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Arsenal : La mentalité de champion selon Ryan Halls

À Arsenal, on ne vous apprend pas seulement à jouer au football. On vous façonne pour croire que vous êtes fait pour dominer le jeu.

Interrogé par GOAL, dans le cadre d’un entretien réalisé via Casivo, spécialiste suédois des casinos, Ryan Halls est revenu sur ces années passées au cœur d’un vestiaire rempli de stars mondiales, et sur ce qu’il faut vraiment pour transformer un simple potentiel en carrière concrète.

« C’était étrange », reconnaît-il d’emblée. Étrange, parce que sur le moment, tout paraît presque normal. « Pour moi, et je pense pour la plupart des garçons, ce n’est que quand tu pars et que tu regardes en arrière que tu réalises. Quand tu es dedans… »

Le décor, il le plante tout de suite : à Arsenal, on ne laisse entrer personne par hasard. « Pour commencer, Arsenal ne t’aurait dans aucune académie ou équipe si tu ne croyais pas vraiment, profondément, que tu es un joueur de tout premier plan et que tu mérites d’être là. »

Cette idée n’est pas un slogan, c’est un programme. Martelé très tôt. « Ça nous a été inculqué dès nos 10 ans, quand j’y étais : tu es le meilleur, tu t’entraînes comme le meilleur, tu manges comme le meilleur, tu marches comme le meilleur, et c’est parce que tu es le meilleur. »

Alors, quand enfin la porte du groupe professionnel s’ouvre, le réflexe n’est pas l’admiration, mais la compétition frontale. « Quand tu arrives en équipe première ou que tu tournes autour, tout ce que tu fais, c’est regarder autour de toi et penser : “non, je suis meilleur que toi, je suis meilleur que toi, je devrais jouer à ta place”. » C’est cette mentalité-là qu’on te met dans la tête, insiste-t-il. Sans elle, « tu ne tiens pas là-bas ».

Halls, lui, avait déjà le club dans la peau. Supporter d’Arsenal avant d’en porter les couleurs, il a vécu ce décalage permanent entre le regard des autres et ce qu’il ressentait de l’intérieur. « J’étais fan d’Arsenal de toute façon, donc quand je rentrais de l’entraînement, tes potes te disaient : “oh mon Dieu, c’est un pote d’Arsenal”. Ta famille et tout le reste te donnaient ce frisson. »

Mais l’euphorie ambiante ne changeait rien à son propre prisme. « En ce qui te concerne, tu te dis : “non, je mérite d’être ici et je devrais jouer à sa place, je devrais jouer à sa place”. » Cette conviction n’a rien de confortable. « Tu es un peu en colère la plupart du temps parce que tu ne joues peut-être pas. C’était ça, l’état d’esprit. »

Ce n’est qu’une fois la carrière rangée au vestiaire que la perspective change vraiment. Le recul fait remonter à la surface ce que le quotidien écrasait. « Quand je me suis éloigné du football plus tard, je me suis dit : “waouh, j’étais à Arsenal” », souffle-t-il.

Le constat est double, presque paradoxal. « J’ai eu la chance d’être là, avec la meilleure équipe, au meilleur moment, mais aussi la malchance d’être là avec les meilleurs, au meilleur moment », analyse-t-il. Dans un effectif de ce niveau, la marge est infime, la porte étroite. « Je pense que la plupart de nos joueurs seraient entrés sans problème dans beaucoup d’équipes d’Arsenal, sauf celle-là. »

Entre la fierté d’avoir touché du doigt l’excellence et l’amertume de ne pas avoir pu s’y installer durablement, Halls résume finalement ce que vivent tant de jeunes talents passés par des géants européens : on vous apprend à penser comme un titulaire indiscutable, dans un monde où même les très bons restent parfois à la porte.