Angleterre : Tuchel annonce Jobe Bellingham et Josh King
Thomas Tuchel a tranché. Pour les prochains matches de Nations League contre la Croatie et l’Espagne, le sélectionneur de l’Angleterre se passe de Cole Palmer, Phil Foden et Kobbie Mainoo. À la place, il propulse sous les projecteurs deux novices : Jobe Bellingham et Josh King.
Une liste qui ressemble à un message.
Palmer laissé à quai malgré sa forme étincelante
À Chelsea, Cole Palmer marche de nouveau sur l’eau : cinq buts et trois passes décisives en 11 apparitions cette saison. Il avait déjà encaissé le coup de sa non-sélection pour la Coupe du monde après une saison hachée par les blessures. Il avait ensuite quitté le dernier rassemblement de septembre-octobre pour un pépin physique mineur.
Cette fois, rien ne le freinait. Des examens médicaux ont été menés jeudi entre le staff anglais et Chelsea. Verdict : Palmer est totalement apte, prêt à enchaîner et à jouer un rôle plein dans les deux rencontres de Nations League face à la Croatie et à l’Espagne.
Tuchel a tout de même décidé de s’en passer. Et il l’assume.
« La porte est toujours ouverte », a-t-il assuré, avant de rappeler que « tout compte quand on est en sélection ». Le sélectionneur estime que Palmer a « raté trop d’occasions de marquer les esprits » lors de ses précédents passages en camp, et insiste sur le mérite du groupe déjà en place : « Les joueurs qui étaient là ont construit quelque chose d’extraordinaire. Ce n’est pas personnel. La concurrence est lancée et ceux du dernier rassemblement ont fait un travail incroyable. »
Le message est clair : la hiérarchie se gagne en sélection, pas dans les bilans statistiques de club.
Foden et Mainoo, mêmes conséquences, raisons différentes
Kobbie Mainoo, milieu de Manchester United, avait lui aussi quitté le précédent rassemblement sur blessure, sans avoir joué une minute à la Coupe du monde malgré sa présence dans le groupe. Il n’est pas rappelé.
Phil Foden, lui, paie un autre prix. L’attaquant de Manchester City reste en dehors des plans de Tuchel, alors qu’il sort d’une série de six contributions décisives en six rencontres. Déjà snobé pour le tournoi estival et pour le rassemblement d’automne, il voit une nouvelle fenêtre internationale lui passer sous le nez.
Trois noms forts mis de côté. Et, dans le vide laissé derrière eux, deux opportunités.
Jobe Bellingham et Josh King, la nouvelle vague
Jobe Bellingham, milieu offensif de Borussia Dortmund et frère cadet de Jude, découvre les A pour la première fois. Il suit la trajectoire tracée par son aîné : des sélections de jeunes convaincantes, une progression rapide en club, et désormais la marche supérieure.
À ses côtés, Josh King, milieu offensif de Fulham, obtient lui aussi sa première convocation. À 19 ans, il s’est imposé dans le onze d’Alvaro Arbeloa, après avoir fait ses débuts pros sous Marco Silva. Il a démarré chaque rencontre de Premier League cette saison, souvent dans des contextes compliqués, et s’est imposé dans le rôle de numéro 10.
King a même relégué Emile Smith Rowe, recrue record du club, sur le banc dans ce poste. Tuchel le choisit aujourd’hui à un poste où l’Angleterre déborde de talents… et surtout devant Palmer et Foden. C’est un signal fort envoyé par le sélectionneur.
Le milieu de Fulham avait déjà approché le groupe avant la Coupe du monde, invité au camp de préparation, et avait manqué de peu la liste de septembre, comme l’a reconnu Tuchel. Il a depuis continué de monter en puissance, prenant davantage de responsabilités malgré son jeune âge.
Ses chiffres restent modestes – deux buts et une passe décisive en Premier League – mais son influence dans la surface adverse est frappante : 57 ballons touchés dans la surface, total le plus élevé du championnat, devant même Erling Haaland et Jeremy Doku. Une statistique qui a visiblement pesé au moment de composer la liste. À lui, désormais, de transposer cette menace avec l’Angleterre.
Une défense remodelée, mais Trent et White restent debout
Derrière, Tuchel doit gérer une série de pépins. Trevoh Chalobah et Tino Livramento quittent la liste sur blessure. Le latéral gauche Nico O’Reilly est, lui, jugé « pas à 100 % » par Enzo Maresca à Manchester City et reste à la maison.
Trent Alexander-Arnold, repositionné à droite avec le Real Madrid, conserve en revanche sa place. Sa qualité de passe et sa capacité à créer le jeu depuis l’arrière restent des armes trop précieuses pour être écartées.
Autre retour notable : Djed Spence, latéral d’Inter Milan, réapparaît pour la première fois depuis la Coupe du monde après une longue blessure. Ben White, défenseur d’Arsenal, est lui aussi rappelé, alors qu’il n’avait plus été convoqué depuis mars.
Son cas reste brûlant. Son retour au printemps avait divisé : sifflé à Wembley face à l’Uruguay, malgré l’ouverture du score, puis coupable d’un penalty tardif avant d’être de nouveau pris pour cible contre le Japon. Sa brouille avec Gareth Southgate et Steve Holland lors de la Coupe du monde 2022 avait laissé penser que son histoire avec la sélection était terminée.
Tuchel en a décidé autrement. Sans sa blessure au genou en mai, le défenseur d’Arsenal aurait sans doute été du voyage au Mondial. Et le sélectionneur ne s’est pas laissé refroidir par la blessure musculaire qui l’a privé du rassemblement de septembre.
White répond en club : titulaire régulier au poste de latéral droit avec Arsenal, en l’absence de Jurrien Timber, il a déjà offert trois passes décisives en sept rencontres de Premier League. Sa polyvalence – latéral ou défenseur central de formation – renforce encore son poids dans l’effectif.
Reste une question : comment sera-t-il accueilli par les supporters anglais après les sifflets de mars ? La sélection, elle, lui tend à nouveau la main.
Un milieu réorganisé, Garner profite du malheur de Scott
Au milieu, Alex Scott, révélation de Bournemouth, est forfait pour une blessure à la cuisse. James Garner, d’Everton, qui avait déjà été appelé en renfort à l’automne, récupère sa place dans le groupe.
Il rejoint un secteur où se mêlent cadres et nouveaux visages : Jude Bellingham, déjà patron au Real Madrid, son frère Jobe, Declan Rice, Eberechi Eze, Elliot Anderson, Myles Lewis-Skelly, Josh King et Garner. Un mélange d’assurance et d’audace qui dessine un milieu capable de changer de visage en fonction de l’adversaire.
Devant, la jeunesse appelée à combler le vide
En attaque, l’Angleterre doit composer sans deux piliers : Marcus Rashford et Bukayo Saka, tous deux blessés. Morgan Gibbs-White (Nottingham Forest) et le jeune Rio Ngumoha (Liverpool) sont appelés pour combler ce vide, tandis que Noni Madueke (Arsenal) reste, lui, à l’écart de cette liste.
Ils rejoignent Dominic Calvert-Lewin (Leeds United), Anthony Gordon (Barcelona), Harry Kane (Bayern Munich) et Morgan Rogers (Chelsea). Une ligne offensive où l’expérience de Kane côtoie la fougue de joueurs qui, pour certains, découvrent à peine ce niveau.
Une liste de rupture… ou de transition ?
Entre les absences fortes (Palmer, Foden, Mainoo, Rashford, Saka) et les arrivées de King, Jobe Bellingham, Spence, Garner ou Ngumoha, Tuchel assume une forme de rupture avec les habitudes récentes.
Les rendez-vous sont fixés : la Croatie à domicile le jeudi 12 novembre, puis l’Espagne le dimanche 15 novembre, deux fois à 19h45. Deux matches de Nations League, mais bien plus que cela pour certains : un test de légitimité, une chance de bousculer définitivement l’ordre établi.
Cole Palmer, Phil Foden et les autres recalés regarderont à distance. La question est simple : quand la porte se rouvrira, seront-ils encore devant la concurrence, ou la nouvelle vague aura-t-elle déjà pris leur place ?




