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L’Australie triomphe d’un wicket contre le Zimbabwe

L’Australie s’en sort d’un souffle et trace déjà la route vers l’Afrique du Sud

HARARE – Une balle restante, un seul wicket en main, des nerfs à vif. C’est dans cette étroite marge que l’Australie a arraché à Harare une victoire d’un wicket sur le Zimbabwe, emportant la série 3-0 et, surtout, un vrai test de caractère à un an de la défense de son titre mondial en Afrique australe.

Josh Inglis a tenu la baraque. Le wicketkeeper-batteur a signé son deuxième siècle en ODI, 103 sur 102 balles, 11 fours, et a été la colonne vertébrale d’une poursuite qui a tangué du début à la fin. Sans son sang-froid au cœur de l’orage, les Australiens auraient laissé filer un match qu’ils semblaient pourtant contrôler au niveau du rythme de course.

Car le tableau d’affichage ne s’est jamais emballé. L’Australie est restée dans le tempo de la cible de 272, mais au prix d’un tribut constant en wickets. Les échecs rapides de Travis Head (6) et du capitaine Mitchell Marsh (8) ont donné le ton : rien ne serait simple. Derrière, chaque partenariat naissant semblait voué à être brisé au moment où il commençait à rassurer.

Le Zimbabwe, lui, avait posé une base solide. Après avoir choisi de battre en premier, les locaux ont construit patiemment autour de leur capitaine Sikandar Raza, impérial avec 81* sur 72 balles. Son innings, fluide et autoritaire, a complété les demi-centuries appliquées de Craig Ervine (59 sur 79) et Innocent Kaia (55 sur 66). Un total autour de 280-290 paraissait dans les cordes. Ils se sont arrêtés à 272. Raza l’a reconnu : dans ces conditions, ils ont fait plus que résister, ils ont rivalisé.

Sur ce terrain, Nathan Ellis a déjà marqué des points pour l’avenir. Avec la balle d’abord : 3-50 en 10 overs, la meilleure feuille de stats australienne. Puis avec la batte, dans le rôle le plus ingrat qui soit : sauveur de l’ombre. Entré dans une fin de match sous haute tension, il a compilé 36 runs précieux sur 44 balles. En face, Brad Evans a longtemps semblé devoir être le héros local, avec 4-47 en 10 overs qui ont continuellement rouvert la porte pour le Zimbabwe.

Et c’est dans les ultimes instants que le match a basculé. Wessly Madhevere avait le sort de la rencontre entre les mains : une chance de prendre le catch d’Ellis dans l’avant-dernier over, une occasion en or de plier l’affaire. Il l’a laissée tomber. Littéralement. Derrière, la sanction a été immédiate. Neuf runs à défendre dans le dernier over, Ellis envoie un six sur la première balle. La pression change de camp, le doute s’installe, le Zimbabwe ne s’en relèvera pas. Spencer Johnson, numéro 11, tient bon au bout de la chaîne avec 7 runs sur 13 balles. L’Australie passe, de justesse, mais passe.

Pour Inglis, ce genre de scénario vaut presque plus qu’une victoire confortable à l’approche du prochain grand rendez-vous mondial. Il sait que ces fins de match au couteau reviendront, et que ces minutes-là, où chaque balle semble peser une saison entière, construisent les certitudes des joueurs de bas d’ordre. Ellis et Johnson repartent de Harare avec bien plus qu’une ligne de stats : une preuve qu’ils peuvent terminer le travail.

Mitchell Marsh, lui, n’a pas cherché à maquiller la réalité : son équipe a frôlé la correction. Mais dans ce genre de tournée où plusieurs cadres ont été laissés au repos, ce sont les signaux pour l’avenir qui comptent. Il en voit. Des jeunes qui s’affirment, une profondeur qui se dessine, un groupe qui gagne même en étant « un peu chanceux » sur ce troisième match.

La suite s’annonce d’un tout autre calibre. Pat Cummins et Mitchell Starc doivent rejoindre le groupe pour la série d’ODI en Afrique du Sud, qui débute jeudi à Durban. Trois rencontres pour monter en puissance, puis trois Tests attendus à Durban, Gqeberha et Cape Town. Un retour lourd de symboles : l’Australie n’a plus disputé de série de Tests en Afrique du Sud depuis le scandale du ball-tampering en 2018.

Le vestiaire, pourtant, refuse de s’y perdre. Pour Inglis, l’obsession est ailleurs : apprendre à jouer, et à gagner, dans les conditions qui domineront la Coupe du monde 2027, dont la majorité des matchs se dérouleront en Afrique du Sud, avec des extensions au Zimbabwe et en Namibie. Une sorte de répétition générale, mais sans filet.

Le staff veut tester des combinaisons, ajuster les plans, jauger les caractères. Harare a déjà offert un aperçu : une équipe remaniée, poussée dans ses retranchements, qui trouve quand même une issue. Raza l’a dit avec franchise : il préfère perdre ainsi, au bout du suspense, que de voir l’Australie boucler la poursuite en 40 overs sans trembler. On le comprend. Cette fois, les locaux ont fait vaciller le champion du monde.

L’Australie, elle, embarque vers Durban avec une série blanche en poche, un cœur qui a battu un peu plus vite que prévu, et une certitude renouvelée : pour défendre une couronne mondiale, il faudra savoir survivre à ce genre de nuit où tout se joue sur un catch manqué, un six libérateur et un numéro 11 qui refuse de céder.