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Cristiano Ronaldo annonce sa retraite internationale et laisse la Seleção

Cristiano Ronaldo a posé le mot fin. Dans une vidéo chargée d’émotion publiée sur les réseaux sociaux, le capitaine historique du Portugal a annoncé sa retraite internationale à 41 ans, refermant une ère qui a redéfini les frontières du football de sélection. La sortie, elle, est tout sauf paisible.

Une dernière sélection, puis la rupture

Son ultime apparition sous le maillot portugais remonte à la victoire 1-0 contre le pays de Galles en Nations League, en septembre. Une soirée discrète, presque banale au regard de son immense carrière. Derrière, tout s’est fissuré.

Match suivant, face à la Norvège : Cristiano Ronaldo reste sur le banc, inutilisé. Pas une minute. Pas une entrée symbolique. Rien. La tension explose alors entre le joueur et le sélectionneur Jorge Jesus.

Ronaldo accuse son entraîneur d’avoir rompu une promesse : au moins 30 minutes de jeu, après l’avoir envoyé à l’échauffement. La frustration se transforme en conflit ouvert quand, selon le clan du joueur, Jesus ne respecte pas non plus un accord supposé expliquer publiquement ce choix. Le sélectionneur assume au contraire seul la responsabilité de ses décisions, sans s’étendre.

Le lien se brise. Le vétéran refuse ensuite de s’entraîner et quitte le rassemblement avant le match contre le Danemark. La Seleção se réveille dans un vacarme inhabituel autour de son capitaine de toujours. Quelques jours plus tard, la décision tombe : Ronaldo ne reviendra plus.

Jorge Jesus, entre hommage et résignation

Le contexte est amer, mais Jorge Jesus ne choisit pas l’affrontement. Il opte pour l’hommage. Le sélectionneur se montre élogieux envers celui avec qui il a déjà partagé un vestiaire à Al Nassr.

« Cris est une icône mondiale – pour le Portugal et pour l’équipe nationale », rappelle-t-il.

Il insiste sur l’impact du numéro 7 sur plusieurs générations de Portugais, sur son rôle de modèle pour les plus jeunes. Jesus raconte même avoir fait installer un grand portrait de Ronaldo dans l’auditorium de la sélection. Un symbole, presque un totem.

Il assure avoir tenté de le retenir, de le convaincre de repousser encore l’inévitable. Ils en avaient parlé avant la première liste. Il lui avait demandé de rester, de l’accompagner, qu’il joue ou non. Le discours n’a pas suffi. « C’est sa décision », concède-t-il, tout en martelant que Ronaldo restera, quoi qu’il arrive, dans le cœur du peuple portugais et au centre de l’histoire de la Seleção.

Une fin annoncée, mais pas de la sorte

Les doutes sur l’avenir international de Cristiano Ronaldo planaient déjà depuis l’élimination du Portugal lors de la Coupe du monde cet été-là. Le débat était ouvert : jusqu’où pouvait-il, devait-il, continuer ? Jorge Jesus avait alors réussi à le convaincre de prolonger un peu plus l’aventure, lui offrant une sortie à la hauteur de sa légende, en théorie.

Le sélectionneur l’avait répété publiquement : Ronaldo devait être maître de sa sortie, libre de choisir le moment et la manière. « C’est lui qui décidera comment il veut terminer », assurait-il encore le mois dernier, réaffirmant son besoin de l’avoir « près de lui », même sans garantie de temps de jeu.

La réalité a pris un autre chemin. La carrière internationale de l’un des plus grands joueurs de l’histoire s’achève dans la controverse, loin du tour d’honneur attendu, sans ovation programmée ni adieux en mondovision. Les chiffres, eux, restent vertigineux : 146 buts en 234 sélections, un Championnat d’Europe, une Nations League, et une empreinte indélébile sur deux décennies de football de sélection.

Le Portugal sans Ronaldo : l’après commence maintenant

Pour le Portugal, le futur n’attend pas. La Nations League reprend dès la fin du mois, avec deux rendez-vous lourds de sens face au Danemark et au pays de Galles. Deux matches, et déjà une question : à quoi ressemble cette équipe sans son meilleur buteur de tous les temps, sans son capitaine emblématique, sans ce point de fixation médiatique et émotionnelle ?

Sur le terrain, il faudra redistribuer les responsabilités, réinventer les hiérarchies, laisser de l’espace à une nouvelle génération qui a grandi dans son ombre. En dehors, il faudra apprendre à vivre sans la présence constante, parfois écrasante, de Ronaldo autour de la sélection.

De son côté, Cristiano Ronaldo peut désormais se consacrer entièrement à Al Nassr. Son horizon immédiat est exclusivement en club. Il n’a d’ailleurs pas pris part au déplacement de l’équipe en Ouzbékistan en AFC Champions League, en raison de préoccupations liées à la sécurité.

La Seleção, elle, avance. Sans son numéro 7, sans sa boussole historique. La page est tournée. Reste à savoir si le Portugal saura écrire la suivante avec la même audace que celle qu’il a incarnée pendant vingt ans.