Les chiffres racontent une histoire. Le match en raconte une autre.
Villarreal a confisqué le ballon, étouffant Espanyol par séquences. 503 passes réussies contre 263, 14 tirs à 5, un xG de 0,92 contre 0,26 pour les visiteurs. Territorialement, le plan d’Iñigo Pérez a fonctionné. Mais le tableau d’affichage est resté sourd à cette supériorité statistique.
Espanyol a même cru frapper le premier juste après la pause. À la 50e minute, Roberto Fernández pense ouvrir le score. La joie est brève. Le VAR intervient, décortique l’action et annule le but pour une faute sur Pau Navarro. Une tenue jugée irrégulière, et le compteur de Roberto, déjà auteur de six buts en Liga cette saison, reste bloqué.
La frustration aurait pu faire basculer Espanyol. Elle a au contraire aiguisé son réalisme.
Dix minutes plus tard, la faille se crée. À la 60e minute, Bryan Zaragoza s’échappe et ajuste un centre précis. Leandro Cabrera surgit et conclut. 0-1. Une action simple, tranchante, à contre-courant du scénario général. À partir de là, le match change de nature : Villarreal attaque, Espanyol s’arc-boute.
Fortuño ferme tout
La suite se résume à un siège, parfois brouillon, mais constant. Villarreal pousse, combine, multiplie les centres. Espanyol recule, compacte, protège chaque mètre.
Au cœur de ce bloc, un homme tient la baraque : Ángel Fortuño. Le gardien enlève tout ce qui passe à portée de gants, rassure sur les ballons aériens, gagne du temps précieux. Sa prestation lui vaut la meilleure note du match, 8,31, symbole d’une soirée où il a littéralement gardé en vie le but de Cabrera.
Les chiffres de Villarreal ne se traduisent pas en buts, la faute à ce mur catalan et à un manque de tranchant dans les trente derniers mètres. Malgré leur mainmise, les locaux ne trouvent jamais la faille.
Soirée noire pour Gerard Moreno
Comme si la soirée n’était pas déjà assez frustrante pour Villarreal, un coup dur est venu s’ajouter très tôt. À la 17e minute, Gerard Moreno doit quitter la pelouse sur blessure musculaire. Nicolas Pépé entre pour le remplacer, mais l’équilibre offensif en prend un coup.
Foyth et Diatta, déjà forfaits avant la rencontre, manquaient eux aussi à l’appel. Un trio d’absences qui pèse lourd pour une équipe censée enchaîner au plus haut niveau dans les prochains jours.
Malgré tout, Villarreal ne se désunit pas. L’équipe garde le contrôle, continue de jouer dans le camp adverse, tente de varier les attaques. Sans succès. Le but ne vient pas.
Le match reste tendu, engagé, mais jamais débridé. Trois cartons jaunes de chaque côté, aucune exclusion. De la compétition, peu de débordements.
Sarabia arrive, le championnat continue
Dans ce contexte, la victoire d’Espanyol prend une dimension particulière. Trois jours après la fin du long mandat de Manolo González – 107 matches officiels à la tête de l’équipe, mais seulement un point pris sur les quinze derniers possibles en Liga –, le club se donne de l’air et un peu de sérénité.
Eder Sarabia, nommé mercredi, récupérera donc un vestiaire qui sort d’un coup d’éclat à l’extérieur. Il n’était pas sur le banc à La Cerámica, suspension oblige, mais son empreinte commencera à se dessiner dès le prochain rendez-vous. À ses côtés, un visage bien connu des supporters : Álvaro González, ancien défenseur central d’Espanyol entre 2014 et 2017, désormais intégré à son staff après son passage à l’Olympique de Marseille.
Au classement, ce succès propulse Espanyol à la 12e place avec 11 points. Villarreal reste devant, 10e avec 12 unités, mais laisse filer une occasion de se rapprocher du haut de tableau.
La suite s’annonce chargée. Villarreal reçoit Paris Saint-Germain en Ligue des champions le mardi 3 novembre, avec des blessés à gérer et des certitudes à retrouver. Espanyol, lui, accueillera Deportivo La Coruña en Liga le samedi 7 novembre, avec une question en toile de fond : ce soir à La Cerámica, était-ce un simple sursaut… ou le vrai point de départ de l’ère Sarabia ?




