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Andrea Kimi Antonelli reste fidèle à Mercedes malgré l'engouement en Italie

L’Italie se déchire, lui non. Andrea Kimi Antonelli arrive à Monza en leader du championnat du monde, porté par une vague de ferveur nationale que la Formule 1 n’avait plus connue depuis des décennies. Et pourtant, au cœur de cette tempête rouge, l’Italien au casque argenté reste d’une fidélité glaciale à Mercedes.

L’Italie tombe amoureuse d’un prodige… en argent

Quand Antonelli est apparu dans le paysage, beaucoup parlaient de lui, peu savaient vraiment jusqu’où il pourrait aller. La saison 2025 a calmé certaines ardeurs, mais la campagne 2026 a tout renversé. À mi-saison, son ascension a pris des allures de phénomène, surtout dans la péninsule.

La scène, cette année, au moment où il reçoit le Trophée Lorenzo Bandini, dit tout : une marée de supporters, des heures d’attente, des drapeaux, des chants. Et désormais, sur chaque circuit, les tifosi ne se contentent plus de rouge. Ils viennent aussi pour lui.

Car en Italie, le sport, c’est viscéral. Ferrari, c’est une religion. Parfois au-dessus du football, selon les cercles. Alors l’équation rêvée semble évidente : un pilote italien dans une Ferrari, dans un championnat en feu. La dernière fois que la Scuderia a aligné un compatriote, c’était Giancarlo Fisichella en 2009. Dix-sept ans se sont écoulés. Et il faudra attendre encore.

Antonelli ne se voit pas en rouge. Pas maintenant. Peut-être jamais.

« Je dois beaucoup à Mercedes »

L’Italien ne joue pas avec les mots. En conférence de presse du Grand Prix d’Italie, il assume son choix, sans détour.

« Étant Italien, je sais à quel point nous sommes émotionnels et à quel point on peut s’emballer », lâche-t-il. « Parfois un peu trop. Bien sûr, il y aura toujours ce genre de discussions, mais au bout du compte, même si Ferrari est une marque immense, incroyable, je suis très heureux là où je suis. »

Il insiste, presque comme un rappel à l’ordre pour ceux qui le voient déjà traverser le paddock : « Je suis très heureux chez Mercedes parce que ce sont eux qui m’ont donné l’opportunité depuis que je suis enfant. Et je sens que j’ai tellement à leur rendre. Donc il faut vivre avec ça. »

Les mots sont clairs. Mercedes l’a repéré très tôt, l’a fait grandir, protégé, poussé, avec Toto Wolff en parrain sportif. Antonelli est devenu le symbole de la filière allemande, comme Max Verstappen l’est pour Red Bull, ou Charles Leclerc pour Ferrari. Et il aborde ce week-end à Monza avec un statut historique : premier Italien depuis Alberto Ascari, en 1953, à arriver au Grand Prix d’Italie en tête du championnat pilotes.

Pour la Scuderia et ses supporters, le rêve d’un retour du drapeau tricolore dans une monoplace rouge devra donc encore patienter.

Hamilton, Ferrari et un mur nommé Wolff

Sur l’autre front de cette histoire, un autre géant attire les regards. Lewis Hamilton porte désormais le rouge Ferrari et joue lui aussi le titre. L’onde de choc de son arrivée à Maranello a doublé le volume sonore des tifosi et transformé chaque apparition en communion populaire.

Le Britannique, lui, ne cache pas qu’il verrait bien un jour Antonelli en rouge. Mais il connaît aussi la réalité politique du paddock.

« Tout est possible, il y a beaucoup de grands pilotes qui pourraient rejoindre Ferrari à l’avenir », glisse-t-il. Avant de planter le décor à l’italienne : « Ferrari, c’est Ferrari. Pour les Italiens, c’est le Pape et Ferrari, et puis les pâtes, la pizza, la famille. »

L’image est forte, le constat l’est tout autant : « C’est génial, et il en est encore au début de sa vie. Toto ne va pas le laisser partir de sitôt. »

Une phrase qui résume l’équation : Ferrari peut séduire, fasciner, attirer. Mais Toto Wolff tient sa pépite, et ne semble avoir aucune intention de desserrer l’étreinte.

Monza, pénalité stratégique et chasse dans le peloton

Le duel du week-end, pourtant, ne se joue pas dans les conférences de presse. Sur la piste, la situation est limpide : Antonelli s’élancera du fond de grille à cause d’une pénalité moteur. Hamilton, lui, sait qu’il doit frapper fort. Mais il se garde bien de croire à un cadeau tombé du ciel.

Il a vu le plan. Monza est le circuit idéal pour encaisser une pénalité et remonter : longues lignes droites, aspiration, puissance moteur décisive. Mercedes n’a pas choisi ce week-end par hasard.

Hamilton détaille le contexte : « Si on regarde les performances et les écarts entre les équipes, on voit trois équipes de tête, puis un gros trou, puis un groupe très serré derrière. » Dans ce paysage, Antonelli, même depuis l’arrière, reste une menace permanente.

Le septuple champion ne se fait aucune illusion sur la capacité de la Mercedes n° du leader à remonter : « Même s’il part au fond, avec la puissance qu’il a, supérieure à la plupart des voitures autour de lui, et avec la performance de leur voiture, qui a été la plus rapide en général cette année, il devrait traverser le peloton assez facilement. C’est sans doute pour ça qu’ils ont choisi cette course pour prendre la pénalité. »

Huitième, sixième, mieux encore ? Pour Hamilton, ces positions restent largement à la portée d’Antonelli, même en partant de loin. D’où une conclusion simple : inutile de passer son temps à regarder dans les rétros.

« Pour nous, il ne faut pas se focaliser là-dessus. On doit se concentrer sur le fait de maximiser notre week-end et vraiment essayer de prendre l’énergie des tifosi pour nous pousser vers l’avant. »

Monza, donc, se tend comme une corde entre deux forces. D’un côté, un prodige italien en argent, soutenu par une nation qui rêve de le voir en rouge. De l’autre, une légende britannique, drapé de Ferrari, décidé à profiter de la moindre brèche au championnat.

La prochaine fois qu’Antonelli reviendra à Monza en leader, portera-t-il toujours l’étoile sur le capot… ou l’Italie finira-t-elle par avoir le dernier mot ?