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Bournemouth et Crystal Palace brillent en Europe

Real Sociedad 1-2 Bournemouth. Sur le papier, l’affiche sentait le traquenard pour un club encore novice à ce niveau. Sur le terrain, Bournemouth a surtout montré qu’il avait déjà les codes des soirées européennes tendues, celles où l’on souffre, où l’on recule, mais où l’on ne cède pas.

Depuis le studio de BBC Radio Solent, Charlie Daniels, ancien défenseur du club, vibrait presque autant que s’il avait encore les crampons aux pieds. Il l’a reconnu sans détour : regarder, c’est parfois plus dur que jouer. Surtout quand Real Sociedad pousse, enchaîne les corners, grignote des mètres et installe une pression lourde dans le camp anglais.

Dans ces moments-là, beaucoup d’équipes se disloquent. Bournemouth, lui, s’est serré, a assumé. Des joueurs internationaux, « qui ont été là, l’ont déjà fait et ont tout vu », comme le souligne Daniels, ont pris les choses en main. Ils n’ont pas été impressionnés par le contexte, ni par l’intensité. Ils ont simplement joué comme ils savent le faire, avec une maturité qui tranche avec l’inexpérience supposée du club sur la scène continentale.

Sur le banc, un entraîneur qui connaît déjà la Ligue Europa a calmé les vagues. Ce vécu a compté. Bournemouth a brillé en première période, puis a su « creuser » dans ses réserves après la pause, quand les jambes brûlent et que le stade gronde. Un match complet, dans deux registres différents : la maîtrise, puis la résistance.

Et quand tout était terminé, quand le reste du stade s’était déjà vidé, une chose frappait encore Daniels : les supporters de Bournemouth. Restés, debout, à chanter « à s’en arracher la voix », seuls dans une enceinte presque silencieuse. Une image forte. Un club qui grandit, une équipe qui assume, un public qui y croit. Une soirée à applaudir, comme le dit l’ancien défenseur : un grand moment pour Bournemouth, autant dans le jeu que dans l’attitude.

Crystal Palace déroule et se découvre un visage européen

Crystal Palace 4-0 Lech Poznan. Le score claque comme une déclaration d’intention. Pourtant, dans le vestiaire, personne ne se raconte que tout est déjà en place.

Adam Wharton, brassard au bras, garde les deux pieds sur terre. Pour le capitaine, ce large succès n’efface pas le contexte : une équipe encore en construction, des recrues nombreuses, des automatismes à trouver. « C’est encore le début, beaucoup de nouveaux joueurs, on essaie de se trouver le plus vite possible », rappelle-t-il. Le début de saison a été poussif, cette soirée ressemble à un déclic. Pas plus, pas moins.

Sur la pelouse, on a vu ce que veut le coach : un Palace haut, agressif, résolument tourné vers l’avant. Wharton parle d’un entraîneur « très porté sur l’attaque » et cela s’est vu dans les enchaînements en une touche, dans ces séquences où le ballon circule vite, où les appels se multiplient. Par moments, tout s’est mis à cliquer. Le public l’a senti, s’est levé, a poussé. Et quand Selhurst Park se met à rugir, l’adversaire, surtout européen, vacille souvent.

Derrière, tout n’a pas été parfait. Le capitaine le concède : il y a encore des moments où le bloc doit être plus compact, plus dur à bouger. Mais la direction est la bonne. L’expérience accumulée la saison dernière sur la scène européenne commence à payer. Les joueurs ont compris que ce n’est pas le même rythme que la Premier League, que le jeu se joue parfois plus dans les détails tactiques que dans les duels à haute intensité.

Sur le front de l’attaque, un autre symbole de la soirée : Jorgen Strand Larsen. Deux penalties manqués auparavant, la pression sur les épaules, et cette fois, aucune place pour le doute. « Quand tu en rates deux de suite, tu dois la fracasser », lâche l’attaquant. C’est ce qu’il a fait, au risque de la voir passer un peu trop haut. Elle est rentrée, et avec elle une partie de ses démons récents.

Il aurait pu laisser le tir à Yeremy, qu’il décrit comme un « frère ». Il a choisi d’assumer, parce qu’il « avait besoin de celui-là ». Un geste de buteur qui veut se relancer, montrer son vrai visage aux supporters. L’attaque de Palace a tourné, parfois brillamment, au point de laisser un goût d’inachevé : cette victoire aurait pu être encore plus large, admet Strand Larsen. Dans les têtes, un autre match rôdait déjà, celui de dimanche. La gestion, même dans un 4-0, fait désormais partie du plan.

En toile de fond, une question revient autour de Wharton : la sélection. Une convocation possible avec l’Angleterre, mais le milieu refuse d’en faire une obsession. Le calendrier, avec des rencontres tous les trois jours, ne lui laisse de toute façon guère le temps de rêver. Les opportunités viendront, les rassemblements se succéderont. Pour l’instant, sa mission est ailleurs : installer ce Crystal Palace offensif, sûr de ses forces, dans la durée.

Une chose est certaine : si le club continue à aligner ce type de performances en Europe, ce ne sont pas seulement les sélectionneurs qui finiront par tendre l’oreille.